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À l’approche de la rentrée, la nouvelle plateforme du ministère dysfonctionne : les enseignants appellent au boycott

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Par Myriam Ben Zineb

    La Fédération générale de l’enseignement secondaire a appelé, lundi 7 septembre 2026, les personnels des établissements scolaires à boycotter la nouvelle plateforme numérique mise en place par le ministère de l’Éducation, estimant que celle-ci n’est pas encore suffisamment opérationnelle à quelques jours de la rentrée scolaire.

    Dans un communiqué intitulé « Une plateforme encore en phase d’expérimentation… et une rentrée scolaire en jeu ! », la fédération, relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), a vivement critiqué les conditions de déploiement de ce nouvel outil. Elle affirme que des moyens financiers importants ont été consacrés à cette plateforme au titre de la numérisation, de l’amélioration des services et de la simplification des procédures administratives et pédagogiques, alors que le système serait toujours « en phase d’expérimentation ».

    La fédération fait état de perturbations touchant plusieurs opérations, notamment les inscriptions, les transferts d’élèves, leur affectation automatique ainsi que la répartition pédagogique. Des difficultés qui témoigneraient, à ses yeux, d’un manque de préparation et d’une gestion improvisée du projet.

    Elle s’interroge ainsi sur la capacité de la plateforme à supporter la charge liée à la rentrée scolaire, alors que les établissements doivent déjà composer avec un manque d’équipements et de ressources humaines, la dégradation des infrastructures et une hausse du coût de la rentrée pour les familles.

    La Fédération générale de l’enseignement secondaire précise qu’elle ne s’oppose pas au principe de la numérisation. Elle conteste, en revanche, la mise en service d’un dispositif qu’elle juge inachevé. « La rentrée scolaire n’est pas un terrain d’expérimentation et les établissements scolaires ne sont pas un laboratoire pour les erreurs techniques », souligne-t-elle.

    Elle estime également que les cadres administratifs ne doivent pas avoir à assumer les conséquences des défaillances d’un système dont ils ne sont pas responsables. Pour le syndicat, une véritable transition numérique suppose notamment une phase d’expérimentation effective, la stabilité du système et la mise à disposition de l’ensemble des moyens nécessaires avant sa généralisation.

    La fédération tient ainsi le ministère de l’Éducation pour responsable des éventuelles perturbations qui pourraient affecter le fonctionnement des établissements et le travail des personnels administratifs. Elle lui demande de corriger l’ensemble des dysfonctionnements et de garantir les conditions nécessaires au bon fonctionnement de la plateforme avant d’en imposer l’utilisation.

    « La numérisation est un choix, mais l’improvisation est inacceptable », martèle la fédération, qui dit « tirer la sonnette d’alarme » face aux risques pesant sur la rentrée.

    Elle appelle, en conséquence, l’ensemble des personnels concernés à boycotter la plateforme jusqu’à ce que toutes les conditions objectives nécessaires à son fonctionnement soient réunies.

    M.B.Z

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