Chaque été, le même rituel pour des milliers de Tunisiens établis à l’étranger : préparer le retour au pays, réserver les billets parfois à prix d’or, composer avec les places limitées et les retards, puis tenter de profiter des vacances sans laisser les tracas logistiques prendre le dessus. Une fois repartis, d’autres difficultés les attendent, des démarches consulaires aux obstacles rencontrés par les étudiants et les diplômés tunisiens à l’étranger. Autant de problèmes que la commission parlementaire chargée des relations extérieures a remis sur la table, vendredi 9 octobre 2026, sans encore annoncer de mesures concrètes.
Réunie sous la présidence de Riadh Jaïdane, la Commission des relations extérieures, de la coopération internationale, des Tunisiens à l’étranger et de la migration a consacré une partie de ses travaux à l’évaluation de la saison estivale de retour de la diaspora. À partir d’un document recensant les difficultés rencontrées et les solutions envisageables, les députés ont passé en revue plusieurs des irritants qui compliquent les déplacements et les relations avec les services tunisiens.
Le retour au pays, à quel prix ?
Premier problème soulevé : le coût des déplacements. Les prix des billets de transport terrestre et maritime, la disponibilité limitée des places pendant les périodes de forte affluence, les retards et les conditions d’attente ont été pointés par les membres de la commission. Des difficultés récurrentes qui pèsent sur l’organisation des vacances et peuvent transformer le retour au pays en parcours semé d’embûches.
Parmi les pistes avancées figure la publication anticipée des tarifs et des offres, afin de permettre aux voyageurs de mieux préparer leur budget et leurs déplacements. Les députés ont également insisté sur la nécessité de clarifier les procédures de modification et de remboursement des réservations, deux questions particulièrement sensibles lorsque les plans de voyage changent.
Reste que la réunion n’a débouché sur aucune annonce concernant une baisse des tarifs, une augmentation des capacités de transport ou un dispositif contraignant pour les opérateurs. Pour l’heure, les difficultés sont identifiées et les pistes évoquées, mais leur traduction en mesures effectives reste à venir.
Consulats, étudiants, diplômés : les autres attentes de la diaspora
Les difficultés ne s’arrêtent pas aux frontières. La qualité de l’accueil dans les consulats et les ambassades tunisiens à l’étranger figure également parmi les préoccupations examinées par les députés. Ceux-ci ont plaidé pour l’aménagement et l’entretien des locaux diplomatiques, ainsi que pour une amélioration des services proposés à la communauté tunisienne.
La situation des étudiants tunisiens à l’étranger a aussi été abordée. Les membres de la commission ont appelé à renforcer leur accompagnement et à accélérer les procédures d’obtention des visas d’études, afin de leur permettre de poursuivre leur parcours dans des conditions plus favorables. Un enjeu qui dépasse les formalités administratives, tant les délais et les difficultés de procédure peuvent peser sur la préparation d’une rentrée universitaire ou sur la continuité des études.
Autre dossier soulevé : l’accès à l’emploi des diplômés tunisiens à l’étranger. Les députés ont plaidé pour une meilleure coordination avec les autorités étrangères concernées, dans le but d’alléger les conditions et les procédures de recrutement, de valoriser les compétences tunisiennes et de favoriser leur insertion ainsi que leur stabilité professionnelles.
Derrière ces différents points se dessine une même préoccupation : améliorer les services destinés aux Tunisiens à l’étranger et faciliter leur parcours, qu’il s’agisse de rentrer au pays, d’étudier ou de travailler.
Le vote électronique et un Conseil national toujours attendu
La commission s’est également intéressée à la participation des Tunisiens résidant à l’étranger aux prochaines échéances électorales. Les députés ont souligné la nécessité d’améliorer les mécanismes de vote, notamment en activant le vote électronique.
Si cette piste était concrétisée, elle pourrait contribuer à faciliter la participation électorale des Tunisiens établis hors du pays. Mais le communiqué ne précise ni les modalités envisagées ni le calendrier d’une éventuelle mise en œuvre.
Enfin, les parlementaires ont examiné la proposition de loi visant à modifier la loi n° 68 de 2016 du 3 août 2016 relative à la création du Conseil national des Tunisiens résidant à l’étranger, à ses attributions, à sa composition et à son fonctionnement.
Les membres de la commission ont appelé à accélérer son adoption, estimant que cette instance doit permettre de mieux représenter la diaspora, de consolider ses liens avec la Tunisie et de l’associer davantage à l’élaboration des politiques nationales et aux efforts de développement. L’objectif affiché est aussi de valoriser son rayonnement culturel et civilisationnel.
À l’issue de la réunion, la commission a décidé d’organiser une série d’auditions avec les différentes parties concernées pour approfondir ces dossiers, identifier les difficultés et discuter des solutions possibles.
Les attentes sont désormais posées sur la table. Reste à savoir quand les propositions quitteront les comptes rendus parlementaires pour se traduire en améliorations tangibles dans le quotidien des Tunisiens à l’étranger.










