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Coût de l’État : Faouzi Ben Abderrahman met en cause l’efficacité de la dépense publique

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Par Sarra Hlaoui

    L’ancien ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Faouzi Ben Abderrahman, a livré une analyse chiffrée du coût de l’État tunisien pour les citoyens et les entreprises, mettant en parallèle les prélèvements opérés par l’État et les dépenses effectivement destinées à la collectivité nationale.

    Dans une publication Facebook dimanche 6 septembre 2026, il estime que la structure actuelle de l’État et son niveau d’efficacité représentent un « coût élevé » pour la collectivité, particulièrement au regard de la qualité des services publics dans des secteurs tels que l’éducation, la santé et le transport.

    Jusqu’à 47 dinars prélevés sur 100 dinars de coût du travail

    Faouzi Ben Abderrahman commence son analyse par les prélèvements opérés sur les salariés du secteur formel.

    Selon ses calculs, pour chaque 100 dinars de coût du travail, comprenant le salaire brut et les cotisations patronales, l’État prélève directement, à travers les cotisations sociales et l’impôt sur le revenu, entre 22,9 dinars au niveau du salaire minimum, 27,4 dinars pour un salaire brut moyen de 1.000 dinars et 39,2 dinars pour un salaire brut de 3.500 dinars.

    À ces prélèvements directs s’ajoutent ceux liés à la consommation, notamment la TVA, dont le taux implicite est estimé à environ 11%, ainsi que les taxes sur les carburants.

    Au total, le prélèvement atteindrait ainsi entre 33 et 37 dinars pour les deux premières catégories et environ 47 dinars pour un salaire brut de 3.500 dinars.

    L’ancien ministre souligne que l’essentiel de la différence provient de l’impôt sur le revenu, présenté comme le seul élément véritablement progressif, les autres prélèvements représentant une proportion relativement stable du revenu.

    Jusqu’à 44 dinars prélevés sur 100 dinars de bénéfice

    Du côté des entreprises, Faouzi Ben Abderrahman estime que pour chaque 100 dinars de bénéfice fiscal, l’État prélève 25 dinars auprès d’une entreprise ordinaire, 35 dinars dans certains secteurs, notamment les grandes surfaces et les sociétés d’investissement, et jusqu’à 44 dinars pour certaines activités réglementées comme les banques, les assurances et les télécommunications.

    À cela s’ajoute une contribution sociale patronale de 17,07 dinars pour chaque 100 dinars de salaires versés par l’entreprise, contribution qui reste due même lorsque celle-ci est déficitaire.

    Où vont les recettes de l’État ?

    L’analyse de Faouzi Ben Abderrahman se concentre ensuite sur le budget de l’État pour 2026.

    Pour chaque 100 dinars dépensés par l’État, environ 57 dinars seraient consacrés, selon ses calculs, au fonctionnement de l’appareil étatique : 40 dinars pour les rémunérations de la fonction publique, 4,6 dinars pour les dépenses courantes de fonctionnement et 12,6 dinars pour le service de la dette, correspondant aux seuls intérêts.

    Les quelque 42 dinars restants seraient destinés à la collectivité nationale, à travers les interventions et transferts sociaux, à hauteur de 32 dinars, et l’investissement public, pour environ 10 dinars.

    Faouzi Ben Abderrahman nuance toutefois ce calcul en soulignant qu’une partie de ce « retour » demeure théorique, les dépenses de fonctionnement étant, selon lui, régulièrement exécutées à des niveaux supérieurs aux crédits initialement prévus.

    Il résume ainsi son analyse : « De chaque 100 dinars collectés par l’État, il ne revient effectivement à la collectivité nationale qu’environ 42 dinars », le reste servant principalement au fonctionnement de l’appareil public et au paiement des intérêts de la dette.

    Les garanties de l’État, une dette potentielle

    L’ancien ministre ajoute à cette équation les engagements hors budget, notamment les garanties accordées par l’État aux entreprises publiques.

    Il estime que le volume des dettes garanties par l’État au profit des établissements publics avait atteint environ 20 milliards de dinars en 2022. Ces montants ne sont pas comptabilisés immédiatement comme des dépenses budgétaires, mais pourraient devenir une charge effective pour la collectivité en cas de défaut des entreprises concernées.

    À titre d’illustration, il avance que si la moitié de ces engagements venait à être appelée, cela représenterait, selon son raisonnement, une charge supplémentaire et exceptionnelle importante pour la collectivité nationale.

    « Une coût que la collectivité ne peut plus supporter »

    Pour Faouzi Ben Abderrahman, ces données illustrent le coût élevé de la structure actuelle de l’État tunisien, au regard notamment de son organisation, de son efficacité et de la qualité des services publics rendus aux citoyens.

    Mais son analyse prend également une dimension politique.

    L’ancien ministre estime qu’un État financé par l’ensemble des catégories de la société, « de l’ouvrier au salaire minimum à la grande entreprise », ne devrait pas se transformer en instrument de coercition au profit du pouvoir en place.

    Il défend ainsi l’idée d’un État garant des droits et des libertés individuelles et collectives, dont la mission serait de servir l’ensemble des citoyens et non de devenir, selon ses termes, « un outil de terreur entre les mains d’un pouvoir contre ceux qui s’y opposent ».

    S.H

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