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Imen Ben Fredj : seulement 300 médecins esthétiques qualifiés face à une pratique qui échappe au contrôle

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Par Myriam Ben Zineb

    La présidente du Syndicat tunisien des médecins esthétiques, Imen Ben Fredj, a alerté, jeudi 17 septembre 2026, sur la multiplication des personnes pratiquant des actes de médecine esthétique sans disposer des qualifications requises. Invitée d’Express FM, elle a indiqué que le syndicat comptait environ 300 médecins praticiens qualifiés, alors que plus de 1.000 personnes exerceraient aujourd’hui dans ce domaine.

    Un écart qui, d’après elle, s’explique notamment par la présence de médecins n’ayant pas encore obtenu la qualification nécessaire, mais aussi, pour une large part, de personnes qui ne sont pas médecins et qui pratiquent néanmoins des actes relevant de la médecine esthétique.

    « Aujourd’hui, le syndicat compte 300 médecins praticiens qualifiés. Je peux vous dire qu’il y a plus de 1.000 personnes qui pratiquent », a-t-elle affirmé.

    Des centres sans médecins

    Imen Ben Fredj a également pointé la multiplication de centres d’esthétique médicale fonctionnant, d’après elle, de manière anarchique. Certains ne compteraient aucun médecin parmi leur personnel, tandis que des personnes étrangères à la profession y réaliseraient des actes médicaux.

    Elle a expliqué que la médecine esthétique devait être clairement distinguée des prestations esthétiques classiques. Elle regroupe des actes médicaux non chirurgicaux, notamment les injections et différents traitements au laser. La chirurgie esthétique relève, pour sa part, d’actes chirurgicaux réalisés dans un cadre médical adapté.

    La présidente du syndicat a insisté sur le fait que la maîtrise technique d’un appareil ne suffisait pas à autoriser la réalisation d’un acte médical. Elle a ainsi évoqué le cas de techniciens formés par les fournisseurs à l’utilisation de certains équipements, notamment les lasers, tout en rappelant que les compétences techniques ne se substituaient pas à une formation médicale.

    Elle a invoqué, à ce titre, la législation réprimant l’exercice illégal de la médecine, soulignant qu’une personne ne pouvait pratiquer un acte médical, utiliser une aiguille pour pénétrer le corps d’un patient ou réaliser une procédure médicale sans être médecin. Elle a appelé à une application effective des dispositions existantes.

    Un cahier des charges toujours attendu

    Au-delà de l’exercice illégal de la médecine, Imen Ben Fredj a soulevé la question de l’encadrement des centres médicaux d’esthétique. Elle a affirmé qu’il n’existait toujours pas de texte réglementant spécifiquement ces structures.

    Un cahier des charges a pourtant été élaboré par le syndicat avec le ministère de la Santé et les sociétés savantes concernées, notamment en chirurgie plastique et en dermatologie. Le document fixe les critères devant être respectés par les centres médicaux d’esthétique et aurait déjà été approuvé.

    Sa publication se fait cependant toujours attendre. « Les mois sont passés, puis les années », a déploré Imen Ben Fredj, indiquant que le syndicat avait été informé à plusieurs reprises d’une publication prochaine du texte au Journal officiel.

    Elle a ainsi appelé le ministère de la Santé à publier le cahier des charges dans les plus brefs délais afin de mieux encadrer le secteur et de limiter la multiplication des centres susceptibles, d’après elle, de porter atteinte à la sécurité sanitaire des citoyens.

    Publicité, réseaux sociaux et influenceurs

    Imen Ben Fredj a également mis en cause certaines pratiques promotionnelles observées sur les réseaux sociaux. Elle a évoqué des prestations proposées à des prix particulièrement bas, le recours à des influenceurs pour promouvoir certains centres et la diffusion de photographies « avant/après » qu’elle a qualifiées, dans certains cas, de trompeuses.

    Elle a rappelé qu’il fallait distinguer publicité et communication médicale. Un médecin peut disposer d’un site internet ou de pages sur les réseaux sociaux pour présenter son activité et informer sur les techniques pratiquées, mais la communication médicale reste encadrée, notamment par les règles établies avec le Conseil de l’Ordre.

    Pour la présidente du Syndicat tunisien des médecins esthétiques, l’enjeu est donc double : faire appliquer les dispositions réprimant l’exercice illégal de la médecine et mettre enfin en place un cadre spécifique pour les centres médicaux d’esthétique, dans un secteur qui a connu une forte expansion ces dernières années.

    M.B.Z

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