C’est aujourd’hui, jeudi 1er octobre 2026, que le dispositif des crédits d’honneur entre dans sa phase opérationnelle. Les banques concernées commencent à recevoir les demandes, exclusivement à travers des plateformes numériques dédiées. Aucun dépôt de dossier au guichet ne sera accepté dans le cadre de cette nouvelle procédure.
Prévu par le décret n°2026-148 du 23 juillet 2026 et encadré par une circulaire de la Banque centrale de Tunisie (BCT) publiée le 1er septembre, le dispositif permet l’octroi de financements sans intérêts et sans garanties, pour des montants allant jusqu’à 25.000 dinars selon le profil du demandeur.
Pour bénéficier du dispositif, les demandeurs doivent se rendre sur la plateforme mise en place par leur banque et y enregistrer leur dossier. Les personnes ayant déjà déposé une demande directement auprès d’une agence avant le 1er octobre doivent effectuer à nouveau la démarche en ligne.
Chaque banque a par ailleurs mis à la disposition de ses clients la liste des documents et justificatifs nécessaires à la constitution du dossier. Ces pièces peuvent différer d’un établissement bancaire à l’autre. Les demandeurs sont donc invités à consulter les plateformes et les communications officielles de leur banque afin de prendre connaissance des documents exigés avant de déposer leur demande.
La date et l’heure d’enregistrement seront automatiquement consignées par la plateforme. Cet horodatage permettra d’établir l’ordre de traitement des demandes. Il ne constitue toutefois pas, à lui seul, une garantie d’obtention du financement.
Les futurs demandeurs sont par ailleurs appelés à la vigilance face aux éventuelles tentatives d’escroquerie. Avec l’ouverture des plateformes, des liens frauduleux pourraient circuler sur les réseaux sociaux. Il est donc recommandé de passer exclusivement par les sites officiels des banques ou leurs pages officielles vérifiées.
Le décret fixe trois plafonds de financement :
- 5 000 dinars pour les particuliers, destinés au financement de besoins de consommation ;
- 10 000 dinars pour les porteurs de microprojets ;
- 25 000 dinars pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les sociétés communautaires.
Est considéré comme microprojet tout projet dont l’investissement cumulé ne dépasse pas 150 000 dinars, y compris le fonds de roulement. Les PME sont, quant à elles, celles dont le volume d’investissement, à la création ou à l’extension, se situe entre 150 000 dinars et 15 millions de dinars.
Les financements sont accordés à court terme, pour une durée maximale de deux ans, sans intérêts, avec la possibilité de bénéficier d’une période de grâce pouvant atteindre six mois. Les banques ne peuvent exiger de garanties ou de sûretés pour ces financements.
L’absence de garanties ne signifie toutefois pas que l’argent sera accordé automatiquement.
La banque doit toujours vérifier la capacité du demandeur à rembourser son crédit. Elle peut notamment examiner ses revenus, ses engagements financiers existants et les prélèvements auxquels il est déjà soumis.
Ainsi, un particulier remplissant les conditions générales du dispositif peut déposer une demande de 5 000 dinars, mais cela ne lui donne pas automatiquement droit à ce montant.
La capacité de remboursement demeure un élément central de l’examen du dossier. La banque doit statuer dans un délai maximal de dix jours ouvrables bancaires à compter du dépôt de la demande.
Autre paramètre à prendre en compte : les ressources consacrées au dispositif ne sont pas illimitées.
Les banques concernées doivent affecter au moins 8% de leurs bénéfices réalisés au titre de l’exercice 2025 à cette ligne de financement. Les établissements n’ayant pas réalisé de bénéfices en 2025 ne disposent donc pas, au titre de cet exercice, d’une enveloppe issue de cette règle.
Par ailleurs, au moins 50% des ressources doivent être consacrées aux PME et aux sociétés communautaires, ce qui limite mécaniquement la part disponible pour les particuliers et les microprojets.
L’ordre chronologique des demandes pourra ainsi compter lorsque plusieurs dossiers remplissant les conditions seront en concurrence pour une enveloppe limitée. Il ne remplacera toutefois jamais l’examen de la solvabilité du demandeur.
N.J










