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Djerba dans le viseur : une campagne en ligne mêle Unesco, « sionisme » et attaques contre des Tunisiens juifs

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Par Myriam Ben Zineb

    Une campagne visant Djerba circule depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux, mêlant accusations contre l’Unesco, références au sionisme et attaques visant des Tunisiens de confession juive. Au fil des publications, les accusations ont dépassé la question du patrimoine de l’île pour viser directement des personnes en raison de leur religion ou de leur appartenance à la communauté juive tunisienne.

    Au cœur de cette campagne figure notamment l’inscription de Djerba sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Plusieurs publications présentent cette reconnaissance internationale comme liée au sionisme, allant jusqu’à qualifier l’organisation onusienne de « sioniste » ou de « juive », en raison notamment de la place accordée, dans le patrimoine de l’île, à son histoire et à sa communauté juive.

    Une lecture qui ne correspond pourtant pas aux raisons ayant conduit à l’inscription de Djerba au patrimoine mondial.

    L’île a été inscrite en 2023 en raison de la valeur exceptionnelle de son paysage culturel et de son mode d’occupation du territoire, façonnés au fil des siècles. Le dossier présenté à l’Unesco met notamment en avant un modèle d’organisation spatiale particulier, fondé sur une répartition spécifique des habitations, des espaces agricoles et des lieux de culte.

    Ce patrimoine est le fruit d’une histoire plurielle. Les traces et les lieux liés aux différentes communautés ayant vécu sur l’île, notamment musulmane et juive, en font partie intégrante.

    De l’Unesco aux attaques contre des Tunisiens juifs

    Au fil des publications, la polémique s’est toutefois déplacée du patrimoine de Djerba vers ses habitants.

    Des citoyens tunisiens de confession juive ont ainsi été directement pris pour cible sur les réseaux sociaux, avec des insultes, des accusations de trahison et, dans certains cas, des menaces.

    Elie Trabelsi, membre actif de la communauté tunisienne de confession juive, a dénoncé « le flot considérable d’insultes, d’accusations de trahison, de mensonges et de menaces » visant des habitants de Djerba ainsi que sa propre personne.

    Il a également dénoncé les attaques contre l’Unesco et sa présentation comme une organisation « sioniste », voire « juive ». Pour lui, l’amalgame entre la communauté juive tunisienne, le patrimoine juif de Djerba, l’Unesco et le conflit israélo-palestinien alimente un discours de plus en plus agressif.

    Cette campagne intervient par ailleurs dans un contexte déjà sensible pour l’image de Djerba à l’étranger. Des mises en garde concernant les déplacements sur l’île ont récemment circulé, notamment de la part des autorités américaines. Elie Trabelsi les a qualifiées de « sérieuses et regrettables », estimant qu’elles portent atteinte à l’image internationale de Djerba, tout en saluant le travail des forces de sécurité tunisiennes.

    Le patrimoine de Djerba, objet d’une polémique aux relents identitaires

    L’inscription de Djerba au patrimoine mondial constitue pourtant une reconnaissance internationale de l’histoire et de la singularité de l’île, et non d’une communauté en particulier.

    La présence juive à Djerba constitue une composante ancienne de cette histoire. La communauté juive de l’île, l’une des plus anciennes communautés juives encore présentes dans le monde arabe, est notamment associée à la synagogue de la Ghriba qui constitue l’un des principaux sites religieux et patrimoniaux de l’île.

    Cette histoire plurielle n’efface évidemment ni les réalités politiques actuelles ni les débats liés au conflit israélo-palestinien. Elle ne permet pas davantage d’assimiler automatiquement la communauté juive tunisienne à l’État d’Israël ou au sionisme.

    C’est précisément cet amalgame qui se retrouve aujourd’hui au cœur de plusieurs publications visant Djerba. Des contenus qui partent d’une question liée au patrimoine de l’île en viennent ainsi à désigner des personnes en fonction de leur confession, transformant une polémique autour de l’Unesco en campagne visant directement des citoyens tunisiens.

    Au-delà de la controverse sur l’Unesco, c’est donc la manière dont l’histoire plurielle de Djerba est instrumentalisée sur les réseaux sociaux qui interroge. Une histoire dans laquelle la présence musulmane et la présence juive ne s’excluent pas, mais constituent ensemble une partie du patrimoine de l’île.

    M.B.Z

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    Commentaire

    1. Roberto Di Camerino

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      7 octobre 2026 | 14h36

      L »ATSM a reagi, c’est bien mais oú sont passés le president et ses ministres? Motus et bouche cousue?
      Memmi , Cohen, Bessis, Boublil ,Sebag ,Sasson, Uzan et J’en passe..
      Qui sont ces personnages? Ce sont tous des JUIFS mais aussi des educateurs qui ont formé des generations de Tunisiens , Musulmans, Juifs Chretiens et meme Bouddhites sans faire la difference
      sans demander la confession du pupil.
      Alors un peu de gratitude SVP.

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