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El Niño pourrait atteindre un niveau exceptionnel à la fin de 2026, selon Hamdi Hached

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Par Nadya Jennene

    Un épisode d’El Niño potentiellement très intense se profile à l’horizon de la fin de l’année 2026, avec des répercussions possibles sur les équilibres atmosphériques, les températures et les précipitations. Invité lundi 7 septembre 2026 sur Mosaïque FM, l’ingénieur environnemental et spécialiste des questions climatiques Hamdi Hached a livré une lecture du dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), mettant en garde contre l’évolution de plusieurs indicateurs climatiques.

    Selon lui, El Niño, phénomène climatique naturel et récurrent lié principalement à un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial, est désormais clairement établi dans les projections pour les prochains mois. Les dernières données disponibles renforcent notamment l’hypothèse d’un épisode susceptible d’atteindre un niveau très fort vers la fin du mois de novembre ou en décembre 2026.

    Hamdi Hached a notamment évoqué les anomalies de température relevées dans la zone dite Niño 3.4, une région de référence du Pacifique équatorial utilisée pour suivre l’évolution du phénomène. Les températures de surface de la mer y ont atteint des niveaux particulièrement élevés et pourraient encore progresser au cours des prochains mois.

    L’expert a souligné que les anomalies habituellement observées lors des épisodes d’El Niño se situent autour de 2,2 à 2,3 degrés dans les épisodes les plus marqués, alors que certaines projections évoquent cette fois des anomalies pouvant dépasser les 5 degrés dans la région concernée. Une telle évolution placerait l’épisode attendu parmi les plus intenses observés au cours des dernières décennies.

    L’intérêt scientifique porté à El Niño tient précisément à sa capacité à modifier les grands équilibres atmosphériques. Le phénomène peut influer sur les trajectoires des systèmes météorologiques, ainsi que sur la répartition des températures et des précipitations à l’échelle mondiale. C’est pourquoi son évolution fait l’objet d’une surveillance constante par les organismes météorologiques internationaux.

    La Méditerranée, un réservoir de chaleur préoccupant

    Hamdi Hached a toutefois insisté sur un autre facteur déterminant pour comprendre les risques auxquels la région méditerranéenne pourrait être confrontée : l’état exceptionnellement chaud de la mer Méditerranée.

    Selon lui, les températures de surface de la mer ont atteint des niveaux sans précédent. Il a notamment fait référence au 5 août 2026, date à laquelle la température des eaux méditerranéennes avait atteint environ 33°C dans certaines zones, soit plusieurs degrés au-dessus des valeurs habituellement observées à cette période, généralement situées autour de 25 à 26°C.

    Cette anomalie représente un élément particulièrement important dans l’analyse du risque météorologique, car une mer exceptionnellement chaude constitue un vaste réservoir de chaleur et d’humidité. Elle ne suffit cependant pas, à elle seule, à provoquer des phénomènes météorologiques extrêmes.

    Pour qu’une situation particulièrement perturbée se mette en place, d’autres conditions dynamiques doivent être réunies dans l’atmosphère. Hamdi Hached a cité notamment la présence de masses d’air froid dans les couches supérieures de l’atmosphère et de conditions favorisant l’ascendance de l’air chaud et humide provenant de la mer. La rencontre entre ces conditions atmosphériques et une Méditerranée exceptionnellement chaude peut alors créer un environnement propice à des systèmes dépressionnaires particulièrement actifs.

    Dans ce contexte, l’expert n’a pas exclu la possibilité de voir se reproduire des configurations météorologiques rappelant celles observées au cours des épisodes extrêmes de ces dernières années, notamment les phénomènes ayant touché le bassin méditerranéen en septembre et octobre de l’année dernière. 

    Il a insisté néanmoins sur un point essentiel : une mer très chaude ne signifie pas automatiquement qu’un phénomène météorologique extrême va se produire. Un tel scénario dépend de la conjonction de plusieurs paramètres atmosphériques et dynamiques.

    Quel impact pour la Tunisie ?

    S’agissant spécifiquement de la Tunisie, Hamdi Hached a appelé à ne pas établir de lien mécanique entre un épisode El Niño intense et la survenue d’un hiver particulièrement pluvieux.

    Selon lui, certaines indications laissent entrevoir des anomalies dans la répartition des précipitations au cours des prochains mois, mais les données disponibles ne permettent pas d’affirmer qu’El Niño entraînera nécessairement un hiver humide en Tunisie.

    La saison froide pourrait en revanche être relativement douce. L’expert a évoqué la possibilité d’un hiver marqué par des températures supérieures aux normales, dans la continuité d’une tendance déjà observée ces dernières années. Il a souligné que les Tunisiens pourraient ainsi connaître des périodes inhabituellement douces au cœur de l’hiver, y compris durant le mois de décembre.

    Pour autant, l’influence d’El Niño sur la Tunisie reste indirecte. Le climat du pays est fortement déterminé par sa position géographique et par plusieurs mécanismes atmosphériques régionaux et euro-atlantiques. Hamdi Hached a cité notamment l’influence du courant-jet, du phénomène d’oscillation nord-atlantique ainsi que des trajectoires empruntées par les systèmes dépressionnaires et les masses d’air froid.

    L’influence de l’anticyclone saharien peut également intervenir dans certaines configurations météorologiques.

    El Niño et le changement climatique : deux phénomènes distincts

    Hamdi Hached a par ailleurs tenu à distinguer clairement El Niño du changement climatique. Les deux phénomènes ne sont pas synonymes : El Niño constitue une variabilité climatique naturelle et périodique, tandis que le changement climatique renvoie à une modification durable des paramètres du système climatique, largement liée à l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre d’origine anthropique.

    Toutefois, leur combinaison peut amplifier certains extrêmes. Un épisode El Niño particulièrement intense intervient aujourd’hui dans un contexte climatique déjà marqué par une hausse globale des températures. Cette superposition peut contribuer à accentuer certains records de chaleur et à rendre les anomalies climatiques plus prononcées.

    L’expert a enfin établi un parallèle avec un épisode historique particulièrement intense d’El Niño, remontant à environ 150 ans. Les populations de l’époque ne disposaient évidemment pas du concept scientifique permettant d’identifier le phénomène sous le nom d’El Niño, mais certaines traces de ces événements auraient été conservées dans la mémoire collective.

    N.J

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