Le député Ahmed Saïdani a livré un constat particulièrement critique sur la question de l’emploi et sur la responsabilité du Parlement, allant jusqu’à présenter ses excuses aux chômeurs et à reconnaître sa propre part de responsabilité.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, jeudi 17 septembre 2026, Ahmed Saïdani est revenu sur un slogan scandé par des jeunes à Meknassy : « L’emploi est une priorité, voleurs du budget ». Une formule à laquelle l’élu a répondu en assumant directement une partie de la responsabilité des représentants du peuple.
« Nous volons leurs rêves »
« Effectivement, nous volons leurs rêves d’avoir un travail, une source de revenus, de quoi vivre dignement », a-t-il écrit.
Le député a notamment mis en cause le recours successif à l’emprunt et le rôle joué par l’Assemblée dans l’approbation des accords de prêt. Il a estimé que lorsque le Parlement « adopte un emprunt après l’autre » sans que les élus sachent suffisamment, d’après lui, où les fonds sont allés, comment ils ont été dépensés et ce qu’ils apporteront aux jeunes, les parlementaires portent une responsabilité.
Ahmed Saïdani a assuré n’avoir personnellement voté en faveur d’aucun emprunt, tout en refusant de se dégager de toute responsabilité. « Je considère que j’assume une partie de la responsabilité », a-t-il reconnu, ajoutant éprouver de la honte lorsqu’il entend de tels slogans.
Le député a estimé que les jeunes étaient dans leur droit de réclamer des emplois, après les promesses et les textes adoptés ces dernières années, citant notamment les lois 18 et 38.
Une critique directe de la gestion du dossier de l’emploi
Ahmed Saïdani a également rejeté l’idée selon laquelle les retards dans le traitement du chômage seraient essentiellement liés à la mise en place de plateformes ou à des difficultés techniques.
À ses yeux, le problème est plus profond. Il a estimé que le pouvoir ne disposait pas actuellement des capacités nécessaires pour concevoir des solutions et des mécanismes alternatifs permettant l’intégration des jeunes sur le marché du travail.
Il a insisté sur le fait que cette appréciation constituait, à ses yeux, un constat et non un discours de « complot » ou « d’incitation ».
« Je m’excuse auprès de tous les chômeurs »
Le député est allé jusqu’à présenter ses excuses aux demandeurs d’emploi. « Je présente mes excuses à tous les chômeurs parmi nos enfants », a-t-il écrit.
Ahmed Saïdani a également évoqué explicitement l’éventualité de sa démission, reconnaissant ne pas avoir « le courage de démissionner », tout en précisant que cela n’était pas motivé par une crainte pour sa personne mais par des raisons qu’il a préféré ne pas développer.
Il a enfin décrit une situation dans laquelle, à ses yeux, les attentes de la population ne trouvent plus d’écho, tandis que les discours critiques sont assimilés à de l’incitation contre le pouvoir ou à une diffusion du désespoir.
Sa publication s’achève sur un constat particulièrement sombre concernant la jeunesse : « Peut-être que le seul espoir qui reste aux jeunes est de quitter le pays, malheureusement ».

M.B.Z












2 commentaires
Roberto Di Camerino
Une critique directe de la gestion du dossier de l’emploi.
On ne gère ni l’emploi ni le chômage : on fait progresser l’économie. On ouvre grand les portes aux investisseurs et aux industriels, on encourage la création d’entreprises, de commerces et de services qui ont besoin de main-d’œuvre. Et surtout, on ne met pas en prison les personnes susceptibles d’investir, de créer des industries ou de développer des activités génératrices d’emplois. Rien que les chantiers de construction de leurs projets peuvent faire travailler des milliers de personnes.
Pour endiguer le chômage, dans les années 60, un responsable particulièrement éclairé avait créé les « hadhairs », sortes de camps de travail destinés notamment à défricher des terres arables, planter des arbres, assainir des zones insalubres, aménager des espaces, etc.
Je me souviens que les volontaires ne recevaient pas forcément de salaire en argent, mais plutôt des provisions ou une forme de compensation en nature. C’est tellement loin que je ne me rappelle plus exactement les modalités. Mais je me souviens surtout d’une chose : les gens avaient la fierté de travailler et de tenir un emploi.
C’était tout de même autre chose que de laisser une partie de la jeunesse sans perspective, assise dans les cafés, à jouer aux cartes et à fumer la chicha.
Le chômage ne se combat pas avec des discours ni avec des statistiques : il se combat en créant une économie qui produit, investit et embauche.
Mohamed Mabrouk
Je ne l’appreciait pas parce qu’il me semble qu’il s’etait exprimé favorablement a la peine de mort contre les critiques ou les opposants.
Mais aujourd’hui, en lisant qu’il reconnait ne pas avoir le courage de demissionner, je dois reconnaitre qu’il est rojla comme on dit.
Je prie dieu, que l’islam designe aussi part le mot « haqq », signifiant « verité », que ses collegues aient le meme souci de verité