L’homme d’affaires et ancien directeur général de Carthage Cement, Lazhar Sta, est décédé dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 septembre 2026, alors qu’il était détenu dans le cadre d’une affaire financière. Son décès a été annoncé, mardi, par sa fille, qui a livré un témoignage particulièrement dur sur les derniers jours de son père et ses conditions de détention.
À ce stade, aucune communication officielle n’a été rendue publique concernant les causes précises du décès. Les éléments relatifs à son état de santé, à ses conditions de détention et aux circonstances ayant précédé sa mort rapportés dans cet article reposent sur le témoignage de sa fille et ne permettent pas d’établir un lien de causalité avec le décès.
Âgé de 72 ans, Lazhar Sta était détenu à la prison civile de Mornaguia. Sa fille affirme, dans un témoignage posté sur Instagram, que la famille n’a été informée de son décès que mardi matin, alors qu’il serait mort aux alentours de minuit. « Papa est mort hier à minuit et personne ne nous a avertis », a-t-elle déclaré, précisant que la famille avait obtenu, dans la matinée, une autorisation pour le voir, même derrière une vitre, et réciter une prière.
Elle a également mis en cause les conditions dans lesquelles son père était détenu. D’après son témoignage, l’eau aurait été coupée à la prison pendant trois jours, mardi, mercredi et jeudi, et Lazhar Sta n’aurait disposé que d’une bouteille d’un litre d’eau par jour. Elle évoque une cellule où la température aurait dépassé les 50 degrés, alors que son père souffrait, affirme-t-elle, d’insuffisance cardiaque, de problèmes respiratoires et d’arythmie.
L’état de santé de Lazhar Sta se serait ensuite fortement dégradé. Sa fille indique qu’il avait été transféré à l’hôpital samedi avant de tomber dans le coma lundi. Là encore, assure-t-elle, la famille n’en aurait pas été informée.
Après de multiples démarches, ses proches avaient finalement pu le voir à l’hôpital. Sa fille affirme l’avoir trouvé inconscient, placé sous assistance médicale et avec des menottes aux chevilles. Elle souligne que les médecins avaient tenté de le sauver, sans succès, et indique que la famille avait elle-même dû apporter un appareil médical pour participer aux tentatives de réanimation.
La fille de Lazhar Sta s’est également interrogée sur le maintien en détention de son père malgré son âge et son état de santé. Elle a rappelé qu’il était poursuivi dans une affaire financière et qu’il ne représentait, à ses yeux, aucune menace pour la sécurité. « Carthage Cement était son rêve et est devenu son cauchemar », a-t-elle résumé.
Lazhar Sta était détenu dans le cadre d’une affaire de corruption et d’abus de biens publics liée à Carthage Cement. Il avait été condamné, en première instance, à six ans de prison.
Les autorités pénitentiaires et judiciaires n’ont pas communiqué publiquement leur version des circonstances du décès ni réagi aux affirmations de la famille concernant les conditions de détention et la prise en charge médicale de Lazhar Sta.
M.B.Z











2 commentaires
Roberto Di Camerino
Les detenus de droit commun, tombent comme des mouches sous la botte de l’ex instituteur adjoint devenu dictateur. C’est pour cela qu’il ne sort que de nuit , il ne peut pas regarder les citoyens de face en plein jour.
Mais je suis sûr que les tunisiens ne vont pas se taire plus longtemps.
DEGAGE./
L'internaute tunisien
Allah Yarhmou. L’avalange d’informations déprimantes ne sera pas sans conséquences sur le devenir de ce pauvre pays, à bon entendeur.