Les investissements privés dans l’agriculture et la pêche affichent une progression à fin juillet 2026. Les intentions d’investissement ont augmenté de 16% en valeur et les investissements approuvés de 11% sur un an. Derrière cette dynamique financière, un indicateur reste toutefois quasiment immobile : les projets approuvés par l’Agence de promotion des investissements agricoles (Apia) ont généré légèrement moins d’emplois qu’un an auparavant.
À fin juillet 2026, l’investissement privé dans le secteur de l’agriculture et de la pêche affiche plusieurs indicateurs orientés à la hausse, selon les données publiées par l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri).
Le nombre d’opérations d’investissement déclarées a atteint 5.931, en hausse de 7% par rapport à la même période de 2025. Leur valeur s’est établie à 766,692 millions de dinars, contre 661,89 millions de dinars un an plus tôt, soit une progression de 16%.
Le niveau atteint reste néanmoins légèrement inférieur à celui enregistré à fin juillet 2024, lorsque les intentions d’investissement représentaient 781,084 millions de dinars. En nombre également, les 5.931 opérations déclarées en 2026 restent en deçà des 6.524 recensées deux ans auparavant.
277 millions de dinars d’investissements approuvés
Du côté des projets approuvés, le nombre d’opérations est resté stable à 3.798, exactement comme à fin juillet 2025. Leur valeur a toutefois progressé de 11%, passant de 249,61 millions de dinars à 277,09 millions de dinars.
Les primes accordées aux projets ont, elles aussi, augmenté. Elles ont atteint 74,27 millions de dinars, contre 64,37 millions de dinars durant la même période de 2025, soit une hausse de 15%.
La progression concerne également les différentes sources de financement. L’autofinancement s’est élevé à 118,18 millions de dinars, contre 110,45 millions à fin juillet 2025, soit une hausse de 7%. Les crédits ont atteint 84,64 millions de dinars, contre 74,79 millions un an auparavant, progressant de 13%. Les primes d’investissement, à 74,27 millions de dinars, augmentent pour leur part de 15%.
Les crédits fonciers approuvés connaissent une accélération beaucoup plus marquée. Leur valeur atteint 5,35 millions de dinars, contre 3,32 millions à la même période de 2025, soit une hausse de 61%. Ils couvrent une superficie de 268 hectares, contre 197 hectares un an auparavant.
Agriculture et pêche accélèrent, l’aquaculture décroche
La ventilation des investissements approuvés par l’Apia révèle cependant des trajectoires très contrastées selon les activités.
L’agriculture concentre 151,41 millions de dinars, soit 59% des investissements des projets approuvés par l’Apia. Le montant progresse de 45% par rapport à la même période de 2025, où il s’établissait à 104,58 millions de dinars.
La pêche enregistre une progression encore plus marquée, passant de 12,92 millions de dinars à 28,02 millions de dinars. À l’inverse, l’aquaculture décroche nettement : ses investissements sont ramenés de 46,94 millions de dinars à 23,51 millions de dinars, soit pratiquement une division par deux. Les services agricoles reculent pour leur part de 20%, tandis que l’activité de première transformation progresse de 26%.
Les investissements approuvés des jeunes promoteurs ont atteint 23 millions de dinars, soit 14% des investissements approuvés. Ceux des femmes promotrices se sont élevés à 11,6 millions de dinars, soit 4,5% du total. L’Apia fait également état de seize opérations d’investissement approuvées au profit de sociétés communautaires, pour une valeur de 4,5 millions de dinars.
Sur le plan territorial, le district n°3, qui regroupe Kairouan, Kasserine, Mahdia, Monastir, Sousse et Siliana, arrive en tête avec 78,20 millions de dinars d’investissements approuvés, soit 28% du total. Son poids s’est néanmoins nettement réduit puisqu’il représentait 43% des investissements approuvés à la même période de 2025.
Le district n°4, composé de Gafsa, Sfax, Sidi Bouzid et Tozeur, concentre 56,26 millions de dinars, soit 20% du total. Le district n°2, qui réunit Ariana, Ben Arous, Manouba, Nabeul, Tunis et Zaghouan, atteint pour sa part 53,14 millions de dinars, contre seulement 16,270 millions à fin juillet 2025, et représente 19% du total. Le district n°1 totalise 47,61 millions de dinars, soit 17%, et le district n°5, 41,86 millions, soit 15%.
La progression des montants investis ne se traduit toutefois pas par une hausse de l’emploi. Les projets d’investissement approuvés par l’Apia ont généré 1.475 emplois à fin juillet 2026, contre 1.485 à la même période de 2025, soit un recul de 1%. À titre de comparaison, 1.415 emplois étaient recensés à fin juillet 2024.
À fin juillet, les indicateurs financiers de l’investissement agricole sont donc largement orientés à la hausse : les intentions progressent en nombre et en valeur, les montants approuvés augmentent, tout comme les primes et les crédits. Mais cette progression des montants contraste avec l’emploi, qui demeure pratiquement au même niveau qu’un an auparavant.
I.N.
*Photo d’illustrtaion










