Le Parti destourien libre (PDL) a organisé, samedi 12 septembre 2026, une manifestation à Tunis sous le slogan « Ni eau, ni électricité, ni médicaments, ni liberté », mêlant revendications sociales, dénonciation de la situation économique et défense des libertés publiques. Plusieurs membres et sympathisants du parti se sont d’abord rassemblés devant le ministère des Affaires sociales avant de prendre la direction du ministère de la Justice, où ils ont poursuivi leur mobilisation.
Dans les rangs des manifestants, les pancartes résumaient une colère qui se voulait à la fois sociale et politique : « Nous n’avons plus d’eau », « Colère, pression, y’en a marre, le peuple est fatigué », « Ensemble contre l’injustice » ou encore « Où est le développement ? Où est l’emploi ? ». Dans la foule, les slogans se sont succédé, visant directement le gouvernement : « Gouvernement, honte à vous ! », tandis que d’autres appels invitaient les citoyens à sortir et à défendre leurs revendications.
La mobilisation était également largement consacrée à Abir Moussi, présidente du PDL, dont les manifestants ont une nouvelle fois réclamé la libération. « Ô Abir, ô Abir, nous sommes tous avec toi, peu importe ce qui se passe », ont-ils notamment scandé.
Détenue depuis octobre 2023, Abir Moussi avait été interpellée le 3 octobre de la même année alors qu’elle se trouvait au bureau d’ordre de la présidence de la République pour y déposer des recours contre des décrets présidentiels. En mars 2026, la chambre criminelle de la Cour d’appel de Tunis l’a condamnée, dans cette affaire, à dix ans de réclusion. La peine comprend notamment neuf ans pour « tentative de porter atteinte à la forme de l’État, d’inciter les habitants à s’attaquer les uns aux autres avec des armes et de semer le trouble sur le territoire tunisien », six mois pour « traitement de données personnelles sans l’autorisation de leur titulaire » et six mois supplémentaires pour « entrave à la liberté du travail ».
La situation sanitaire de la dirigeante du PDL a également alimenté les inquiétudes exprimées par ses partisans. Le 27 août dernier, l’avocat Hatem Chelly avait alerté, à l’issue d’une visite à la prison de Bulla Regia, sur ce qu’il avait qualifié d’état de santé « critique » d’Abir Moussi. Il avait fait état de douleurs généralisées, de difficultés respiratoires et d’un important épuisement physique. La présidente du PDL était alors hospitalisée.
Devant le ministère de la Justice, le discours prononcé par un membre du PDL, Ali Tayachi a élargi la contestation à la question des libertés publiques. Ali Tayachi a dénoncé les restrictions qui, selon lui, pèsent sur les libertés en Tunisie, citant notamment le décret-loi n°54 ainsi que plusieurs textes qu’il considère incompatibles avec les principes constitutionnels.
« Le son de la liberté ne meurt pas », a-t-il notamment affirmé, tout en saluant le travail des avocats du parti et de son comité de défense. Il a estimé que les tribunaux tunisiens étaient désormais le théâtre de nombreuses « batailles juridiques » et a assuré que le PDL refusait l’injustice, quelle que soit la personne qui en serait victime.
Pour le militant, la question des libertés ne saurait toutefois être dissociée des préoccupations quotidiennes des Tunisiens. Libertés politiques, droits économiques, sociaux et culturels participeraient, selon lui, d’un même ensemble. Les difficultés économiques et sociales du pays ne peuvent ainsi être dissociées de la question des droits et libertés, a-t-il soutenu.
Une partie importante de son intervention a ensuite porté sur Abir Moussi et sur la cohésion du parti autour de sa présidente. Le responsable du PDL a rejeté toute tentative visant à dissocier la cause d’Abir Moussi de celle de la formation politique qu’elle dirige, insistant sur l’unité entre la présidente, les militants et les sympathisants.
Il a également évoqué les difficultés de communication avec la dirigeante détenue, précisant que les messages qui lui sont destinés transitent notamment par son comité de défense, ses possibilités de communication étant fortement restreintes. Pour le PDL, la mobilisation doit donc se poursuivre à la fois sur le terrain politique et sur le terrain judiciaire.
N.J











Commentaire
EN LE PAYS INONDÉ AUTOMME QÔMME HIVER ET SANS EAU TOUT L'ETE...
« La ma, la doua, la horriya, la dhaou, la jaw… »
De Moussi à Ghannouchi en passant par les centaines de détenue.s. politiques comme d opinions :
DIGNITE DE TRAITEMENT, LIBERTE ET SOLIDARITE SANS E.KS.CEPTIONS !