Heure de Tunis :
Plus de prévisions: Meteo 25 jours Paris
Light
Dark

UGTT : Tunis appelle à activer la décision de grève générale

Article réservé aux abonnés

Par Myriam Ben Zineb

    L’Instance administrative régionale de l’UGTT à Tunis a appelé, vendredi 4 septembre 2026, la direction nationale de la centrale syndicale à mettre en œuvre la décision de grève générale et à engager « toutes les formes de lutte pacifiques et légitimes ». Elle s’est également déclarée prête à lancer des mouvements de protestation à l’échelle régionale.

    Dans son communiqué, la structure régionale estime que la situation générale du pays a atteint « un degré de dégradation » qui ne permet plus, à ses yeux, de se contenter du silence ou du constat.

    L’appel adressé à l’Instance administrative nationale constitue le point le plus saillant du communiqué. La structure régionale ne se contente pas d’évoquer la grève parmi les moyens d’action possibles : elle demande explicitement à la direction nationale de l’UGTT d’activer la décision de grève et affirme sa propre disponibilité à engager des mobilisations régionales.

    L’Instance administrative régionale dénonce parallèlement des attaques contre l’action syndicale et des atteintes aux droits syndicaux. Elle réclame la réintégration des syndicalistes licenciés, la libération de plusieurs syndicalistes détenus, dont Lassaad Yacoubi, ainsi que l’arrêt des poursuites judiciaires visant d’autres responsables et militants.

    Sur le plan économique et social, elle pointe la baisse du pouvoir d’achat, la hausse des prix, les difficultés d’accès à certains produits de première nécessité et médicaments, les perturbations de l’approvisionnement en eau et en électricité et la dégradation des services publics.

    Elle refuse que les Tunisiens, « en particulier les salariés et les catégories précaires », supportent le coût de choix qu’elle juge défaillants et tient le pouvoir directement responsable de la garantie des services essentiels et de la protection du pouvoir d’achat.

    La structure régionale rejette également la prise de décision unilatérale, l’exclusion et la marginalisation. Elle considère que la stabilité sociale ne peut être obtenue en affaiblissant le partenaire social et appelle au dialogue, à la négociation et au respect des droits et libertés.

    Plusieurs régions évoquent désormais la grève générale

    La prise de position de Tunis vient renforcer une série d’appels lancés ces derniers jours par des structures régionales de la centrale syndicale.

    Samedi 29 août, l’Instance administrative régionale de l’Union régionale du travail de Siliana avait dénoncé une situation économique, sociale et politique « sans précédent » et affiché sa disposition à participer à toutes les formes de mobilisation pacifiques et légitimes qui seraient décidées par les structures de l’UGTT, « y compris la grève générale ».

    Réunie le même jour, l’Instance administrative régionale de Mahdia avait adopté une position similaire, affirmant sa détermination à défendre les revendications des travailleurs et de la population « par tous les moyens légaux et légitimes, y compris la grève générale ».

    À Siliana, les syndicalistes avaient notamment dénoncé la concentration de la décision, l’absence de dialogue et les atteintes aux libertés, au droit syndical et à l’activité de la société civile. Ils avaient également alerté sur l’endettement, l’inflation, le chômage, la pauvreté, les difficultés des petites et moyennes entreprises et la détérioration des services publics.

    L’Instance régionale avait appelé les autorités à abandonner « le choix de l’unilatéralisme » et à engager une initiative susceptible d’apaiser les tensions et de prévenir une éventuelle explosion sociale. Elle avait également réclamé le respect de la négociation collective et l’application des accords conclus avec les travailleurs.

    À Mahdia, les syndicalistes avaient, de leur côté, pointé la hausse des prix, la dégradation du pouvoir d’achat, les pénuries de produits essentiels ainsi que les coupures répétées d’eau et d’électricité. Des positions comparables ont également été exprimées par d’autres structures régionales de l’UGTT, notamment à Tozeur.

    L’appel lancé vendredi par Tunis franchit toutefois un degré supplémentaire dans la formulation : l’Instance régionale demande directement à l’Instance administrative nationale de mettre en œuvre la décision de grève, tout en annonçant qu’elle est prête à engager ses propres mouvements régionaux.

    M.B.Z

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *