Le secteur du textile et de l’habillement a accusé une forte baisse de sa production durant l’été, avec un recul estimé entre 40% et 60% en juillet et août 2026. En cause, notamment, les coupures d’électricité qui ont perturbé le fonctionnement des usines et compliqué le respect des commandes.
Le vice-président de la Fédération du textile et de l’habillement, Tarek Belhaj Ali, est revenu, lundi 22 septembre 2026, sur les difficultés rencontrées par les industriels, lors de son intervention dans l’émission Eco Mag sur Express FM.
Il a expliqué que plusieurs entreprises n’avaient pas fonctionné à plus de 50% de leurs capacités pendant cette période. Une situation qui s’est directement répercutée sur la production et, par conséquent, sur les exportations du secteur.
Le responsable a surtout pointé l’imprévisibilité des coupures d’électricité. Les entreprises ne connaissaient pas à l’avance les horaires des interruptions, ce qui les empêchait d’adapter l’organisation du travail et de garantir les volumes de production nécessaires pour honorer les commandes de leurs clients, aussi bien sur le marché local qu’à l’étranger.
Les salariés effectuent désormais des heures supplémentaires afin d’accélérer la production et de rattraper une partie du retard accumulé.
Des dégâts limités, mais un besoin de rassurer les clients
Tarek Belhaj Ali a indiqué que les coupures et variations de tension avaient occasionné certains dégâts matériels, notamment sur des cartes électroniques équipant des machines. Il a toutefois précisé que les dommages enregistrés étaient restés limités.
Il a également regretté l’absence d’un message officiel suffisamment rassurant après les perturbations de l’été. Pour le secteur, il est désormais important que les investisseurs étrangers et les clients soient rassurés sur les mesures prises pour éviter que de telles difficultés ne se reproduisent.
Les industriels réfléchissent parallèlement au recours accru aux énergies renouvelables, notamment au photovoltaïque, afin de réduire leur exposition aux interruptions de l’alimentation électrique.
Transition verte et numérique : les petites entreprises face au coût
Le secteur doit se préparer aux nouvelles exigences environnementales et numériques européennes, notamment celles liées au passeport numérique des produits.
Tarek Belhaj Ali a assuré que la majorité des entreprises structurées étaient préparées et que plusieurs avaient déjà réalisé leur bilan carbone. Certaines modalités restent toutefois à harmoniser, notamment au niveau européen.
La transition représente surtout un coût important pour les petites et très petites entreprises. Elle nécessite des ressources humaines, l’acquisition de logiciels et différentes démarches et procédures.
La Fédération a ainsi présenté, dans le cadre de ses propositions pour la Loi de finances 2027, des mesures concernant notamment les énergies renouvelables, l’empreinte carbone et l’économie circulaire. L’objectif est de permettre aux entreprises d’investir une partie de leurs bénéfices dans ces domaines tout en bénéficiant d’incitations.
Tarek Belhaj Ali a également évoqué le coût du financement, affirmant que le coût des crédits pouvait atteindre 16%, constituant un frein supplémentaire à l’investissement des entreprises.
La main-d’œuvre tunisienne attirée par le Canada et l’Égypte
Autre difficulté soulevée : le manque de main-d’œuvre. Le secteur fait face à la fois à une désaffection d’une partie des jeunes et au départ de travailleurs qualifiés vers l’étranger.
Le responsable a notamment cité le Canada, mais aussi l’Égypte, pourtant concurrente dans l’industrie textile. Les entreprises égyptiennes proposent, d’après ses explications, des avantages et des rémunérations susceptibles d’attirer les compétences tunisiennes.
La Fédération travaille ainsi sur l’attractivité du secteur et sur une meilleure adéquation entre la formation professionnelle, les cursus académiques et les besoins réels des entreprises. Une question devenue d’autant plus pressante que les industriels doivent simultanément rattraper les pertes de production de l’été, investir dans leur transition énergétique et environnementale et préserver leur position sur leurs principaux marchés européens.
M.B.Z










