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Transition énergétique : Mohamed Salah Ayari appelle à accélérer le passage des ambitions aux projets

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Par Nadya Jennene

    La transition énergétique n’est plus une option pour la Tunisie. Elle est devenue, selon l’expert en fiscalité Mohamed Salah Ayari, une nécessité à la fois économique et environnementale, dans un contexte marqué par le coût élevé de l’énergie et la nécessité de réduire la dépendance aux hydrocarbures.

    Intervenant mercredi 7 octobre 2026 sur la Radio nationale, Mohamed Salah Ayari est revenu sur les perspectives de développement des énergies renouvelables en Tunisie, à la lumière notamment de la quatrième édition du Salon international de la transition énergétique qui s’est tenue du 1er au 3 octobre 2026.

    Pour l’expert, cette manifestation a surtout confirmé une réalité : la Tunisie dispose des ressources nécessaires pour accélérer sa transition, mais doit désormais passer à la réalisation concrète des projets.

    Mohamed Salah Ayari a notamment relevé l’évolution de la part des énergies renouvelables dans le mix de production électrique. Selon les chiffres présentés lors du salon par le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, cette part aurait atteint environ 9%, contre près de 4% en 2024.

    Cette progression reste toutefois à mettre en regard des objectifs fixés pour les prochaines années. La Tunisie ambitionne d’augmenter sensiblement la contribution des énergies renouvelables à sa production d’électricité à l’horizon 2030.

    « Il faut un travail important, une grande mobilisation et surtout beaucoup d’audace » pour réaliser les projets nécessaires, a estimé l’expert.

    La Tunisie dispose, selon lui, d’atouts évidents : un ensoleillement important, avec près de 300 jours de soleil par an, ainsi que des zones bénéficiant d’un potentiel éolien intéressant, notamment dans le sud du pays.

    « Nous avons le soleil, le vent et les compétences. Ce qui nous manque, c’est davantage de travail, une exécution rapide et le passage de la théorie à la réalisation », a-t-il résumé.

    Parmi les initiatives évoquées, Mohamed Salah Ayari a insisté sur le programme « Chams », destiné notamment aux petites et moyennes entreprises et soutenu par la Banque africaine de développement.

    L’objectif est de faciliter l’accès des PME à des mécanismes de financement leur permettant d’investir dans l’autoproduction d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque.

    Pour l’expert, cette initiative répond à l’une des principales difficultés rencontrées par les petites entreprises : l’accès au financement. Le développement de l’autoproduction pourrait également leur permettre de mieux maîtriser leurs coûts énergétiques et d’améliorer leur compétitivité.

    Mohamed Salah Ayari a également cité une proposition formulée dans le cadre du salon par le président de la Chambre syndicale nationale du photovoltaïque : le lancement d’un programme national baptisé « citoyenneté énergétique ».

    Cette proposition consiste à équiper, sur cinq ans, un million de familles tunisiennes consommant moins de 100 kWh d’électricité par mois, à raison de 200 000 ménages par an, en panneaux solaires photovoltaïques.

    Selon la proposition présentée, les installations seraient fournies gratuitement aux familles concernées. L’objectif avancé serait notamment de contribuer à réduire la facture énergétique et, à terme, le coût du soutien public à l’énergie.L’expert a également évoqué le projet d’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, estimant qu’il pourrait constituer un élément important du passage à une phase plus concrète de la transition énergétique.

    Ce projet, qui doit relier les réseaux électriques des deux pays, pourrait également favoriser l’arrivée d’investissements dans le secteur, selon Mohamed Salah Ayari.

    Il a par ailleurs cité plusieurs autres chantiers évoqués lors du salon : la modernisation du réseau électrique, le déploiement des compteurs intelligents, l’accélération des projets liés à la mobilité électrique, la mise en place d’un cadre réglementaire pour les stations de recharge des véhicules électriques ainsi que le développement de l’hydrogène vert.

    Sur ce dernier volet, l’expert a insisté sur la nécessité de prendre en compte les besoins liés à la sécurité énergétique, mais également les intérêts de l’agriculture et des autres secteurs consommateurs d’eau et d’énergie.

    Pour Mohamed Salah Ayari, l’accélération de la transition énergétique passe également par une évolution du cadre juridique. Il a ainsi appelé à revoir la législation encadrant la production d’électricité à partir des énergies renouvelables, dont le cadre actuel remonte à 2015.

    Il a plaidé notamment pour une simplification des procédures et une réduction des autorisations nécessaires à la réalisation des projets.

    Selon lui, le remplacement de certaines autorisations par des cahiers des charges n’a pas toujours permis de supprimer les difficultés administratives. Il a appelé donc à aller plus loin dans la simplification afin de faciliter l’investissement dans les énergies renouvelables.

    « Nous devons produire de l’énergie et nous avons toutes les qualifications pour le faire », a-t-il insisté, estimant que la Tunisie pourrait progressivement passer du statut de pays consommateur à celui de producteur, voire d’exportateur d’électricité.

    Autre enjeu évoqué : le stockage de l’électricité produite par les panneaux solaires.

    Mohamed Salah Ayari a souligné que l’installation de panneaux photovoltaïques ne permet pas, à elle seule, de garantir une alimentation électrique en cas de coupure du réseau. Il a ainsi évoqué le recours aux batteries de stockage, dont le coût peut atteindre plusieurs milliers de dinars, afin de conserver l’électricité produite pendant les périodes d’ensoleillement et de l’utiliser lorsque le réseau est interrompu.

    Cette solution pourrait notamment intéresser les entreprises industrielles et agricoles, pour lesquelles les coupures d’électricité peuvent perturber l’activité et affecter les équipements.

    Pour l’expert, le développement combiné du solaire et du stockage permettrait ainsi de renforcer l’autonomie énergétique des entreprises comme des ménages et de limiter les conséquences des interruptions de l’alimentation électrique.

    Mohamed Salah Ayari a enfin insisté sur la nécessité de ne pas rester au stade des annonces et des objectifs. Pour lui, le principal défi de la transition énergétique tunisienne réside désormais dans la capacité à transformer les initiatives annoncées en projets effectivement réalisés.

    N.J

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