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RFR : après l’inondation du tunnel d’Erraoudha, Dhafer Sghiri réclame des comptes

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Par Myriam Ben Zineb

    L’inondation du tunnel d’Erraoudha après les dernières pluies a relancé les interrogations autour des infrastructures du Réseau ferroviaire rapide (RFR) au Bardo. Le député et vice-président de la Commission des finances et du budget à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Dhafer Sghiri, a appelé, mardi 22 septembre 2026, à revoir les études et à déterminer les responsabilités après que l’ouvrage a été entièrement envahi par les eaux.

    Dans une publication postée sur les réseaux sociaux, le député a affirmé que cet incident remettait sur le devant de la scène un dossier sur lequel il disait avoir alerté depuis plusieurs années : la réalisation d’infrastructures du RFR dans une zone basse, confrontée à des difficultés récurrentes d’évacuation des eaux pluviales.

    Dhafer Sghiri a rappelé avoir suivi ce dossier lorsqu’il était membre du conseil municipal du Bardo. Il a indiqué que celui-ci avait voté à l’unanimité l’arrêt des travaux, en raison notamment du tracé retenu et de ses conséquences redoutées sur la ville.

    Le député avait déjà publiquement contesté les choix retenus pour le passage de la ligne D au Bardo. En 2024, il avait notamment expliqué que l’opposition des habitants et de la société civile portait sur la configuration choisie pour la traversée de la ville. La société RFR avait, de son côté, défendu un projet reposant sur des études prenant en compte, notamment, l’efficacité, le coût et la sécurité.

    Des explications réclamées au ministère et à la RFR

    Pour Dhafer Sghiri, l’inondation du tunnel d’Erraoudha impose désormais des explications. Il a appelé le ministère du Transport et la société RFR à fournir « une explication technique et administrative complète » sur ce qui s’est produit et à déterminer les responsabilités.

    Il a également mis en garde contre le risque de limiter les interventions au seul tunnel touché, alors que d’autres ouvrages et tunnels sont réalisés dans le cadre du projet au Bardo.

    Le député a ainsi demandé si le dispositif d’évacuation des eaux pluviales avait été réexaminé sur l’ensemble du tracé, si les études avaient suffisamment pris en compte la topographie du Bardo et si les enseignements de l’incident d’Erraoudha seraient intégrés avant la poursuite des travaux. Il a également évoqué des problèmes d’évacuation des eaux au niveau d’infrastructures du RFR à La Manouba.

    « Le Bardo n’est pas un terrain d’expérimentation », a-t-il lancé, estimant que les projets de transport ne devaient pas constituer une charge supplémentaire pour une ville déjà confrontée à des difficultés d’infrastructure.

    Dhafer Sghiri a finalement réclamé une révision des études, une évaluation des ouvrages déjà réalisés, un audit du système d’évacuation des eaux ainsi que la détermination des responsabilités administratives, techniques et politiques en cas de défaillances.

    Pour lui, l’inondation du tunnel d’Erraoudha doit constituer « un point d’arrêt et de réévaluation », appelant à agir sans attendre qu’un nouvel incident se produise.

    M.B.Z

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