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À Genève, la Tunisie défend un système commercial plus équitable pour les pays en développement

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Par Imen Nouira

    La Tunisie entend faire valoir ses priorités dans les discussions sur la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en défendant une meilleure prise en compte des préoccupations des pays en développement. Sécurité alimentaire, industrialisation, transformation numérique, renforcement des capacités et accès aux marchés figurent parmi les dossiers mis en avant par Tunis, qui pointe également les déséquilibres persistants du commerce mondial.

    C’est ce qu’a indiqué Mondher Rjeb, conseiller auprès de la Mission permanente de la Tunisie à Genève, dans une déclaration rapportée jeudi 17 septembre 2026 par l’agence de presse Tap, à l’occasion du Forum public de l’OMC, qui se tient à Genève du 15 au 17 septembre.

    La Tunisie participe activement, selon lui, aux négociations consacrées à la réforme de l’organisation et défend « un système commercial multilatéral plus juste, plus équitable et répondant aux priorités de développement des pays en développement ».

    Tunis reste ainsi attachée à un système commercial multilatéral crédible et fondé sur des règles, considérant le commerce comme un levier du développement économique et social, mais également comme un moteur du renforcement de l’intégration économique et du développement inclusif et durable.

    L’Afrique, 18% de la population mondiale mais seulement 2,9% du commerce

    Pour illustrer les déséquilibres que la Tunisie souhaite voir traités dans le cadre de la réforme de l’OMC, Mondher Rjeb met notamment en avant la place extrêmement limitée de l’Afrique dans les échanges internationaux.

    Selon les chiffres qu’il a avancés, le continent ne représente que 2,9% du commerce mondial alors qu’il concentre 18% de la population de la planète. Un écart qui traduit, selon lui, un déséquilibre important dans le fonctionnement actuel du système commercial mondial.

    Dans les discussions en cours, la Tunisie plaide ainsi pour un système plus inclusif, plus juste et plus durable, notamment à travers le renforcement de la transparence, de l’égalité et de l’égalité des chances. Elle appelle également à traiter les déséquilibres structurels qui, selon Mondher Rjeb, empêchent les pays en développement de concrétiser leurs ambitions en matière de développement.

    Cette position s’accompagne de la défense du consensus comme principe fondamental de prise de décision au sein de l’OMC. Tunis estime que son maintien doit permettre de préserver l’égalité entre les États membres et l’égalité des chances, tout en renforçant la dimension du développement dans le commerce international.

    Sécurité alimentaire, industrialisation et transformation numérique

    Derrière les principes défendus dans les négociations se trouvent plusieurs dossiers directement liés aux préoccupations des économies en développement.

    La Tunisie place notamment parmi ses priorités la sécurité alimentaire, le soutien à l’industrialisation, la transformation numérique et le renforcement des capacités. Elle réclame également la mise en œuvre du traitement spécial et différencié en faveur des pays en développement.

    Selon Mondher Rjeb, la prise en compte de ces priorités doit favoriser une meilleure intégration des pays en développement dans les chaînes de valeur mondiales et soutenir la durabilité de leurs économies. Elle doit également faciliter l’accès de leurs produits et services aux marchés et renforcer leur compétitivité.

    Ces revendications interviennent alors que la réforme de l’OMC occupe une place importante dans les discussions entre les États membres. Selon le responsable tunisien, ceux-ci placent de fortes attentes dans ce processus afin de relancer le rôle de l’organisation dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques.

    Pour Tunis, la réforme doit ainsi permettre à l’OMC de s’adapter aux transformations et aux défis actuels, sans perdre de vue la dimension du développement et les préoccupations spécifiques des économies en développement.

    La Tunisie défend ses intérêts dans les différentes instances

    La Mission permanente de la Tunisie à Genève participe aux consultations et aux négociations menées au sein des comités de l’OMC et des différents groupes de négociation. Elle y présente les positions tunisiennes et défend les intérêts du pays sur les dossiers touchant notamment à l’agriculture, aux services, au développement, aux droits de douane et à la propriété intellectuelle.

    Elle assure également le suivi des programmes de formation et de renforcement des capacités proposés par l’OMC afin d’y associer des cadres tunisiens. En coordination avec le ministère du Commerce et du Développement des exportations et le secrétariat de l’organisation, elle contribue par ailleurs à l’organisation d’ateliers nationaux dans plusieurs domaines considérés comme prioritaires pour la Tunisie.

    À travers sa participation aux négociations, Tunis défend ainsi une réforme qui ne se limite pas au fonctionnement de l’OMC, mais qui doit aussi répondre aux déséquilibres du commerce mondial et permettre aux pays en développement d’y occuper une place davantage conforme à leurs ambitions économiques et de développement.

    I.N.

    *Photo d’illustration

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    Commentaire

    1. Gg

      Répondre
      17 septembre 2026 | 15h27

      Dans la liste des préoccupations, il manque un mot important. Peut etre le plus important : corruption.

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