Tous les projecteurs au Brésil sont braqués sur la présidentielle, mais les électeurs vont également choisir dimanche 4 octobre 2026 leurs parlementaires, qui pourraient avoir entre leurs mains le sort de l’ex-président Jair Bolsonaro, actuellement assigné à résidence.
Plus de 158 millions de Brésiliens devront taper six codes de deux à cinq chiffres sur l’urne électronique pour élire le président, le gouverneur de leur État, deux sénateurs, un député fédéral et un député régional.
La présidentielle, qui s’annonce très serrée, a pour favoris le sortant de gauche Luiz Inácio Lula da Silva et Flavio Bolsonaro, fils aîné de son prédécesseur d’extrême droite.
Mais la capacité du vainqueur à tenir ses promesses de campagne dépendra largement du résultat des législatives. Au niveau national, elles portent sur deux tiers des 81 sièges du Sénat et l’intégralité des 513 sièges de la Chambre des députés.
Le Parlement, actuellement à nette majorité conservatrice, a souvent fait obstacle à Lula durant son troisième mandat, qui a débuté en 2023 et s’achève en fin d’année.
Autre enjeu de taille : le vote des deux chambres est nécessaire à l’approbation d’une amnistie souhaitée par Flavio Bolsonaro en faveur de son père, condamné à 27 ans de réclusion pour tentative de coup d’État contre Lula en 2022.
L’épouse de l’ex-président, Michelle Bolsonaro, est candidate au Sénat. Deux autres de ses fils, Carlos et Jair Renan, briguent des sièges de sénateur et de député, respectivement.
La chambre haute a une importance particulière : toute nomination du président à la Cour suprême est soumise à son approbation, et elle est la seule à pouvoir destituer un juge de la plus haute instance du pays.
Flavio Bolsonaro réclame la destitution d’Alexandre de Moraes, le magistrat qui a conduit le procès ayant abouti à la condamnation de son père.
Interrogé par l’AFP, Alvaro Jorge, professeur de droit à la Fondation Getulio Vargas, rappelle qu’aucun juge de la Cour suprême n’a jamais été destitué dans l’histoire du Brésil, « mais plusieurs sénateurs, notamment de droite, ont indiqué » qu’ils penchaient pour cette solution drastique.
Dimanche, les Brésiliens vont également élire des personnages essentiels de la vie publique : les 27 gouverneurs des différents États et du District fédéral, où se trouve la capitale Brasilia.
Dans l’État de São Paulo (sud-est), le plus riche et le plus peuplé du pays, le bolsonariste Tarcísio de Freitas, très apprécié des milieux d’affaires, est favori à la réélection face à Fernando Haddad, ex-ministre des Finances de Lula.
En revanche, l’État de Rio de Janeiro a de grandes chances de passer au centre-gauche, avec l’ancien maire de Rio, Eduardo Paes, allié de Lula.
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