La Cour d’appel de Médenine a condamné, lundi 28 septembre 2026, le militant des droits humains et président de l’association « Enfants de la Lune », Abdallah Saïd, à deux ans de prison, portant ainsi à deux ans la peine prononcée à son encontre en appel. Détenu depuis novembre 2024, l’intéressé devrait toutefois être libéré dans quelques semaines, compte tenu de la durée déjà passée en détention.
En première instance, le tribunal de Médenine l’avait condamné, le 21 avril 2026, à un an de prison. Le ministère public avait immédiatement interjeté appel de cette décision.
Une détention de près de deux ans
Le dossier a connu plusieurs évolutions au cours de la procédure. Initialement orienté vers le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, il en a été dessaisi après que cette juridiction a conclu à l’absence de dimension terroriste. Les accusations d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État et de blanchiment d’argent ont également été classées à la clôture de l’enquête.
Le dossier s’est finalement recentré sur une accusation à caractère financier. La défense d’Abdallah Saïd avait contesté que cette accusation puisse justifier la prolongation de sa détention.
Lors de la première audience, en février 2026, le tribunal avait reporté l’examen de l’affaire au 21 avril et rejeté la demande de remise en liberté du prévenu. Le jugement rendu en avril avait ensuite fait l’objet d’un appel du ministère public.
Dans un communiqué publié après le verdict de la Cour d’appel, la campagne contre la criminalisation de l’action civile estime que, malgré « la gravité de l’injustice » subie par Abdallah Saïd, sa détermination, celle de sa famille et les efforts de son équipe de défense permettent désormais de fixer « dans quelques semaines » l’échéance de cette affaire.
La campagne rapporte également qu’Abdallah Saïd a réaffirmé sa fierté du travail mené par son association depuis sa création auprès des « enfants de la lune », ainsi qu’auprès de différentes catégories vulnérables.
Il a notamment exprimé son regret face à la situation d’enfants de cette catégorie qui, selon lui, sont déscolarisés depuis deux ans en raison des conséquences de l’affaire visant l’association. Il a également réaffirmé son attachement à son action humanitaire et assuré que celle-ci respecte les procédures financières et administratives en vigueur.
Le collectif contre la criminalisation de l’action humanitaire avait déjà dénoncé, fin janvier 2026, cette « privation de liberté arbitraire ». Plusieurs organisations de la société civile et de défense des droits humains ont également apporté leur soutien à Abdallah Saïd au cours de sa détention.
La campagne adresse par ailleurs un message de soutien à la militante Saadia Mosbah, également détenue, affirmant qu’elle ne sera pas abandonnée.
R.B.H











