Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a convoqué une réunion générale pour lundi 7 septembre 2026 à son siège, sur fond d’interpellation et de placement en garde à vue du journaliste Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média d’investigation Alqatiba.
Le président du SNJT, Zied Dabbar, a appelé les journalistes à participer massivement à cette réunion, estimant que la situation actuelle nécessitait une mobilisation de la profession et une réponse collective face aux pressions exercées sur les journalistes.
Il a considéré que l’interpellation de Mohamed Yousfi était liée à son activité journalistique, notamment à ses travaux et à ses interventions consacrés aux politiques publiques et à l’action des autorités.
Zied Dabbar a également rapproché cette affaire de celles ayant visé d’autres journalistes, citant notamment Zied El Heni, Mourad Zeghidi et Borhen Bssais. Il a estimé que ces dossiers ne pouvaient être traités séparément et qu’ils traduisaient une politique qu’il a qualifiée de « systématique » à l’égard des journalistes et des affaires d’opinion.
Le président du SNJT a, dans ce cadre, dénoncé le recours au décret-loi 54, au Code des télécommunications et à d’autres textes étrangers, d’après lui, au cadre juridique régissant la profession journalistique.
« Les journalistes sont désormais en liberté conditionnelle », a-t-il lancé, pour illustrer le climat dans lequel évolue actuellement la profession.
Zied Dabbar a ainsi appelé les journalistes à dépasser leurs divergences et à faire bloc pour défendre leur métier. Il a averti que la presse était confrontée à un risque de « mort » et de « dépérissement », insistant sur la nécessité de défendre un journalisme professionnel et libre.
La réunion générale annoncée pour lundi 7 septembre doit ainsi permettre aux journalistes de discuter de la situation et des suites à donner à l’interpellation de Mohamed Yousfi.
Ce dernier avait été interpellé vendredi 4 septembre devant les locaux d’Express FM, alors qu’il s’apprêtait à participer à une émission consacrée à la politique de l’eau. Le SNJT a annoncé, samedi, son placement en garde à vue. D’après les informations obtenues par le syndicat auprès de son équipe juridique, une enquête a été ouverte à son encontre sur la base de publications sur Facebook. Le journaliste a également été interrogé sur son travail et sur la ligne éditoriale d’Alqatiba.
M.B.Z











