Le premier juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier a décidé de prolonger de quatre mois la détention préventive d’Ahmed Lamiri, ancien président de la Chambre nationale des bouchers, a indiqué vendredi 11 septembre 2026 l’Observatoire Freedom for Tunisia.
Ahmed Lamiri est détenu depuis mars 2026 dans le cadre d’une affaire portant sur des soupçons à caractère financier et économique. Cette nouvelle prolongation intervient après près de six mois de détention, alors que l’instruction se poursuit et qu’aucun jugement n’a encore été rendu sur le fond de l’affaire.
Une affaire liée à la gestion de viandes importées
Le parquet du pôle judiciaire économique et financier avait ordonné, le 5 mars 2026, la mise en garde à vue d’Ahmed Lamiri à la suite d’une plainte déposée par la Société tunisienne des viandes. Le 10 mars, le juge d’instruction avait émis à son encontre un mandat de dépôt.
L’affaire porte notamment sur des soupçons liés à la gestion de quantités de viandes réfrigérées importées ainsi qu’aux fonds liés aux opérations d’approvisionnement.
Ahmed Lamiri fait notamment l’objet de poursuites pour blanchiment d’argent, monopole et spéculation illicite, abus de confiance qualifié ainsi que pour avoir exploité les facilités liées à son activité professionnelle et sociale afin d’obtenir un avantage personnel et de porter préjudice à une entreprise dont l’État détient une participation au capital.
Ces accusations restent, à ce stade, soumises à l’instruction et ne constituent pas une condamnation.
Des prises de position sur la viande importée
Le dossier intervient également dans un contexte où Ahmed Lamiri s’était exprimé publiquement, avant son arrestation, sur la question des viandes importées.
À la fin du mois de décembre 2025, alors qu’il représentait le secteur des bouchers, il avait fait état d’irrégularités qu’il qualifiait de graves concernant certaines cargaisons de viandes réfrigérées importées.
Il avait notamment évoqué, à la suite de contrôles auxquels auraient participé des services sanitaires, vétérinaires et sécuritaires, une proportion excessive de graisse, l’absence de cachets sanitaires réglementaires ainsi que des non-conformités aux normes exigées.
Selon ses déclarations de l’époque, certaines quantités avaient été scellées et refusées, avec des décisions portant sur leur destruction ou leur retour au pays d’origine.
L’ancien président de la Chambre nationale des bouchers avait également alerté sur les risques de gaspillage de deniers publics et de devises liés à l’importation de produits ne répondant pas aux exigences de qualité et de sécurité sanitaire.
Quatre mois de prolongation
En dénonçant cette nouvelle prolongation, l’Observatoire Freedom for Tunisia estime que la détention préventive doit rester une mesure exceptionnelle et ne saurait se transformer, en raison de sa durée, en une sanction précédant le jugement.
L’organisation appelle notamment à réévaluer la nécessité du maintien en détention d’Ahmed Lamiri et à examiner la possibilité de poursuivre l’instruction en liberté, avec les garanties prévues par la loi.
De son côté, l’instruction se poursuit au pôle judiciaire économique et financier. La présomption d’innocence demeure applicable jusqu’à l’éventuelle intervention d’une décision judiciaire définitive.
S.H











