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UGTT : le syndicat prépare une marche nationale en octobre

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Par Sarra Hlaoui

    Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Salaheddine Selmi, a appelé dimanche 27 septembre 2026 à l’unité des structures syndicales et à la mobilisation en prévision des prochaines échéances de l’organisation. S’exprimant à l’ouverture de la réunion régionale des bureaux exécutifs élargis des régions de Béja, Jendouba, Le Kef, Siliana et Zaghouan, il a notamment annoncé une nouvelle étape dans la mobilisation avec la préparation d’une marche nationale en octobre.

    L’UGTT dénonce la fermeture du dialogue

    Salah Eddine Selmi a estimé que la situation actuelle du pays nécessite la reprise d’un « véritable dialogue » autour des dossiers nationaux, sociaux, économiques, des droits et des libertés.

    Selon lui, les portes du dialogue seraient toutefois fermées, ce qui aurait conduit plusieurs organisations à mettre en place un cadre de coordination. Le responsable syndical a affirmé que cette initiative vise, selon l’UGTT, à défendre le dialogue, les acquis sociaux et les droits, dans un contexte qu’il a qualifié de difficile.

    Le secrétaire général a également salué l’adhésion de plusieurs composantes de la société civile à cette démarche. Une réunion est prévue mardi 29 septembre entre les organisations et associations ayant rejoint le cadre de coordination afin notamment de préparer l’annonce d’une marche nationale prévue en octobre.

    Vers une mobilisation nationale

    Pour Salaheddine Selmi, la période actuelle impose « l’unité et le resserrement des rangs » au sein de l’UGTT. Il a appelé les différentes structures syndicales à harmoniser leur discours et à multiplier les réunions générales et les rencontres avec les travailleurs.

    Le responsable syndical a assuré que l’UGTT « ne vit pas une crise », estimant que c’est plutôt le pays qui traverse une crise en raison, selon lui, de l’absence de dialogue et de solutions aux difficultés actuelles.

    Il a également appelé les syndicalistes à contribuer à la réussite de la future marche, présentée comme une mobilisation en faveur des droits et libertés, de la liberté syndicale et du droit de manifester.

    Pouvoir d’achat et services publics au cœur des revendications

    Sur le volet social, Salah Eddine Selmi a mis en avant la dégradation, selon lui, des services publics et les difficultés auxquelles sont confrontés quotidiennement les Tunisiens.

    Il a notamment cité l’éducation, la santé et le transport publics, ainsi que la hausse des prix et l’érosion du pouvoir d’achat.

    Le secrétaire général de l’UGTT a par ailleurs renouvelé l’opposition de l’organisation à la cession des entreprises publiques. Il a appelé à leur réforme et à leur restructuration, tout en affirmant que la situation actuelle nécessite de « sauver » ces entreprises et de préserver le rôle social de l’État.

    Le FMI au centre des critiques

    Salaheddine Selmi a également dénoncé ce qu’il présente comme la mise en œuvre de choix inspirés des orientations du Fonds monétaire international, notamment en matière de réduction des subventions et des services sociaux.

    L’UGTT maintient ainsi sa position contre la cession des entreprises publiques et plaide pour leur réforme, tout en appelant, selon le responsable syndical, à préserver les services publics et le rôle social de l’État.

    Ces critiques interviennent alors que l’UGTT avait déjà annoncé la poursuite d’une stratégie de mobilisation graduelle. Une précédente réunion régionale tenue à Mahdia avait également été l’occasion pour Selmi d’évoquer une marche nationale comme première étape, suivie de « pas militants » progressifs pouvant aller jusqu’à une grève générale, dont la date devait être fixée ultérieurement.

    « Jusqu’à la grève générale »

    Dans son intervention de dimanche, Salaheddine Selmi a rappelé que plusieurs secteurs avaient récemment mené des mouvements de protestation, citant notamment les banques, le transport, les mines et le transport des hydrocarbures.

    Il a appelé les syndicalistes à poursuivre le travail de mobilisation et à maintenir un discours unifié, estimant que les précédentes actions avaient démontré, selon lui, la capacité de l’organisation à mobiliser ses bases.

    La prochaine étape sera donc la réunion du 29 septembre avec les associations et organisations engagées dans le cadre de coordination, avant la préparation de la marche nationale annoncée pour octobre.

    Salah Eddine Selmi a enfin évoqué une perspective plus large : celle d’une mobilisation pouvant se poursuivre jusqu’à une grève générale, dont le déclenchement interviendrait, selon ses déclarations, « au moment opportun ».

    S.H

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