Afin de mieux protéger les élèves et de limiter leur exposition aux risques liés à leur environnement immédiat, le ministère de l’Éducation a décidé de renforcer l’encadrement des enfants durant les heures creuses et les périodes d’absence des enseignants. Désormais, les élèves devront rester au sein de leur établissement pendant les horaires prévus dans leur emploi du temps.
Intervenant sur les ondes de Jawhara FM lundi 28 septembre 2026, Nadia Ayari, directrice générale de l’enseignement primaire au ministère de l’Éducation, a expliqué qu’une note avait été adressée récemment aux directeurs des établissements scolaires. Celle-ci porte notamment sur l’organisation du travail et la sécurisation des espaces scolaires, avec des consignes relatives à l’ouverture et à la fermeture des portes ainsi qu’au contrôle des accès par les agents de surveillance.
La note insiste surtout sur un point : un élève ne doit pas quitter l’établissement pendant les horaires inscrits à son emploi du temps, quelle qu’en soit la raison.
Concrètement, lorsqu’un enseignant est absent, les élèves ne seront plus systématiquement renvoyés chez eux ou invités à patienter à l’extérieur de l’établissement. Ils devront rester dans l’enceinte scolaire, et y compris pendant les heures creuses.
Cette nouvelle orientation répond aussi à une préoccupation sécuritaire croissante autour de certains établissements scolaires. Les abords des écoles peuvent exposer les élèves à différentes formes de violence et de délinquance, notamment aux agressions, aux rackets et à la consommation ou à la vente de stupéfiants. Le risque est d’autant plus préoccupant pour les enfants contraints d’attendre plusieurs heures à l’extérieur de leur établissement.
Nadia Ayari a ainsi rappelé que les élèves ne devraient pas se retrouver livrés à eux-mêmes dans le voisinage de leur école, particulièrement lorsque l’éloignement du domicile ne leur permet pas de rentrer chez eux entre deux cours.
Le principe retenu est donc de faire de l’établissement scolaire un espace d’accueil durant ces périodes, plutôt que de laisser les élèves patienter dans la rue ou aux abords de l’école.
Pour mettre en œuvre cette mesure, le ministère entend s’appuyer sur les nombreux espaces disponibles au sein des établissements. Nadia Ayari a notamment affirmé que près de 6 178 établissements scolaires, disposant notamment de salles de sport, de salles d’étude et de révision, de bibliothèques, de salles polyvalentes et d’espaces verts.
L’objectif est de ne pas réduire ces heures à une simple surveillance des élèves, mais de les transformer progressivement en temps utile, à travers des activités éducatives, culturelles, sportives, artistiques, environnementales ou encore liées au numérique.
La responsable du ministère a reconnu toutefois que l’Éducation nationale ne pourrait, à elle seule, prendre en charge l’ensemble de cette problématique. La question de la sécurité des élèves dépasse en effet le cadre strict de l’établissement scolaire et nécessite l’implication de plusieurs structures de l’État.
Dans cette perspective, une rencontre nationale a été organisée afin de préparer un programme exécutif commun destiné à lutter contre les phénomènes et comportements à risque auxquels les enfants peuvent être exposés.
Selon Nadia Ayari, onze ministères sont associés à cette démarche, parmi lesquels les départements chargés de la Famille, des Technologies et de l’Environnement. L’idée est d’ouvrir davantage les établissements scolaires à des intervenants spécialisés, notamment des animateurs relevant des structures culturelles et de jeunesse, afin de proposer des activités durant les temps libres.
Cette approche concernera l’ensemble des niveaux d’enseignement, du primaire au secondaire.
Chaque établissement devra, par ailleurs, élaborer un programme adapté à ses propres besoins et à ses espaces disponibles, avec l’appui du ministère et des différents partenaires concernés.
La mesure s’appliquera notamment aux élèves dont l’emploi du temps comporte une longue interruption entre deux cours. Un enfant qui termine sa matinée à midi et reprend les cours deux heures plus tard pourra rentrer déjeuner chez lui s’il en a la possibilité. Mais pour ceux qui résident loin ou qui ne peuvent regagner leur domicile, l’établissement devra pouvoir constituer un espace d’accueil. La même logique sera appliquée en cas d’absence imprévue d’un enseignant.
N.J










