Entre face-à-face avec les forces de l’ordre, grilles d’entrée léchées par les flammes ou poubelles incendiées, les tensions perduraient vendredi aux abords d’établissements scolaires où les lycéens restaient mobilisés pour demander davantage de moyens.
Dans la capitale française, le feu a endommagé les entrées de deux lycées, a constaté vendredi matin 2 octobre 2026 un photographe de l’AFP.
Dans le sud-est de Paris, dans le XIIIe arrondissement, l’entrée du lycée professionnel Gaston-Bachelard a été noircie par les flammes après qu’un feu de vélo et de poubelles s’est propagé aux grilles de l’établissement, a indiqué la préfecture de police.
Les portes d’entrée et les marches menant au lycée ont été endommagées, et quelques vitres ont été cassées par l’incendie, selon un photographe de l’AFP.
La brigade de sapeurs-pompiers de Paris est par ailleurs intervenue au lycée Léonard-de-Vinci, dans le XVe arrondissement (sud de la capitale), pour éteindre les flammes au pied de la grille d’entrée.
À la mi-journée, c’est une barricade de poubelles qui brûlait place de la Nation, et les forces de l’ordre faisaient usage de gaz lacrymogènes contre des manifestants.
Au même moment, le ministère de l’Éducation nationale faisait état de 564 établissements ayant « fait ou font l’objet d’actions ou de perturbations depuis le début de la journée ».
Depuis le début du mouvement, « on a eu 65 personnels blessés, 40 proviseurs parmi eux. Quarante, quand même », a déclaré le ministre, Édouard Geffray, sur BFMTV, sans entrer dans le détail des blessures.
À Lyon et dans sa métropole, la préfecture a indiqué que onze établissements avaient été « impactés » en matinée « avec des actes isolés, incendies de poubelles, tirs de mortiers », concernant précisément huit lycées, deux collèges et l’université Lyon 3.
Les lycéens réclament davantage de moyens humains et matériels pour leurs établissements, dénonçant l’insalubrité des bâtiments, des classes surchargées et un manque de personnel. Les étudiants ont rejoint le mouvement, qui s’est durci dans de nombreuses villes de France et a été émaillé d’incidents.
Policiers agressés
Jeudi, 900 actions avaient été dénombrées devant des lycées et quelque 1.950 personnes avaient été interpellées, tous les départements étant désormais concernés, selon une source sécuritaire.
C’est notamment le hall d’entrée du lycée Nelson-Mandela, dans le centre de Nantes, qui a été détruit par un incendie alors que des lycées étaient bloqués un peu partout en France, de Marseille à Strasbourg.
Vendredi, un policier a été « volontairement ciblé », selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. « Il a été hospitalisé après avoir perdu connaissance », a écrit le ministre sur X, ajoutant qu’une « enquête a été ouverte par le procureur de Belfort pour tentative d’homicide volontaire ».
Le policier était en civil et a été frappé au sol, indique une source policière.
Par ailleurs, le parquet de Paris a indiqué vendredi avoir ouvert une enquête après « la diffusion sur les réseaux sociaux d’images d’une policière agressée en marge des blocus des lycées ».
« Une jeune lieutenant stagiaire de la préfecture de police a été poursuivie, projetée au sol et agressée par plusieurs individus dans le 20e arrondissement de Paris », avait déploré M. Nuñez dans un message sur X jeudi.
Il avait promis de « retrouver et poursuivre en justice » les auteurs de cette agression et évoqué quelque 300 policiers et gendarmes « blessés en intervention » jeudi.
La CGT a dénoncé vendredi une « répression » d’une « ampleur sans précédent », appelant, dans un communiqué, « le gouvernement à y mettre un terme immédiat ».
Le syndicat a indiqué avoir « saisi, avec la Ligue des droits de l’Homme et la FCPE, le Défenseur des droits pour l’alerter sur cette violente répression ».
Jeudi, cette autorité administrative indépendante avait indiqué à l’AFP s’être saisie après qu’un mineur a été blessé lundi lors du mouvement de blocage des lycéens à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), des faits sur lesquels enquête l’IGPN, la « police des polices ».
© Agence France-Presse











Commentaire
Gg
Beaucoup de casseurs « professionnels » parmi les violents.
On les reconnaît bien, la plupart sont vêtus de noir et portent cagoule. Rien à voir avec les lycéens!
Certains partis qui font du chaos leur stratégie se désolidarisent, mais ils sont dépassés.
Cela pose la question de savoir ce que foutent les services de renseignement…
Le contraste est violent entres ces gens, et les foules qui ont accompagné le pape Leon durant sa visite. Plus de 2 millions de personnes au total, et pas une vitre brisée, pas une poubelle ou voiture brûlée, ce fut un grand moment de fraternité et d’amour!