Les fortes précipitations annoncées en Tunisie pour les prochains jours ont ravivé des rumeurs faisant état d’un prétendu tsunami qui frapperait prochainement les côtes tunisiennes et italiennes. Intervenu jeudi 17 septembre 2026 sur Jawhara FM, l’ingénieur spécialisé en environnement et en climat, Hamdi Hached, a catégoriquement démenti ce scénario, rappelant que les mécanismes à l’origine d’un tsunami relèvent principalement de la géologie et non des perturbations météorologiques.
La confusion repose essentiellement sur un rapprochement erroné entre deux phénomènes de nature très différente : d’un côté, les perturbations atmosphériques et les précipitations ; de l’autre, les mouvements brusques affectant le fond marin et susceptibles de déplacer une importante masse d’eau.
Un tsunami n’est pas une conséquence d’une tempête
Contrairement aux vagues générées par les vents, les tempêtes ou les dépressions atmosphériques, un tsunami résulte d’un déplacement soudain d’une grande quantité d’eau. Dans la majorité des cas, ce déplacement est provoqué par un séisme sous-marin suffisamment important entraînant une déformation verticale du plancher océanique. Les éruptions volcaniques et les glissements de terrain sous-marins ou côtiers peuvent également générer des tsunamis.
Selon Hamdi Hached, le mécanisme est fondamentalement géologique. Lorsqu’une portion du fond marin se soulève ou s’abaisse brutalement, elle déplace la colonne d’eau située au-dessus d’elle. L’énergie ainsi libérée se propage ensuite sous forme d’une série de vagues pouvant parcourir de longues distances.
C’est précisément cette différence de mécanisme qui permet de distinguer un tsunami d’une forte houle ou d’une surcote provoquée par une tempête. Les vagues météorologiques sont principalement générées par l’action du vent sur la surface de la mer, tandis qu’un tsunami prend naissance à la suite d’une perturbation beaucoup plus profonde affectant une masse importante d’eau.
La Méditerranée n’est pas totalement étrangère au risque tsunami. Des études ont identifié plusieurs sources sismiques susceptibles de produire des tsunamis dans certaines zones méditerranéennes. Cette réalité géologique ne permet toutefois pas de conclure à l’existence d’un tsunami imminent : le risque à long terme et la prédiction d’un événement précis sont deux questions scientifiques différentes.
Selon Hamdi Hached, à ce jour, les scientifiques ne sont pas en mesure de prédire avec précision la survenue d’un tsunami à l’avance, en indiquant le lieu, la date et l’heure de son déclenchement. Les systèmes d’alerte peuvent en revanche détecter rapidement les séismes susceptibles de générer un tsunami et, lorsqu’un tel événement est confirmé, émettre des alertes afin de réduire les risques pour les populations.
Une perturbation pluvieuse attendue en Tunisie
Le phénomène réellement attendu en Tunisie ce jeudi 17 septembre est, lui, d’ordre météorologique.
Le temps sera partiellement nuageux sur la plupart des régions avant une dégradation progressive dans l’après-midi. Les nuages deviendront plus denses sur les régions ouest du Nord et du Centre, ainsi que localement dans le Sud, avec l’apparition de pluies temporairement orageuses.
Ces précipitations doivent ensuite gagner progressivement les régions orientales. Elles pourront être localement abondantes, avec un risque de chutes de grêle dans certaines zones. Les quantités annoncées pourront atteindre 50 millimètres dans les secteurs les plus concernés.
Les vents, d’abord faibles à modérés et de secteur sud, se renforceront en fin de journée, notamment près des côtes et dans le Sud. Leur vitesse pourra également augmenter brutalement au passage des cellules orageuses, avec des rafales susceptibles de dépasser 70 km/h.
Au-delà de la rumeur sur un éventuel tsunami, l’arrivée des précipitations soulève une autre question : celle de la capacité des sols à absorber rapidement l’eau après une longue période de sécheresse.
Selon Hamdi Hached, le vrai risque est de voir arriver des pluies denses mais qui ne sont pas suffisamment réparties dans le temps et dans l’espace. Selon lui, les sols, fortement desséchés, pourraient difficilement absorber instantanément des quantités d’eau très importantes.
Cette situation peut favoriser le ruissellement lorsque les précipitations sont particulièrement intenses. Une partie de l’eau peut alors s’écouler rapidement en surface plutôt que de s’infiltrer progressivement dans le sol. Dans les zones urbanisées ou présentant des reliefs marqués, des pluies intenses peuvent également provoquer des accumulations d’eau, des inondations localisées ou des perturbations de la circulation.
N.J










