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Trop, c’est trop !

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Par Sofiene Ben Hamida

    Par Sofiene Ben Hamida

    La première semaine de ce mois de septembre a été bien animée. La machine infernale à broyer les hommes et les femmes qui se cramponnent encore à leur statut de citoyen, a fonctionné à plein régime donnant au pays la désastreuse image d’un pays qui tourne le dos à tous ses acquis et qui avance désormais à reculons.

    La cour de cassation de Tunis a rejeté le 3 septembre dernier, le pourvoi présenté par les avocats des détenus dans l’affaire dite du complot contre l’État. Ce rejet confirme donc les lourdes peines prononcées en appel contre une quarantaine d’opposants du régime, allant jusqu’à 45 ans d’emprisonnement.

     Pourtant, certains ont espéré jusqu’au bout, un dénouement plus heureux de ce dossier, même s’ils n’expliquent pas pourquoi le ministère public a décidé de traiter l’affaire avec autant de rapidité, en pleine trêve judiciaire, en la confiant à une instance estivale. D’autres, plus lucides peut-être, mais surtout qui n’ont pas la mémoire courte, ne voyaient dans la décision de la cour de cassation aucune surprise. Au contraire, ils voyaient  que cette décision va en symbiose avec une déclaration du chef de l’État qui disait que celui qui les acquitte est leur complice.

    Pourtant, personne ne demandait à la cour de cassation d’innocenter les prévenus dans l’affaire dite du complot contre l’État. On espérait juste la voir décider de renvoyer le dossier devant une autre juridiction pour le traiter d’une manière plus conforme aux normes d’un procès équitable. Malheureusement, le verdict de la cour de cassation est venu confirmer que la justice tunisienne a définitivement accepté de ne plus être un pouvoir indépendant et se complait désormais dans son nouveau statut de simple fonction. Avec cette décision, la cour de cassation qui était considérée comme le dernier rempart contre les possibles erreurs judiciaires a failli à sa vocation et altéré gravement l’image que l’opinion publique se fait d’elle.

    Le lendemain, le 4 septembre 2026, l’avocat Ghazi Mrabet a été interpellé en compagnie d’un individu recherché et condamné à 40 ans de prison pour trafic de drogue. Selon des thuriféraires attitrés du pouvoir, une  grande quantité de drogue et une somme importante d’argent ont été saisies dans le domicile de ce dernier. Citant des sources autorisées, ces flagorneurs indiquent que l’avocat Ghazi Mrabet a été mis en examen pour une période de cinq jours pour trafic de drogue et blanchiment d’argent entre autres accusations.

    Avouons que l’accusation et l’arrestation de l’avocat Ghazi Mrabet vient à point nommé. D’abord pour la police pour qui Me Mrabet était une sorte de bête noire. Il avait été l’un des défenseurs farouches de la révision de la loi 52 et de la dépénalisation de la consommation des drogues douces, ce qui n’était pas du tout du goût des services de police. Cette animosité s’est accrue avec la mort du jeune Omar Laâbidi suite à une poursuite policière à la sortie du stade de Radès. Me Mrabet s’est illustré en sa qualité d’avocat de la partie civile et a conduit, durant des années, la campagne connue sous le slogan « Apprends à nager ». 

    Pour le pouvoir ensuite, qui pourrait voir d’un bon œil l’arrestation d’un membre du barreau « trop engagé », selon lui, dans la défense des libertés (à titre d’exemple, il est l’avocat de notre collègue Mourad Zeghidi). En plus, les motifs de cette arrestation sont de nature à discréditer, un tant soit peu,  Me Mrabet et l’ensemble du barreau tunisien qui montre, depuis quelques mois, des signes de regain du poil de la bête. D’ici jusqu’à ce que toute la vérité soit faite, beaucoup d’eau aurait coulé sous les ponts et le préjudice causé pourrait devenir irréparable.

    Le surlendemain, le vendredi 5 septembre 2026, le journaliste Mohamed Yousfi a été arrêté devant la station de radio Express FM, alors qu’il s’apprêtait à participer à une émission de débat.  Cette arrestation qui s’apparente plus à un kidnapping qu’à une interpellation repose sur des accusations désormais galvaudées de blanchiment d’argent et d’enrichissement illicite (les mêmes accusations contre deux autres journalistes déjà en prison : Borhene Bsaies et Mourad Zeghidi) .

    Cette arrestation vise à atteindre plusieurs objectifs à la fois. En premier lieu, elle vise le journaliste lui-même qui s’est illustré les dernières années par ses positions engagées et ses travaux d’investigation. Ensuite, cette arrestation vise le site Alqatiba dont Mohamed Yousfi est le rédacteur en chef. Ce site est devenu l’un des sites de référence en matière d’investigation journalistique. En troisième lieu, choisir le lieu de l’interpellation n’est pas anodin. C’est un message adressé à la direction et au personnel d’Express FM pour leur dire qu’ils sont désormais dans le viseur et qu’ils sont déjà dans le hall de la radio. Bien entendu, le message est adressé à l’ensemble des journalistes tunisiens invités, de gré sinon de force, à s’inscrire dans le projet présidentiel de « guerre de libération ». Enfin, l’arrestation du journaliste Mohamed Yousfi interpelle l’ensemble des acteurs de la société civile en leur signifiant qu’il n’y a plus aucune immunité pour personne et que désormais le pays avancera dans le sens et avec la manière décidés par le pouvoir en place. 

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    6 commentaires

    1. riadh e.

      Répondre
      7 septembre 2026 | 13h16

      et au prochain changement on aura encore les juges et les journalistes publics qui viendront pleurer comme il y a 10 ans et dire qu’ils n avaient pas le choix etc etc?

      • Citoyen_H

        Répondre
        7 septembre 2026 | 15h45

        TOUT À FAIT EXACT, L’AMI

        Ce que veulent les joué3a, les traitres, les charognards, les vendus et les rkhass, c’est le sur-mesure parfaitement adapté à leur voracité sans limites.
        Ils ne sont jamais repus.
        Plus ils en ont et plus, ils en veulent.
        C’est le but ultime de ces bons à rien, de ces « nabbaras », de ces parvenus qui idolâtrent les figues de barbaries épluchées !
        Tfouh

    2. Mhammed Ben Hassine

      Répondre
      7 septembre 2026 | 11h16

      Ça s’est votre angle de vue
      Pour d’autres et surtout qui ont entre leurs mains les reines ils se considèrent comme trop cléments

    3. Hannibal

      Répondre
      6 septembre 2026 | 22h28

      Ces tarés font preuve d’une ingéniosité pour détruire l’âme des tunisiens et faire d’eux des moutons destinés exclusivement à l’abattoir au lieu de l’utiliser à bon escient pour améliorer la situation socio-économique du pays et le mieux armer face aux défis présents et futurs.
      N’ont-ils pas d’enfants ? Pensent-ils à leur avenir ?

      Trop c’est trop d’un côté et pas assez de l’autre.
      Je garde l’espoir d’un sursaut collectif.

    4. Vladimir Guez

      Répondre
      6 septembre 2026 | 17h43

      Le tunisien criera « trop c’est trop » a gorge déployée et se couchera a plat ventre comme il l’a toujours fait.

      • Fares

        Répondre
        6 septembre 2026 | 18h21

        Ce n’est pas faux, mais un jour la mayonnaise prendra, la dernière étincelle jaillira et ce régime ne sera qu’un mauvais souvenir.

        Bougez-vous pour retrouver votre dignité nom d’une pipe! لقد بلغ السيل الزبى

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