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PV à distance : la police roule-t-elle plus vite que le Code de la route ?

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Service IA, Business News

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Par Maya Bouallégui

    Des policiers en civil, des infractions photographiées à l’insu des conducteurs et des PV qui arrivent après coup. La nouvelle méthode annoncée par la Police de la circulation promet de compliquer sérieusement la vie des chauffards. L’intention est louable, mais il reste un détail fondamental : que dit la loi ?

    Circuler en voiture dans les grandes villes tunisiennes est devenu un enfer. Pas seulement à cause des embouteillages, lot ordinaire de toutes les grandes métropoles, mais à cause de l’incivisme d’automobilistes de plus en plus nombreux à considérer le Code de la route comme une série de recommandations facultatives.

    Dépassements par la droite, stationnements en double file, téléphone au volant, feux rouges grillés, stops ignorés, sens interdits empruntés pour gagner quelques centaines de mètres… À un carrefour encombré, il suffit parfois qu’un automobiliste décide que la file d’attente ne le concerne pas pour en voir trois autres lui emboîter le pas. On voit même des parents conduire avec un enfant en bas âge assis sur leurs genoux, parfois les mains posées sur le volant.

    Certaines catégories de véhicules sont particulièrement redoutées. Les taxis collectifs peuvent transformer une artère en parcours d’obstacles : vitesse excessive, arrêt soudain pour prendre un client, redémarrage tout aussi brusque, double file ou stationnement là où même l’arrêt est interdit.

    Les transports publics ne donnent pas toujours l’exemple. Sur certaines artères où les contrôles sont rares, il arrive fréquemment de voir des bus de la Transtu griller un feu rouge, comme celui de l’avenue 10 décembre à El Menzah IV. À la rue Tachkent, à Cité Ennasr, on a même pu observer un bus s’engager à vive allure dans un sens interdit. Il faut dire qu’à cet endroit, des automobilistes ont pris eux aussi l’habitude du contresens, manifestement convaincus que le risque d’être contrôlés est faible.

    Il suffit pourtant parfois de quelques uniformes pour changer les comportements. Les feux de la place Pasteur, à Tunis, ont longtemps été allègrement grillés, y compris par des bus de la Transtu. Depuis que des policiers y sont plus régulièrement présents, les infractions ont considérablement diminué. Une chose est certaine : beaucoup de conducteurs tunisiens ont besoin de voir l’uniforme pour respecter la loi. Sa seule présence est fortement dissuasive.

    Encore faudrait-il que la police donne elle-même l’exemple. Il n’est pas rare de voir des patrouilles stationner au milieu d’un rond-point, alors que l’arrêt même y est interdit, avant d’y faire stopper des automobilistes pour les contrôler. Cela concerne aussi bien les patrouilles mobiles que celles de la Police de la circulation, théoriquement la plus à cheval sur le respect du Code de la route.

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