La maladie du plomb de l’olivier, favorisée par certaines conditions d’humidité, suscite actuellement des inquiétudes pari les exploitants. Intervenant sur Jawhara FM lundi 12 octobre 2026, le président du Syndicat tunisien des agriculteurs, Dhaoui Midani, a appelé à ne ni minimiser ni exagérer l’ampleur de cette maladie, tout en insistant sur la nécessité d’une mobilisation collective pour en limiter la propagation.
Selon lui, la maladie est présente depuis plusieurs années dans les oliveraies du pays. Sa présence ne se limite pas au gouvernorat de Mahdia, où des cas ont récemment attiré l’attention, mais concerne également d’autres exploitations, quoique de manière moins marquée.
Cette affection fongique causée par Verticillium dahliae, un champignon du sol qui pénètre dans les racines et colonise les vaisseaux conducteurs de l’arbre, perturbe la circulation de l’eau et des éléments nutritifs, entraînant un dépérissement progressif des branches et, dans les cas les plus graves, la mort de l’olivier.
Les symptômes peuvent notamment se traduire par le dessèchement des rameaux et une altération du feuillage, qui prend parfois une teinte grisâtre ou plombée, à l’origine du nom de la maladie.
Dhaoui Midani a souligné que les conditions d’humidité peuvent favoriser l’apparition ou le développement de la maladie dans certaines zones. Il a cité notamment Mahdia et a évoqué également des signalements dans la région de Jebeniana. Toutefois, l’humidité ne suffit pas, à elle seule, à expliquer la répartition de la maladie. La présence du champignon dans le sol, la sensibilité des variétés cultivées et les pratiques agricoles interviennent également dans son développement.
La propagation peut notamment être favorisée par le déplacement de terre contaminée, les eaux d’irrigation et l’utilisation d’outils agricoles souillés. La désinfection du matériel de taille et la limitation du transfert de terre entre les parcelles constituent donc des mesures de prévention importantes.
Face à cette menace, le président du Syndicat tunisien des agriculteurs a insisté sur l’importance de la prévention et de la coordination entre les agriculteurs et les structures d’encadrement agricole. Il a appelé notamment les services concernés à organiser des journées de sensibilisation afin de mieux faire connaître la maladie, ses symptômes et les moyens de limiter sa propagation.
Lorsque les dégâts sont importants, une intervention sévère sur les parties atteintes peut s’avérer nécessaire. Dhaoui Midani a évoqué la possibilité d’une taille drastique dans les cas avancés, afin de supprimer les branches malades et de favoriser la reprise de l’arbre.
Cette intervention doit toutefois être adaptée à la maladie réellement en cause. Dans le cas de la verticilliose, une taille sévère ne garantit pas l’élimination du champignon, qui peut persister dans le sol pendant plusieurs années. Le diagnostic phytosanitaire est donc essentiel avant de décider de l’arrachage ou de la taille des arbres. Le choix du matériel végétal, l’assainissement des outils et la limitation de la dissémination du sol contaminé restent déterminants.
Interrogé sur la chute des olives observée cette saison, Dhaoui Midani a invité également à la prudence. Selon lui, ce phénomène ne doit pas être automatiquement attribué à une maladie. Il pourrait notamment s’expliquer par la faible charge de certains arbres et par les conditions météorologiques.
L’olivier ajuste naturellement sa production en fonction de ses ressources. Lorsque la nouaison est insuffisante ou que les fruits sont peu nombreux, les conditions climatiques peuvent accentuer leur chute. Les précipitations, notamment lorsqu’elles surviennent en abondance, peuvent modifier l’équilibre hydrique et la croissance de l’arbre. Elles ne constituent toutefois pas, à elles seules, une explication systématique de la chute des olives.
Le phénomène peut également résulter d’autres facteurs, notamment d’un déficit hydrique antérieur, de températures défavorables pendant la floraison ou la nouaison, d’un déséquilibre nutritionnel ou de la présence de ravageurs et de maladies. L’identification de la cause nécessite donc d’examiner les conditions propres à chaque parcelle.
Le responsable agricole estime que la récolte de cette saison pourrait enregistrer une baisse de l’ordre de 50%, mettant toutefois en garde contre l’idée selon laquelle une baisse de la récolte tunisienne entraînerait automatiquement une hausse des prix de l’huile d’olive. Il a rappelé que le marché national était lié aux évolutions de la production et de la demande à l’échelle internationale.
Il a évoqué notamment les volumes de production attendus en Espagne, premier producteur mondial d’huile d’olive, ainsi que l’augmentation de la production dans d’autres pays. Ces facteurs peuvent peser sur les cours et limiter les effets d’une baisse de l’offre tunisienne.
N.J










