Ed Sheeran a reconnu samedi soir 19 septembre 2026 avoir commis des « erreurs » dans la gestion de la polémique autour de l’éviction de Macklemore de sa tournée américaine et présenté ses excuses. Lors de son premier concert depuis le début de la controverse, à Philadelphie, le chanteur britannique a également qualifié la situation à Gaza de « catastrophique », « injustifiable » et « disproportionnée ».
« J’ai dû prendre des décisions difficiles, je commets des erreurs et j’en suis vraiment, vraiment désolé », a déclaré Ed Sheeran à l’ouverture de son spectacle. Une prise de parole qui intervient après plusieurs jours de critiques, de départs d’artistes et d’appels au boycott visant sa tournée.
La controverse avait éclaté après la mise à l’écart du rappeur Macklemore, qui assurait certaines premières parties de la tournée. Celui-ci avait appelé à « libérer la Palestine » lors de deux concerts début septembre. La décision, attribuée aux promoteurs et à des propriétaires de salles américains, avait rapidement placé Ed Sheeran au cœur des critiques.
Des explications qui n’avaient pas suffi
Avant son concert de Philadelphie, Ed Sheeran avait déjà tenté de répondre à la polémique dans une longue publication sur Instagram. Il y affirmait être « consterné par le conflit entre Israël et la Palestine » et qualifiait les souffrances provoquées par la guerre de « tragédie humaine ».
Le chanteur assurait également que la décision concernant Macklemore avait été prise par le promoteur et non par lui. « Je ne suis pas complice. J’ai mes opinions personnelles sur ce conflit dévastateur. Ce n’est pas parce que je choisis de ne pas m’exprimer publiquement que je n’en ai pas, ou que je ne me sens pas concerné », écrivait-il.
Ces explications n’avaient toutefois pas mis fin aux critiques. Plusieurs artistes ont quitté la tournée en solidarité avec Macklemore. Finneas, le frère de Billie Eilish, a notamment dénoncé le fait que « les artistes ne doivent pas être réduits au silence quand ils prennent la parole en faveur des opprimés ».
Massive Attack a également contesté la position du chanteur, tandis que Roger Waters l’a violemment attaqué. La députée américaine Alexandria Ocasio-Cortez s’est elle aussi saisie de l’affaire, estimant qu’elle soulevait plus largement la question des pressions exercées sur les artistes prenant position sur des sujets politiques.
Une radio irlandaise retire ses titres
La polémique a également atteint la diffusion de sa musique. Classic Hits Radio a annoncé le retrait des chansons d’Ed Sheeran de ses playlists après les réactions de ses auditeurs.
Dave Kelly, directeur des programmes de Bay Broadcasting, qui exploite la station, a expliqué que la décision avait été mûrement réfléchie et ne constituait pas un jugement personnel sur le chanteur. La radio a notamment pris en compte le départ des artistes irlandais Aaron Rowe et Beoga de la tournée.
« En tant que station de radio indépendante, détenue en Irlande, nous estimons toutefois qu’il est important d’écouter notre audience et de nous tenir aux côtés des artistes irlandais qui ont pris ce qui est sans aucun doute une décision professionnelle majeure fondée sur leurs propres convictions », a déclaré Dave Kelly.
La dimension irlandaise de cette décision n’est pas anodine. Ed Sheeran, bien que né et élevé en Angleterre, possède des liens familiaux étroits avec l’Irlande par son père et ses grands-parents et a régulièrement évoqué ses origines irlandaises.
Aaron Rowe avait de son côté expliqué qu’Ed Sheeran était un ami, mais qu’il ne pouvait rester silencieux face à la situation à Gaza. « Je ne peux pas rester les bras croisés et permettre à des milliardaires d’utiliser leur position de pouvoir pour réduire au silence les voix légitimes de ceux qui dénoncent le génocide israélien et qui mettent en lumière le meurtre barbare d’enfants », avait-il déclaré.
Une polémique qui dépasse Macklemore
L’affaire constitue une séquence inhabituelle pour Ed Sheeran, dont l’image était jusque-là associée à une certaine consensualité. Ses détracteurs ont notamment rappelé ses prises de position passées, dont sa participation à un concert en soutien à l’Ukraine après l’invasion russe de 2022 et sa signature, en 2018, d’une lettre ouverte sur les conséquences du Brexit pour l’industrie musicale.
Pour l’heure, aucune date de sa tournée américaine n’a été remise en cause. Mais entre les défections, les appels au boycott et le retrait de ses titres par une radio, la polémique a largement dépassé le seul cas de Macklemore.
À Philadelphie, Ed Sheeran a donc choisi de revenir sur la gestion de cette crise et d’assumer publiquement des « erreurs ». Un mea culpa qui marque un changement de ton après plusieurs jours consacrés à expliquer qu’il n’était pas à l’origine de la décision ayant déclenché la controverse.
B.N avec AFP










