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Zied El-Heni devant la justice dans l’affaire de l’enregistrement attribué à Mondher Ounissi

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Par Nadya Jennene

    Le journaliste Zied El-Heni devrait comparaître, le 25 septembre 2026, devant la justice dans le cadre de l’affaire de l’enregistrement attribué à l’ancien dirigeant d’Ennahdha Mondher Ounissi et à la journaliste Chahrazed Akacha. Une nouvelle audience qui intervient alors que le journaliste est détenu et fait déjà l’objet de plusieurs procédures judiciaires suscitant de vives préoccupations au sein de la profession, compte tenu notamment de la nature des accusations retenues contre lui.

    L’affaire remonte à 2023, avec la diffusion, le 2 septembre, d’un extrait audio présenté comme une conversation entre Mondher Ounissi et Chahrazed Akacha. Publié sur une page Facebook controversée, l’enregistrement portait notamment sur la situation interne d’Ennahdha et les rapports de force au sein du mouvement.

    Dans la séquence diffusée, Mondher Ounissi évoquait la nécessité, selon lui, d’un changement au sein du parti et formulait des critiques à l’encontre de plusieurs de ses dirigeants et responsables. Il faisait également état de pratiques qu’il jugeait problématiques, de divergences avec certains cadres du mouvement ainsi que de contacts et de transferts financiers impliquant des proches de Rached Ghannouchi.

    Quelques minutes après la diffusion de l’extrait, Mondher Ounissi avait contesté son authenticité, affirmant qu’il s’agissait d’un enregistrement falsifié visant à porter atteinte à Ennahdha.

    La journaliste Chahrazed Akacha avait, pour sa part, soutenu que l’enregistrement s’inscrivait dans le cadre d’un travail journalistique et d’une enquête portant notamment sur les relations de Mondher Ounissi avec des personnalités et des proches du président Kaïs Saïed. Elle avait par la suite diffusé d’autres extraits attribués à Ounissi, dans lesquels celui-ci évoquait notammentses rapports avec certains médias ainsi que des discussions sur l’avenir d’Ennahdha et la possibilité de transformer le mouvement en parti civil.

    C’est dans ce contexte que Zied El-Heni était intervenu. Au cours d’une émission radiophonique, le journaliste avait expliqué avoir pris contact avec les personnes concernées afin de vérifier l’authenticité de l’enregistrement et de procéder aux recoupements nécessaires avant de traiter l’information. 

    Convoqué initialement comme témoin en mars 2024, Zied El-Heni avait par la suite été poursuivi en tant qu’accusé sous quatre chefs d’accusation à caractère terroriste. Sa défense conteste fermement cette évolution. Ses avocats soutiennent que les faits qui lui sont reprochés relèvent exclusivement de démarches de vérification, de recoupement et de recherche d’informations effectuées dans le cadre de son activité professionnelle.

    La question de la protection des sources journalistiques constitue également un volet central de l’affaire. Zied El-Heni s’était prévalu de son droit à préserver la confidentialité de ses sources, une garantie considérée comme fondamentale pour l’exercice du journalisme. Pour ses soutiens, le fait que des démarches entreprises pour vérifier une information puissent se retrouver au cœur de poursuites pénales soulève des interrogations sur les conditions dans lesquelles les journalistes peuvent exercer leur profession, notamment lorsqu’ils travaillent sur des dossiers sensibles.

    La procédure s’inscrit par ailleurs dans un contexte judiciaire particulièrement chargé pour le journaliste. Zied El-Heni a été placé en détention le 26 avril 2026 dans une autre affaire, liée à des déclarations publiques dans lesquelles il avait notamment critiqué des magistrats.

    Le 7 mai, le Tribunal de première instance de Tunis l’a condamné à un an de prison sur la base de l’article 86 du Code des télécommunications, pour des faits qualifiés d’« atteinte à autrui via les réseaux publics de communication ». Cette condamnation a été confirmée le 26 juin 2026 par la Cour d’appel de Tunis.

    Alors qu’il se trouvait déjà en détention, un nouveau mandat de dépôt avait également été émis à son encontre, le 10 juin 2026, dans une affaire remontant à la période durant laquelle il siégeait au conseil municipal de Carthage. Il est notamment poursuivi dans ce dossier pour des faits présumés d’abus de fonction et de préjudice causé à l’administration.

    N.J

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