Au lendemain des importantes intempéries qui ont touché plusieurs régions du pays, l’expert en ressources hydriques, Houcine Rhili, est revenu, vendredi 11 septembre 2026, sur les causes des inondations et les défaillances qui, selon lui, aggravent leurs conséquences. Intervenant sur Jawhara FM, il a appelé à dépasser la seule gestion ponctuelle des épisodes pluvieux pour s’attaquer aux causes structurelles du phénomène.
Pour Houcine Rhili, la répétition des inondations devrait inciter à réaliser des études approfondies afin d’identifier les véritables causes de ces phénomènes, qu’ils soient localisés ou de grande ampleur.
L’expert a notamment évoqué le cas de certaines infrastructures routières où les risques sont pourtant identifiés. Il a cité l’exemple d’un policier de la circulation ayant dû intervenir sous un pont pour porter secours à un citoyen dont le véhicule avait été piégé par les eaux.
Pour Rhili, ce type de situation révèle l’existence de véritables « points noirs », c’est-à-dire des zones connues pour leur vulnérabilité aux inondations, mais qui continuent de poser problème malgré les épisodes précédents.
L’un des principaux problèmes soulevés par Houcine Rhili concerne les infrastructures d’évacuation des eaux. Il a noté que la plupart des régions et agglomérations tunisiennes ne disposaient pas de réseaux suffisamment adaptés pour gérer séparément les différents types d’eaux.
Il a relevé notamment l’absence, dans de nombreuses zones, d’un véritable double réseau permettant de distinguer les eaux pluviales des eaux usées. Dans certaines zones urbaines plus récentes, des réseaux spécifiques d’évacuation des eaux pluviales ont toutefois été aménagés.
Mais cette situation reste loin d’être généralisée et complique la gestion des importants volumes d’eau générés lors des épisodes de fortes précipitations.
L’expert a pointé également du doigt l’urbanisation anarchique et l’extension des constructions dans des zones particulièrement vulnérables.
Il a cité plusieurs secteurs du Grand Tunis, parmi lesquels Ariana, Ben Arous, Tunis et La Manouba, ainsi que d’autres régions du pays. Une partie de ces agglomérations s’est développée dans des zones basses ou naturellement exposées à l’accumulation des eaux.
Le problème s’est aggravé par l’artificialisation croissante des sols. Routes, bâtiments, parkings et surfaces bétonnées remplacent progressivement les terrains naturels capables d’absorber une partie des précipitations.
Houcine Rhili s’est particulièrement attardé sur le secteur de Bab Alioua, à Tunis, où plusieurs infrastructures importantes se trouvent dans une zone particulièrement exposée.
Il a décrit le secteur comme une sorte de « cuvette », entourée par des zones plus élevées. Les eaux provenant des secteurs environnants peuvent ainsi converger vers cette zone basse, créant un important risque d’accumulation.
La présence d’infrastructures majeures — notamment des stations de transport et des ouvrages routiers — rend la situation d’autant plus préoccupante.
Pour l’expert, ces zones auraient dû faire l’objet d’études hydrologiques spécifiques permettant d’anticiper les volumes d’eau susceptibles de s’y accumuler et de dimensionner les infrastructures en conséquence.
Au-delà des infrastructures existantes, Houcine Rhili a remis en cause une manière plus générale de concevoir l’aménagement urbain.
À son sens, avant de construire une route, un bâtiment ou une infrastructure, il faut déterminer la quantité d’eau susceptible d’arriver dans la zone, notamment dans les scénarios les plus défavorables, afin de déterminer les capacités nécessaires d’évacuation et d’absorption.
Or, l’urbanisation a progressivement réduit les espaces naturels capables de jouer ce rôle. Des terrains auparavant laissés libres pour absorber les eaux ont été remplacés par des constructions et des surfaces imperméables.
L’expert a souligné par ailleurs que la vulnérabilité ne concerne pas uniquement les quartiers construits de manière anarchique.
Des infrastructures essentielles — écoles, instituts, hôpitaux, établissements publics, routes, gares et stations de transport — peuvent également se retrouver exposées aux inondations.
Pour M. Rhili, ces infrastructures doivent être étudiées individuellement et non uniquement à travers une approche globale du territoire. Chaque site présente en effet ses propres caractéristiques topographiques, hydrologiques et urbanistiques.
La réponse ne devrait donc pas se limiter à réparer les dégâts après chaque épisode pluvieux, mais consister à réévaluer les infrastructures, identifier les points vulnérables et adapter les réseaux aux volumes d’eau susceptibles d’être enregistrés.
N.J











Commentaire
HatemC
Conséquences d’un pays qui n’est pas entretenu…. un pays à l’abandon