L’Assemblée des femmes a annoncé, mardi 13 octobre 2026, son soutien à l’initiative de coordination civile et sociale portée par plusieurs associations et organisations nationales. Elle appelle à une participation active à la marche populaire nationale prévue samedi 17 octobre, à partir de 11 heures, au départ de la place Mohamed-Ali, à Tunis.
Une situation sociale et politique préoccupante
Dans un communiqué, l’organisation dresse un constat alarmant de la situation sociale, économique et politique du pays. Elle évoque notamment la hausse du chômage, l’aggravation de la pauvreté, particulièrement chez les femmes, ainsi que la multiplication des atteintes aux droits politiques, civils, économiques, sociaux et environnementaux.
L’Assemblée des femmes dénonce également les violences faites aux femmes, les accidents de transport impliquant des travailleuses agricoles et les poursuites visant des personnes en raison de leurs opinions ou de leurs activités civiles et politiques. Elle souligne, en outre, la progression des violences numériques, particulièrement à l’encontre des militantes féministes et des défenseurs des droits humains.
Le communiqué revient notamment sur la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’images liées à une affaire de viol présumé impliquant une mineure. L’organisation dénonce le cyberharcèlement dont la victime a fait l’objet ainsi que la circulation de photographies de personnes suspectées d’être impliquées, dont plusieurs seraient mineures. Elle estime que ces pratiques portent atteinte à la vie privée et aux droits de l’enfant.
Renforcer la protection des femmes et des enfants
Face à cette situation, l’Assemblée des femmes appelle à renforcer les politiques publiques de prévention et de lutte contre les violences, à créer des centres d’hébergement pour les femmes victimes de violences dans toutes les régions et à consolider les mécanismes de protection des femmes et de leurs enfants.
Elle plaide également pour l’adoption des textes réglementaires nécessaires à la protection des travailleuses agricoles et domestiques, ainsi que pour le renforcement de la couverture sociale des catégories marginalisées.
Le communiqué préconise par ailleurs une réforme des caisses sociales, la modernisation et la numérisation de l’administration afin de lutter contre la corruption et de faciliter l’accès aux services publics, ainsi qu’une meilleure inclusion des personnes en situation de handicap dans l’emploi et les instances de décision.
Dialogue social et défense des libertés
Sur le plan politique, l’organisation estime que l’aggravation des crises économique, sociale et politique exige des efforts collectifs, l’ouverture d’un dialogue social et la garantie des libertés d’expression, d’association, d’activité syndicale et politique. Elle considère que la concentration du pouvoir et la restriction des libertés risquent d’accentuer les tensions sociales.
L’Assemblée des femmes, qui indique regrouper plus de 70 associations tunisiennes actives dans le domaine des droits humains des femmes, présente la création d’un cadre de coordination civile et sociale comme une initiative destinée à renforcer le rôle de la société civile et à favoriser une mobilisation collective.
Elle appelle ainsi les associations membres de cette initiative, ainsi que l’ensemble des Tunisiennes et des Tunisiens, à participer à la marche nationale du 17 octobre, prévue à partir de 11 heures au départ de la place Mohamed Ali, à Tunis.
S.H












