La journaliste de l’Agence Tunis Afrique Presse (Tap), Chiraz Naili, affirme avoir fait l’objet de propos qu’elle qualifie de « menaçants » de la part du gouverneur de l’Ariana, alors qu’elle réalisait un reportage dans une habitation touchée par les eaux à Jaafar.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, la journaliste relate qu’elle se trouvait au domicile d’une citoyenne, dans une maison inondée, afin de recueillir son témoignage sur la situation provoquée par les dernières intempéries.
Selon son récit, alors qu’elle échangeait avec la propriétaire du logement, le gouverneur de l’Ariana est entré dans la maison et s’est adressé directement à elle.
« Vous représentez une institution publique »
Chiraz Naili affirme que le gouverneur lui a reproché de représenter une institution publique tout en étant présente sur les lieux pour couvrir la situation.
« Tu représentes une institution publique et tu fais le buzz », rapporte la journaliste, qui indique que le responsable régional lui aurait ensuite déclaré, sur un ton qu’elle a perçu comme menaçant : « On en reparlera ».
La journaliste considère cet échange comme une intervention directe dans l’exercice de son travail journalistique, alors qu’elle couvrait les conséquences des intempéries et les dégâts causés par les eaux.
Une couverture des dégâts causés par les intempéries
Chiraz Naili précise qu’elle était présente sur le terrain pour donner la parole à une habitante dont le domicile avait été touché par les inondations.
Son témoignage intervient alors que plusieurs régions du Grand Tunis ont enregistré d’importantes précipitations ces derniers jours, provoquant des accumulations d’eau et des perturbations dans plusieurs zones.
Dans un communiqué émis plus tard dans la journée, le syndicat des journalistes de la Tap dénonce le « harcèlement, l’intimidation et les menaces » dont affirme avoir été victime la journaliste Chiraz Naili.
Le syndicat qualifie les propos tenus par le gouverneur de l’Ariana de « une tentative d’intervention dans le travail journalistique et d’intimidation », et rappelle que le statut public de la Tap ne permet pas aux responsables de contrôler les sujets couverts par ses journalistes ni les témoignages recueillis.
Il demande au gouverneur de l’Ariana de « cesser toute forme de pression ou d’intervention » dans le travail des journalistes et appelle la direction de la Tap à prendre les mesures nécessaires pour protéger Chiraz Naili et ses collègues. Le syndicat affirme enfin qu’il suivra cette affaire et appelle les structures professionnelles et de défense des droits à s’en saisir.

S.H










