Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

Les aigles ne craignent pas la tempête

Article réservé aux abonnés

Par Hamma Hammami

    Texte de Hamma Hammami
    Traduit de l’arabe par Taher Ben Meftah

    Voilà sept années

    Que tu combats la maladie

    Et que tu luttes contre des douleurs infinies

    Sans que ne cesse le mal

    Ni que s’allègent les souffrance inouïes

    Mais sans que ton âme ne soit abattue

    Ou égarée, perdue.

    La Reine des batailles jamais ne plie

    « L’aigle ne craint pas la tempête

    Mais s’en sert pour monter haut vers les crêtes » (1)

    Le corps a beau éprouver la peine des jours

    Le mouvement se faire plus gourd

    Et la parole se raréfier ou tarir,

    Tes yeux cependant continuent de sourire

    À chaque matin

    Car tu choisis la vie

    À chaque nouveau jour.

    La maladie épuise les corps, ma Chérie

    Mais jamais ne parvient à fermer ton coeur à double tour

    Sarra rit

    Prend ton visage entre ses mains

    T’embrasse

    Et la Belle Sirine chante pour toi

    Des poèmes d’amour, de joie

    Et d’espérance…

    Puis Rabiâ t’enlace

    Et t’éloigne de moi,

    Espiègle : « Pas de bisou sans mon autorisation »

    Tu ris…et tu m’offres un baiser

    Sans attendre de Rabiâ la permission.

    Ô ma chère,

    Comme tu manques, en ce jour,

    Aux luttes des ouvrières.

    Comme ta voix manque aux combats des prisonnières ?

    Aux démunies, aux femmes violentées,

    En ces temps où l’on peine à s’offrir pour l’Aïd un sacrifice

    Mais où le meurtre de femmes prend une dimension prédatrice

    Le Monstre enfle, ma Dame

    Et profère sa parole fallacieuse dans l’obscurité de la nuit

    Mais quand vient le jour, plus rien du beau programme

    Rien sur la Terre

    Ni eau, ni courant, ni médicaments

    Rien que la vie chère,

    La misère, la violence policière

    Et le souffle court par manque d’air à tout moment.

    J’entends ta voix à travers ton regard

    J’entends ton message que délivre ton souffle encombré

    « Fermez les portes de l’Enfer

    Faites que plus jamais elles ne s’ouvrent

    Vivons comme un seul arbre libre dans l’air

    Une communion d’arbres en forêt qu’on redécouvre

    C’est là notre vœu le plus cher »

    Que Le Monstre meure !

    « Ne vis pas sur la Terre

    Comme d’une maison un locataire

    Ou comme un passant dans une campagne en fleurs

    Mais sois sur cette Terre

    Comme si le monde était la demeure de ton père » (2)

    Que Le Monstre meure !

    Et que La Liberté vive et demeure !

    Tunis le 13 août 2026

    (1) Frederico Garcia Lorca
    (2) Nazim Hikmet

    BIO EXPRESS

    Hamma Hammami est militant des droits de l’Homme et secrétaire général du Parti des Travailleurs (ex Parti communiste des ouvriers de Tunisie). Il est également l’époux de Radhia Nasraoui, avocate et grande militante des Droits de l’Homme en Tunisie avec qui il a trois filles.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    3 commentaires

    1. Poignant.

      Répondre
      3 septembre 2026 | 10h44

      Reconnaissance et solidarité.

      Nota Bn : à quand maintenant la publication ethique, équitable et déontologique d’UN seul témoignage AU MOINS parmi les centaines d’autres tous aussi plus poignants, éloquents, actuels et édifiants les uns les autres etd’autres familles éprouvées , notamment d’ un autre bord majoritaire…

      LIBERTE DIGNITE DE TRAITEMENT ET SOLIDARITE AUX CENTAINES DE DETENU.E.S POLITIQUES COMME D OPINIONS, À LEURS FAMILLES RESPECTIVES ÉPROUVÉES ET AU PAYS ENTIER SILENCIÉ PAR REFIME PARJURANT DELINKANT DELIKESCENT TRIPLEMENT ILLEGITIME !

      • Houda

        Répondre
        3 septembre 2026 | 13h05

        Nous comprenons votre remarque. Business News traite régulièrement de la situation de différents détenus, ainsi que des témoignages et prises de position de leurs familles, en fonction de l’actualité et des éléments dont dispose la rédaction.

        Concernant vos commentaires, lorsqu’ils ne sont pas publiés, il ne s’agit pas nécessairement du fond de votre opinion. Certains sont parfois très difficiles à comprendre en raison de leur formulation. Nous vous invitons simplement à privilégier des messages plus courts et plus clairs afin que leur sens ne prête pas à confusion lors de la modération.

    2. Mohamed Mabrouk

      Répondre
      2 septembre 2026 | 19h43

      Tres beau poème et tres bien traduit, en gardant la poésie

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *