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Cliniques privées : derrière le succès, le spectre de la faillite

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Service IA, Business News

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Par Maya Bouallégui

    Elles accueillent chaque jour des patients tunisiens et étrangers, offrent des prestations qui contrastent avec les difficultés des hôpitaux publics et bénéficient d’une réputation qui dépasse largement les frontières. Pourtant, derrière les chambres individuelles, les équipements modernes et les halls d’accueil soignés, les cliniques privées tunisiennes traversent une crise financière préoccupante. Huit mois d’impayés de la Cnam, pressions de la CNSS, des créances libyennes qui remontent à 2016, des fournisseurs qui réclament leur argent et des salaires devenus difficiles à honorer. Comment un secteur aussi sollicité peut-il se retrouver menacé dans son existence même ?

    Il suffit d’avoir fréquenté un hôpital public tunisien pour comprendre pourquoi tant de patients préfèrent se tourner vers les cliniques privées dès lors qu’ils en ont les moyens.

    Dans les établissements publics, les salles d’attente débordent, les consultations se font souvent après plusieurs heures de patience et l’obtention d’un rendez-vous pour certains examens se calcule parfois en semaines.

    Le problème n’est pas nécessairement celui de la compétence médicale. Les médecins tunisiens bénéficient d’une excellente réputation, qu’ils exercent dans le secteur public ou dans le privé. Ce qui fait la différence, c’est surtout l’environnement dans lequel les soins sont dispensés.

    D’un côté, des chambres collectives parfois surchargées, des sanitaires partagés et des familles contraintes de composer avec les insuffisances matérielles de l’hôpital. De l’autre, des chambres individuelles, une salle d’eau privative, un téléviseur, la possibilité de garder un accompagnant pour la nuit et un personnel disponible pour répondre aux moindres besoins du malade.

    La différence se mesure également dans l’accès aux prestations. Dans certaines structures publiques, il arrive que les familles soient sollicitées pour acheter des médicaments indisponibles dans les pharmacies hospitalières. Les délais pour effectuer des analyses ou obtenir un scanner et une IRM peuvent être particulièrement longs.

    Dans les cliniques privées bien équipées, ces prestations sont généralement accessibles instantanément.

    Ce confort a évidemment un prix. Mais pour une famille confrontée à une maladie ou à une intervention chirurgicale, la rapidité et les conditions d’hospitalisation peuvent peser davantage que le coût. Certains patients vont jusqu’à emprunter pour financer leur prise en charge.

    Il arrive même que le recours au privé ne soit plus une question de préférence. Dans certaines situations d’urgence, notamment lorsqu’un patient doit être admis en réanimation, les familles se heurtent à l’absence de lits disponibles dans les hôpitaux publics sollicités. Elles doivent alors chercher une place dans une clinique, parfois dans la précipitation et sans avoir les moyens financiers de l’assumer. Dans ces circonstances, il n’est plus question de confort ni de choix : il faut trouver un lit pour sauver une vie.

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