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Crèches et jardins d’enfants : faut-il uniformiser les tarifs ? Les professionnels disent non

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Par Nadya Jennene

    La réforme du secteur des crèches et jardins d’enfants revient au cœur du débat, avec en toile de fond une question qui divise les professionnels et les promoteurs d’une initiative législative : faut-il uniformiser les tarifs ou plutôt harmoniser les contenus éducatifs proposés aux enfants ?

    La députée Bas­ma Hammami, l’une des initiatrices de la proposition de loi visant à réorganiser le secteur, a estimé lundi 7 septembre 2026 que celui-ci nécessitait des réformes structurelles et globales, guidées avant tout par l’intérêt de l’enfant. Elle a notamment défendu l’idée de sortir d’une logique exclusivement commerciale et lucrative.

    Dans une déclaration à la Radio nationale, elle a indiqué que la proposition législative consacrait un volet spécifique à la question des tarifs. Selon elle, ceux-ci devraient être déterminés en fonction des contenus proposés, lesquels devraient être harmonisés indépendamment de l’établissement ou de son emplacement.

    Une position qui se heurte toutefois au refus des professionnels d’une tarification uniforme. La présidente de la Chambre nationale des jardins d’enfants et des crèches, Nabiha Kamoun, a affirmé, au même média, qu’une uniformisation des tarifs serait irréalisable.

    Elle a invoqué plusieurs facteurs, notamment les différences de services proposés d’un établissement à l’autre, mais aussi les disparités liées à leur implantation géographique et, par conséquent, aux charges locatives. Pour autant, Nabiha Kamoun s’est dite favorable à une harmonisation des contenus et des programmes éducatifs. 

    Cette question met également en lumière les difficultés structurelles auxquelles reste confrontée l’éducation préscolaire. La responsable professionnelle a notamment relevé le manque de personnel spécialisé dans le domaine, qui contraint certains établissements à recruter des personnes titulaires du baccalauréat, auxquelles une formation spécifique est ensuite dispensée.

    Selon elle, seuls 47% des enfants en âge préscolaire bénéficient actuellement d’un encadrement dans des jardins d’enfants légaux et agréés, tandis que les 53% restants seraient pris en charge dans des structures qu’elle qualifie d’anarchiques. Elle a ainsi appelé les autorités à accorder davantage d’importance à cette étape, qu’elle considère comme déterminante dans la construction de la personnalité de l’enfant.   

    Pour la représentante des professionnels, la réforme du secteur ne saurait dès lors se limiter à la question des tarifs. Elle passe également par un allègement des charges et de la fiscalité pesant sur les établissements, un renforcement des contrôles et la fermeture des structures ne respectant pas les conditions légales d’exercice. Elle a également plaidé pour une révision des conditions de création des établissements scolaires étrangers accueillant des enfants en âge préscolaire. 

    N.J

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