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La Tunisie a-t-elle rompu ses relations avec la Syrie depuis la chute de Bachar Al-Assad ?

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    Depuis le 27 août 2026, une publication largement relayée sur le réseau X affirme que « la Tunisie, Israël, la Corée du Nord et l’Iran sont les principaux pays qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques normales avec la Syrie depuis la chute de Bachar Al-Assad ». La publication laisse ainsi entendre que Tunis aurait pris ses distances avec les nouvelles autorités syriennes après la chute de l’ancien président syrien, le 8 décembre 2024.

    Cette affirmation est trompeuse. La Tunisie entretient bien des relations diplomatiques avec la Syrie et dispose toujours d’une représentation diplomatique à Damas. Si les relations tuniso-syriennes ont connu une rupture par le passé, celle-ci remonte à 2012 et avait commencé à être officiellement rétablie plusieurs années avant la chute de Bachar AlAssad.

    Pour comprendre l’origine de cette confusion, il faut revenir au début de la guerre en Syrie. En août 2011, alors que la répression du soulèvement syrien s’intensifiait, la Tunisie avait rappelé son ambassadeur à Damas pour consultation. Quelques mois plus tard, en février 2012, le président tunisien de l’époque, Moncef Marzouki, annonçait l’expulsion de l’ambassadeur syrien à Tunis et le retrait des diplomates tunisiens de Syrie. Les diplomates tunisiens avaient quitté Damas le 6 février 2012.

    Cette décision constituait une rupture majeure avec le régime de Bachar AlAssad. La Tunisie dénonçait alors la répression sanglante menée contre la population syrienne. La Tunisie avait également accueilli, en décembre 2011, le premier congrès du Conseil national syrien, principale structure de l’opposition syrienne à cette période. En février 2012, Tunis avait encore accueilli la conférence internationale des « Amis du peuple syrien ».

    La situation n’est toutefois pas restée figée pendant plus d’une décennie. Dès 2015, Tunis avait entrepris de rétablir progressivement sa présence diplomatique à Damas. Un consul général tunisien avait été nommé dans la capitale syrienne et une équipe diplomatique tunisienne y travaillait de nouveau.

    Le tournant décisif est intervenu en 2023. Le président Kaïs Saïed avait demandé au ministre des Affaires étrangères d’engager les procédures nécessaires pour renforcer la représentation diplomatique tunisienne à Damas. La Syrie avait, de son côté, annoncé la réouverture de son ambassade à Tunis et la nomination prochaine d’un ambassadeur.

    Le ministre tunisien des Affaires étrangères de l’époque avait alors déclaré que l’une des premières instructions reçues du président Kaïs Saïed était de rétablir les relations diplomatiques tuniso-syriennes à leur niveau normal. Il précisait également que le nouvel ambassadeur tunisien en Syrie avait reçu ses lettres de créance et que la Syrie devait, à son tour, désigner un nouvel ambassadeur.

    Il est donc inexact de présenter la Tunisie comme un pays ayant cessé d’entretenir des relations diplomatiques avec la Syrie après la chute de Bachar Al Assad. La normalisation avait commencé bien avant cet événement.

    Pour rappel, le 8 décembre 2024, le régime de Bachar AlAssad s’est effondré après une offensive rapide des forces rebelles, mettant fin à plus de cinq décennies de pouvoir de la famille Assad. Ahmed AlCharaa est ensuite devenu le principal dirigeant de la nouvelle Syrie et a été nommé président pour la période de transition en janvier 2025.

    Dans les premières semaines qui ont suivi la chute d’Assad, la position tunisienne a certes été marquée par une certaine prudence. Des médias avaient relevé l’absence, dans un premier temps, d’une réaction publique claire de Kaïs Saïed envers les nouvelles autorités de Damas. Cette réserve a pu alimenter l’idée d’un éloignement entre Tunis et le nouveau pouvoir syrien.

    Les éléments disponibles montrent au contraire que la représentation tunisienne à Damas a continué d’exister. En mars 2026, le ministère tunisien des Affaires étrangères faisait encore figurer explicitement l’ambassade de Tunisie à Damas, avec ses coordonnées, parmi les missions diplomatiques tunisiennes dans la région.

    Plus récemment encore, en août 2026, l’ambassade de Tunisie à Damas était active. Une publication datée du 23 août faisait notamment état d’une annonce de l’ambassade concernant la mise à disposition de bourses universitaires tunisiennes au profit de Syriens.

