Les diplômés de l’Institut national du travail et des études sociales ont boycotté le concours de recrutement organisé le 13 septembre 2026 pour le recrutement d’assistants sociaux. Invitée sur Jawhara FM, Mariem Khachroub, représentante des diplômés de l’Institut, a expliqué les raisons de cette mobilisation et a dénoncé un mode de recrutement jugé insuffisant au regard du nombre de diplômés et des besoins du secteur.
Selon elle, près de 1 200 diplômés issus des différentes promotions, de 2004 à 2026, sont aujourd’hui concernés par cette situation. Le principal grief des diplômés porte sur le recours au concours alors qu’ils revendiquent l’application des dispositions de l’arrêté n°304 de 2013, qui organise le corps des assistants sociaux.
Selon Mariem Khachroub, ce texte prévoit notamment le recrutement des assistants sociaux de première classe parmi les diplômés des établissements de formation spécialisés, par voie de nomination directe, tout en prévoyant également le recours au concours.
La représentante des diplômés conteste donc le choix fait par le ministère des Affaires sociales de privilégier, dans le cas présent, un concours portant sur un nombre limité de postes.
« Le ministère revient après presque dix ans avec un concours pour 145 postes », a-t-elle déploré, estimant que cette procédure ne permet pas de répondre à la situation de l’ensemble des diplômés concernés dont le nombre s’élève à 1 200 personnes entre 2007 et 2026.
Les diplômés estiment toutefois que leur revendication ne consiste pas à demander le recrutement de l’ensemble des 1 200 personnes en une seule fois. Ils réclament plutôt, selon Mariem Khachroub, un recrutement progressif au regard des besoins des établissements sociaux et éducatifs.
La représentante a avancé notamment le chiffre d’environ 1 000 postes vacants dans le milieu scolaire, auxquels s’ajouteraient plus de 2 000 besoins dans les institutions sociales. Les besoins du secteur seraient largement supérieurs aux 145 postes proposés dans le cadre du concours.
Autre motif de contestation : les conditions d’accès au concours auraient exclu une partie des anciens diplômés en raison de la limite d’âge applicable au recrutement dans la fonction publique.
Selon Mariem Khachroub, certains diplômés ayant achevé leur formation il y a plusieurs années se retrouvent aujourd’hui exclus alors qu’ils étaient encore en âge de postuler au moment de leur sortie de l’Institut.
Elle a cité notamment le cas de diplômés qui avaient environ 35 ans lors de leur formation et qui ont désormais atteint 45 ans, après plusieurs années sans possibilité de recrutement dans leur spécialité.
Cette situation est d’autant plus problématique, selon elle, que les diplômés ont connu des parcours professionnels très différents depuis leur sortie de l’Institut : certains ont travaillé dans des associations, d’autres ont occupé des emplois temporaires ou ont développé de petits projets pour subvenir à leurs besoins.
La décision de boycotter le concours n’aurait pas été prise sans démarches préalables. La représentante des diplômés a expliqué que plusieurs actions de protestation pacifiques avaient été organisées devant le ministère des Affaires sociales.
Les diplômés ont, selon ses dires, adressé des correspondances à la présidence du gouvernement et à la présidence de la République et ont tenté de contacter certains députés afin de faire connaître leurs revendications.
Une nouvelle mobilisation avait notamment été organisée le 10 septembre, trois jours avant la date prévue du concours. Selon Mariem Khachroub, ces démarches n’ont pas permis d’obtenir de réponse satisfaisante de la part du ministère.
N.J










