L’arrestation de Mohamed Yousfi suscite également des réactions au-delà de la Tunisie. Après la Fédération internationale des journalistes (FIJ), la Fédération nationale de la presse italienne (FNSI) a exprimé, ce mardi 8 septembre 2026, sa solidarité avec le journaliste et le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT). La Commission des libertés du Syndicat des journalistes égyptiens a, à son tour, aussi demandé sa libération.
Dans sa réaction, la partie italienne rappelle que Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média d’investigation Alqatiba, a été arrêté le 4 septembre 2026 dans le cadre d’une enquête portant notamment sur des soupçons d’enrichissement illicite, de blanchiment d’argent et d’autres infractions financières. Le SNJT affirme, pour sa part, que le journaliste a également été interrogé sur son activité professionnelle et sur la ligne éditoriale de son média.
L’Espagne interpelle directement les autorités tunisiennes
Dans une lettre datée du 8 septembre 2026, la Fédération des associations de journalistes d’Espagne (FAPE) a, de son côté, directement saisi le président de la République, Kaïs Saïed, et la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri.
L’organisation espagnole réclame la libération immédiate de Mohamed Yousfi, mais aussi deMourad Zeghidi, Borhen Bsaies et Zied El Heni, ainsi que l’abandon des poursuites qu’elle considère liées à leur activité journalistique ou à l’exercice pacifique de leur liberté d’expression.
Quatre syndicats français dénoncent une « répression croissante »
En France, le Syndicat national des journalistes (SNJ), le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le SGJ-FO ont réclamé, lundi 7 septembre 2026, la libération immédiate de Mohamed Yousfi. Dans un communiqué commun, les quatre organisations situent l’affaire dans un contexte de « répression croissante contre les journalistes » et rappellent le cas de Mourad Zeghidi, détenu depuis mai 2024.
Les quatre organisations reviennent sur les circonstances de l’interpellation du journaliste et indiquent que l’enquête porte notamment sur des publications sur Facebook. Elles relèvent également qu’il a été interrogé sur son activité journalistique et sur la ligne éditoriale d’Alqatiba.
Le Syndicat des journalistes égyptiens met l’accent sur l’état de santé de Yousfi
La Commission des libertés du Syndicat des journalistes égyptiens a, elle aussi, exprimé sa « solidarité totale » avec Mohamed Yousfi et le SNJT. Elle dénonce particulièrement le maintien en détention provisoire du journaliste malgré son état de santé.
L’organisation égyptienne demande sa libération immédiate afin qu’il puisse poursuivre ses soins et sa convalescence et appelle au respect de ses droits de la défense et à la garantie d’un procès équitable.
La liberté de la presse au cœur des réactions
Les différentes organisations professionnelles mettent ainsi l’accent sur la protection de la liberté de la presse et sur la nécessité de ne pas assimiler l’exercice du métier de journaliste à une infraction pénale.
La FAPE invoque notamment les engagements internationaux de la Tunisie en matière de droits humains et de liberté d’expression et critique le recours au décret-loi n°54, au Code des télécommunications ou à des dispositions pénales générales dans les affaires impliquant des journalistes.
Elle appelle également les autorités tunisiennes à garantir aux journalistes concernés leur intégrité, leurs droits de la défense, l’accès à leurs familles et à leurs avocats ainsi que les soins nécessaires.
La succession de ces prises de position, venues notamment d’Égypte, d’Italie, d’Espagne et de France, élargit ainsi la mobilisation syndicale internationale autour du dossier de Mohamed Yousfi et, plus largement, de celui des journalistes tunisiens actuellement privés de liberté.
S.H













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