Le taux d’inflation en Tunisie est reparti à la hausse en août 2026, atteignant 5,4%, contre 5,1% en juillet, selon les statistiques publiées par l’Institut national de la statistique (INS). Il s’était établi à 5,3% en juin, à 5,5% en mai et avril, à 5% en mars et février et à 4,8% en janvier 2026. Pour situer cette évolution, l’inflation était de 5,2% en août 2025, après avoir atteint 7% en juillet 2024.
Cette remontée intervient dans un contexte de nette accélération des prix alimentaires. Selon l’INS, le rythme de progression des prix du groupe « Alimentation » est passé de 6,8% en juillet à 7,8% en août 2026. Celui du groupe « Boissons et eaux minérales » est passé de 3,1% à 3,7%, tandis que celui de la santé a progressé de 2,7% à 3,4%.
L’inflation sous-jacente, hors produits alimentaires et énergie, a légèrement augmenté pour atteindre 4,9%, contre 4,8% en juillet. Les prix des produits libres ont progressé de 6,5% sur un an, contre 1,3% pour les produits encadrés. L’écart est encore plus marqué dans l’alimentaire, avec une hausse de 8,5% pour les produits alimentaires libres, contre seulement 0,2% pour ceux à prix encadrés. Par régime, les produits non alimentaires libres et les produits alimentaires libres ont apporté les plus fortes contributions à l’inflation, à hauteur respectivement de 2,9% et 2,2%.
Inflation alimentaire : volaille, fruits et viandes affichent toujours des hausses à deux chiffres
Sur un an, plusieurs denrées alimentaires enregistrent des hausses largement supérieures au taux d’inflation général. La volaille arrive en tête avec une progression de 16,5%, suivie des fruits frais (+15,2%), de la viande ovine (+14,7%), de la viande bovine (+13,6%) et du poisson frais (+10,9%).
Les légumes frais affichent également une progression importante de 8,2%, devant les fruits secs (+7,3%), les dérivés de céréales (+5,8%) et le chocolat et autres confiseries (+5,6%). Les sels et condiments augmentent de 4%, tandis que les eaux minérales, boissons et jus progressent de 3,7%.
Les hausses sont nettement plus contenues pour le lait et le fromage (+1,6%) et les œufs (+1,4%), alors que le prix du café en poudre reste stable. À l’inverse, les huiles alimentaires enregistrent une baisse de 4,3% sur un an et les légumineuses un léger recul de 0,3%.

Sur un mois, les œufs bondissent de 12,9% et la volaille de 11,4%
Sur un mois, les prix à la consommation ont augmenté de 0,5%. Cette hausse s’explique principalement par l’augmentation de 2,4% des prix du groupe « Alimentation et boissons », tandis que ceux de la santé ont progressé de 0,8%.
Dans le détail, les œufs enregistrent la plus forte augmentation, avec un bond de 12,9% en un seul mois, suivis de la volaille (+11,4%). Les légumes frais ont augmenté de 5,2%, le lait et le fromage de 3,1%, les fruits frais de 2,3%, les fruits secs de 1,5% et le poisson frais de 1,3%. Les eaux minérales, boissons et jus enregistrent, pour leur part, une progression de 1,1%.
Les augmentations sont plus modérées pour les dérivés de céréales et les huiles alimentaires (+0,6% chacun), le chocolat et autres confiseries (+0,5%), la viande bovine (+0,4%) ainsi que les sels et condiments (+0,3%). Le café en poudre reste stable. En revanche, les légumineuses reculent de 0,2% et la viande ovine de 0,5%.
Ce dernier recul ne suffit toutefois pas à effacer la forte progression enregistrée sur un an : malgré une baisse de 0,5% entre juillet et août, la viande ovine reste 14,7% plus chère qu’un an auparavant. Le contraste est encore plus marqué pour les œufs : leur envolée mensuelle de 12,9% intervient alors que leur progression sur un an reste limitée à 1,4%.
Pouvoir d’achat : l’alimentaire maintient la pression sur les ménages
Au-delà de l’alimentaire, les prix de la santé ont augmenté de 0,8% sur un mois, notamment sous l’effet d’une hausse de 1,3% des produits pharmaceutiques. Ceux de l’enseignement ont progressé de 0,9%, avec une augmentation de 1,4% des fournitures scolaires. À l’inverse, les prix de l’habillement ont reculé de 4,7% avec le début des soldes d’été et ceux des chaussures de 5,4%.
Sur un an, les produits manufacturés affichent une hausse de 4,7% et les services de 4,3%. Pour ces derniers, l’INS relève notamment une augmentation de 15,6% des services d’hébergement. Les produits manufacturés et les services ont apporté les plus fortes contributions sectorielles à l’inflation globale, à hauteur respectivement de 1,8% et 1,4%.
Au total, cinq familles de produits alimentaires ont affiché une inflation à deux chiffres en août 2026, tandis que neuf autres ont progressé à un rythme égal ou supérieur à celui de l’inflation générale. Malgré le net ralentissement observé depuis les sommets atteints en 2023, l’inflation, à 5,4%, demeure largement supérieure au seuil de 3% généralement considéré comme compatible avec la préservation du pouvoir d’achat.
I.N.