    Ces éléments sont difficilement compatibles avec l’affirmation selon laquelle la Tunisie n’entretiendrait plus de relations diplomatiques avec la Syrie depuis le changement de pouvoir.

    La Tunisie reconnaît-elle le nouveau pouvoir syrien ?

    Il faut ici apporter une nuance importante. Entretenir des relations diplomatiques avec un État ne signifie pas nécessairement approuver ou soutenir politiquement son gouvernement. La diplomatie tunisienne avait d’ailleurs affirmé dès 2023, lors du rétablissement des relations avec Damas, que la Tunisie ne s’ingérait pas dans les affaires intérieures des autres pays et qu’il ne lui appartenait pas de décider qui devait diriger la Syrie.

    Cette doctrine permet de comprendre la position tunisienne après décembre 2024, le changement de pouvoir à Damas ne signifie pas automatiquement une rupture des relations entre les deux États. La relation diplomatique est une relation d’État à État, même lorsque le gouvernement en place change.

    C’est précisément ce qui rend l’affirmation publiée sur X problématique elle semble confondre l’attitude politique de Tunis à l’égard des nouvelles autorités syriennes avec l’existence même de relations diplomatiques entre les deux pays.

    La comparaison avec Israël, l’Iran et la Corée du Nord est elle-même très imparfaite.

    Dans le cas d’Israël, la situation est radicalement différente de celle de la Tunisie. Israël et la Syrie n’ont pas établi de relations diplomatiques normales et les deux pays restent techniquement en état de guerre. Même après la chute d’Assad, les contacts entre les nouvelles autorités syriennes et Israël ont essentiellement porté sur la sécurité, la désescalade et la recherche d’un éventuel accord, sans déboucher sur une normalisation diplomatique. Des discussions syro-israéliennes se poursuivaient encore en août 2026 sous médiation américaine.

    Le président américain Donald Trump rencontre le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président syrien Ahmed al-Charaa à Riyad, en Arabie saoudite, le 14 mai 2025

    Pour l’Iran, la situation a effectivement profondément changé après la chute d’Assad. Téhéran était l’un des principaux alliés du régime Assad, mais l’arrivée des nouvelles autorités syriennes a bouleversé cette relation. En mai 2025, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi déclarait publiquement qu’il n’existait alors plus de relations entre Téhéran et Damas et que l’Iran ne se précipitait pas pour les rétablir.

    La Corée du Nord, autre alliée historique du régime Assad, constitue également un cas différent. Les deux pays avaient établi leurs relations diplomatiques en 1966 et entretenaient des liens étroits. Après la chute d’Assad, l’avenir de ces relations est devenu incertain et l’ambassade nord-coréenne à Damas a été évacuée, tandis que la Syrie s’est rapprochée de la Corée du Sud et a officiellement établi des relations diplomatiques avec Séoul en avril 2025.

    Il serait donc abusif de placer la Tunisie dans la même catégorie qu’Israël, l’Iran ou la Corée du Nord. Les trajectoires diplomatiques ne sont pas comparables.

    La Tunisie a-t-elle donc rompu avec la Syrie après la chute d’Assad ?

    Non.

    La Tunisie avait effectivement rompu ses relations diplomatiques avec le régime syrien en 2012. Mais elle a progressivement renoué avec Damas à partir de 2015, puis officiellement engagé un retour à des relations diplomatiques normales en 2023, avant la chute de Bachar Al-Assad.

    Après le changement de pouvoir syrien de décembre 2024, aucune rupture diplomatique tuniso-syrienne comparable à celle de 2012 n’a été annoncée. Au contraire, le ministère tunisien des Affaires étrangères continuait en 2026 de référencer son ambassade à Damas, tandis que celle-ci poursuivait ses activités.

    R.A.

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    Commentaire

    1. Citoyen_H

      Répondre
      3 septembre 2026 | 20h53

      LA SEULE PÉRIODE OÙ,

      la Tunisie avait rompu ses relations avec la Syrie, c’était celle où, Bachar Al Assad menait la vie dure aux terroristes de tous bords, daesh & Co, financés par les américains, les israéliens, les français, les britanniques et bien d’autres États voyous.
      Comme par hasard, c’était la période où les terroristes de la nakba étaient au pouvoir avec le reste des bras cassés la terka.
      Ils envoyaient nos jeunes sur place, via les avions de Syphax et d’autres compagnies Turques, il me semble, pour rejoindre la plus grande concentration de terroristes au monde, en guise de chair fraiche.

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