La situation financière et administrative des centres d’affaires continue de se détériorer. Des agents n’ont pas perçu leurs salaires depuis plusieurs mois, tandis que l’avenir de ces structures et de leurs 57 employés reste suspendu à une restructuration annoncée par le ministère de l’Industrie.
La directrice du Centre d’affaires de Sousse, Amel Brini, a détaillé, jeudi 17 septembre 2026, sur Jawhara FM, les difficultés auxquelles font face les 19 centres répartis sur le territoire. Elle a indiqué que certains agents n’avaient plus perçu leur salaire depuis juin, alors qu’ils continuaient à se rendre à leur travail et à assurer leurs missions.
« Nous n’avons reçu aucun ordre de fermeture des centres », a-t-elle expliqué, soulignant que les employés ne pouvaient donc pas décider d’eux-mêmes de cesser leur activité.
57 agents dans l’incertitude
Créés en 2005, les centres d’affaires ont pour mission d’accompagner les jeunes promoteurs et les porteurs de projets, notamment lors des différentes étapes de création de leur entreprise. Dix-neuf structures sont actuellement réparties dans les régions et emploient, d’après Amel Brini, un total de 57 agents.
La responsable a expliqué que les centres avaient été créés en vertu de la loi n°57 de 2005 du 18 juillet 2005. Le texte avait organisé leur fonctionnement et leur financement, mais la situation administrative des agents demeure, d’après elle, incomplètement encadrée en l’absence d’un statut de base spécifique garantissant leurs droits.
Une situation qui ne date pas d’aujourd’hui. Amel Brini a indiqué que les agents réclamaient depuis plusieurs années une régularisation administrative.
À cette incertitude s’est désormais ajoutée une difficulté beaucoup plus immédiate : le versement des salaires. Certains employés n’ont plus été payés depuis juin et rencontrent également des problèmes de couverture sociale. La directrice a notamment évoqué les difficultés de salariés ayant des crédits bancaires en cours et qui se retrouvent dans l’impossibilité d’honorer normalement leurs échéances.
Une restructuration et un rattachement à l’APII annoncés
Amal Brini a également évoqué les échanges avec le ministère de l’Industrie. Elle a affirmé que le contrat-programme n’était plus signé depuis plusieurs années et que les agents avaient été informés qu’une nouvelle organisation était en préparation.
Parmi les solutions évoquées figure le rattachement des agents des centres d’affaires à l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII). Un nouveau texte serait en préparation dans ce cadre et devrait passer par un Conseil ministériel avant son application.
Pour les employés, le problème reste toutefois entier pendant cette période transitoire. Amal Brini s’est interrogée sur le sort des salaires jusqu’à l’achèvement de cette procédure et sur les moyens qui seront mobilisés pour intégrer les 57 agents dans la nouvelle structure.
Elle a également regretté le manque d’informations communiquées aux employés sur l’avancement du dossier et les décisions envisagées concernant les centres.
Des centres toujours ouverts, mais des moyens réduits
Malgré ces difficultés, les agents continuent de travailler et d’accueillir les porteurs de projets. Les moyens disponibles se sont toutefois considérablement réduits.
La directrice du Centre d’affaires de Sousse a expliqué que certaines prestations ne pouvaient plus être assurées normalement, notamment les séances de formation ou l’intervention d’experts. Elle a cité l’exemple d’un expert-comptable qui intervenait auparavant chaque semaine auprès des promoteurs accompagnés.
À Sousse, la situation des locaux s’est également compliquée. Amel Brini a indiqué que le centre était menacé d’expulsion des locaux qu’il occupe et que le gouverneur avait été informé de la situation.
La responsable a insisté sur le travail réalisé depuis la création des centres. Pour le seul Centre d’affaires de Sousse, elle a estimé à environ un millier le nombre de jeunes accompagnés depuis 2005 dans la concrétisation de leurs projets.
Plusieurs démarches auprès du ministère
Les représentants des centres ont multiplié les démarches auprès de leur ministère de tutelle. Amel Brini a évoqué plusieurs déplacements et rencontres, notamment les 7 et 21 juillet ainsi que le 18 août.
Elle a affirmé que, lors de leur dernière mobilisation, le 18 août, les agents n’avaient pas été autorisés à entrer au ministère pour rencontrer les responsables, alors qu’ils avaient, d’après elle, accompli au préalable les procédures légales nécessaires à l’organisation de leur mouvement.
Une nouvelle action protestataire est désormais envisagée. Amel Brini a précisé que les agents entendaient, là encore, respecter les procédures légales avant de fixer sa date.
Après plus de vingt ans d’existence pour les premiers centres, leurs employés demandent désormais que leur situation soit clarifiée. Entre salaires impayés, moyens de fonctionnement réduits et restructuration encore en attente, ils continuent pour l’heure à exercer leurs fonctions sans visibilité précise sur les prochaines étapes.
M.B.Z










