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La vitesse associée à plus d’un tiers des décès : 111 morts de plus malgré la baisse des accidents en 2026

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Par Sarra Hlaoui

    La baisse du nombre d’accidents de la route ne s’accompagne pas d’une amélioration du bilan humain en Tunisie. Au 9 octobre 2026, l’Observatoire national de la sécurité routière recense 1.059 décès, soit 111 de plus qu’à la même période de 2025. Les statistiques mettent en évidence le poids de la vitesse dans les accidents mortels, tandis que certains gouvernorats affichent une part des décès bien supérieure à leur part des accidents.

    Moins d’accidents, moins de blessés, mais davantage de morts. Le bilan de la sécurité routière en Tunisie continue de présenter une contradiction préoccupante. Selon les données publiées par l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR), 3.742 accidents ont été recensés au 9 octobre 2026, contre 4.275 à la même période de 2025. Dans le même temps, le nombre de décès est passé de 948 à 1.059, tandis que celui des blessés a reculé de 5.658 à 4.839.

    Derrière ces chiffres, deux constats se dégagent : la vitesse occupe une place importante dans les accidents mortels et la répartition des décès sur le territoire tunisien ne suit pas exactement celle des accidents.

    La vitesse associée à plus d’un tiers des décès

    L’inattention arrive en tête des causes recensées par l’ONSR, avec 1.153 accidents, soit 30,81% du total. La vitesse arrive en deuxième position, avec 798 accidents, représentant 21,33% des accidents enregistrés.

    Mais le classement change lorsqu’on examine le nombre de victimes décédées. La vitesse est associée à 384 décès, soit 36,26% du total, contre 197 décès liés à l’inattention, soit 18,60%.

    Le contraste est significatif : la vitesse est associée à un peu plus d’un accident sur cinq, mais à plus d’un tiers des décès recensés. Un constat qui souligne l’importance de la gravité des accidents dans l’analyse de la sécurité routière, au-delà du seul décompte des collisions.

    Kairouan et Médenine : une part des décès supérieure à celle des accidents

    La répartition géographique réserve également quelques enseignements. Le gouvernorat de Tunis concentre le plus grand nombre d’accidents, avec 485 cas, soit 12,96% du total, suivi de la Manouba, avec 310 accidents, et de Nabeul, avec 298.

    Le classement des décès présente toutefois un autre visage. Tunis enregistre 91 morts, mais Kairouan en compte 83 pour 150 accidents. Le gouvernorat représente ainsi 7,84% des décès recensés à l’échelle nationale, alors qu’il concentre 4,01% des accidents.

    Même constat à Médenine, où 73 décès ont été enregistrés pour 173 accidents. Le gouvernorat représente 6,89% des décès, contre 4,62% des accidents. À Mahdia, 72 décès sont recensés pour 170 accidents.

    Ces écarts ne permettent pas, à eux seuls, d’expliquer pourquoi certains territoires affichent un bilan humain plus lourd. Ils montrent néanmoins que le nombre d’accidents ne suffit pas à rendre compte de l’ampleur des pertes humaines et qu’une analyse plus fine de leur gravité serait nécessaire.

    Moins d’accidents ne signifie pas moins de victimes

    Au total, les données de l’ONSR dessinent un bilan préoccupant : malgré le recul du nombre d’accidents et de blessés, la mortalité routière poursuit sa progression. La place de la vitesse dans les décès recensés et les disparités entre gouvernorats invitent à regarder au-delà des chiffres globaux pour mieux comprendre les facteurs qui alourdissent le bilan humain sur les routes tunisiennes.

    S.H

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