Abdelhamid Jelassi a décidé d’entamer une grève de la faim ouverte et de refuser également le suivi médical en prison, a annoncé lundi 5 octobre 2026 sa fille Mariem Jelassi, dans une publication sur les réseaux sociaux. La décision a été prise lors d’une visite familiale, alors que le détenu a demandé à ses proches de ne pas lui apporter de « couffin » lors de leur prochaine visite.
Selon sa fille, Abdelhamid Jelassi estime avoir épuisé, après quatre années de détention, les différents moyens de communication et de recours auprès de l’administration pénitentiaire et des autorités. Elle affirme notamment que ses correspondances ne lui parviennent pas et qu’il est privé, depuis plusieurs années, d’informations provenant de l’extérieur.
« La seule chose qui lui reste pour lutter et faire entendre sa voix, c’est sa santé », a-t-elle écrit, précisant que la famille devra désormais attendre la prochaine visite, prévue dans une semaine, pour avoir éventuellement des nouvelles de son état.
Elle ajoute par ailleurs, dans sa publication, qu’elle tient l’administration pénitentiaire, la ministre de la Justice Leïla Jaffel et le président de la République Kaïs Saïed pour responsables de toute éventuelle conséquence sur son état de santé.
Abdelhamid Jelassi est détenu dans le cadre de l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ». Arrêté en février 2023 avec plusieurs autres personnalités politiques, il avait été condamné en première instance à treize ans de prison.
La cour d’appel avait ramené sa peine à dix ans. Cette condamnation est devenue définitive le 3 septembre dernier, après le rejet par la Cour de cassation des pourvois introduits dans cette affaire.
Abdelhamid Jelassi figure parmi les principales personnalités politiques poursuivies dans ce dossier, aux côtés notamment de Khayam Turki, Ridha Belhaj, Ghazi Chaouachi, Jaouhar Ben Mbarek et Issam Chebbi. Les personnes condamnées contestent les accusations portées contre elles et leurs avocats ont dénoncé à plusieurs reprises les conditions du procès et de la procédure.
La grève annoncée par Abdelhamid Jelassi intervient dans un contexte où plusieurs détenus dans cette même affaire ont déjà eu recours à cette forme de protestation.
En février 2024, Abdelhami Jelassi avait notamment participé, avec Khayam Turki, Ridha Belhaj, Ghazi Chaouachi, Jaouhar Ben Mbarek et Issam Chebbi, à une grève de la faim destinée à protester contre leur maintien en détention après une année d’incarcération. Ghazi Chaouachi avait alors dû interrompre son mouvement sur recommandation médicale.
En avril 2025, cinq détenus incarcérés à la Mornaguia, dont Abdelhamid Jelassi, ainsi que Jaouhar Ben Mbarek à la prison de Belli, avaient également observé une grève de la faim dans le contexte du procès.
En novembre 2025, le dirigeant nahdhaoui avait de nouveau entamé une grève de la faim, avec d’autres détenus politiques. Le mouvement avait notamment concerné Jaouhar Ben Mbarek, Issam Chebbi et Ridha Belhaj. L’administration pénitentiaire avait alors contesté certaines informations relatives à la grève et à l’état de santé des détenus.
En décembre 2025, Abdelhamid Jelassi figurait encore parmi les détenus politiques ayant participé à une nouvelle grève collective de la faim, à l’appel de Ayachi Hammami.
La nouvelle mobilisation annoncée par Jelassi intervient ainsi quelques semaines après que la Cour de cassation a définitivement confirmé les condamnations prononcées dans l’affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ».

N.J











Commentaire
Gg
4 années !
C’est de la torture, ni plus ni moins.
Façon Pinochet, Franco…