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Marche du 17 octobre : Badr Eddine Gharsellaoui accuse l’UGTT et l’opposition de vouloir semer le trouble

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Par Sarra Hlaoui

    Le secrétaire général du parti Al Massar, Badr Eddine Gharsellaoui, a vivement attaqué, mercredi 14 octobre 2026, les initiateurs de la marche prévue le 17 octobre, les accusant de chercher à « déstabiliser le pays » et d’agir « sous l’influence de parties étrangères ». Dans une intervention publiée sur la page Facebook officielle de son parti, il a également dénoncé une prétendue « instrumentalisation des revendications sociales et professionnelles à des fins politiques », sans apporter d’éléments permettant d’étayer ses accusations.

    Tout en reconnaissant le bien-fondé des revendications des diplômés chômeurs et des jeunes médecins, Badr Eddine Gharsellaoui a accusé des acteurs politiques et des organisations, dont le secrétaire général de l’UGTT, Slaheddine Selmi, d’exploiter la détresse des populations les plus démunies et marginalisées pour mobiliser la rue contre le pouvoir. Selon lui, ces acteurs profiteraient de leur vulnérabilité en leur faisant miroiter des solutions à leurs problèmes afin de les rallier à leurs mobilisations et de servir leurs propres intérêts.

    Le partisan du président a pourtant lui-même appelé Kaïs Saïed, et le gouvernement à intervenir rapidement pour répondre à ces demandes. Concernant les diplômés chômeurs, il a reproché aux autorités de ne pas avoir réglé une situation qui perdure depuis des années, malgré les engagements pris. Il a également dénoncé les conditions de rémunération des médecins et mis en garde contre le départ de compétences tunisiennes à l’étranger.

    Reste une contradiction dans son argumentaire : reconnaître la légitimité de revendications sociales et reprocher simultanément à ceux qui les relaient de les instrumentaliser revient à mettre en cause les motivations des mobilisations sans répondre à la question centrale, celle de la responsabilité des autorités dans la persistance des problèmes dénoncés.

    Des accusations contre l’opposition, sans éléments à l’appui

    Le secrétaire général d’Al Massar a ensuite élargi ses critiques aux partis d’opposition et à plusieurs organisations, qu’il accuse de « récupérer les revendications sociales pour servir leurs propres objectifs politiques ». Il a également contesté la présentation de certaines mobilisations comme étant exclusivement motivées par des préoccupations sociales ou par la solidarité avec la Palestine.

    Évoquant la cause palestinienne et la situation à Gaza, Badr Eddine Gharsellaoui a rejeté les critiques adressées à Kaïs Saïed sur ce dossier. Il a soutenu que la position du président tunisien à l’égard de la Palestine expliquerait, selon lui, une partie des pressions étrangères exercées sur la Tunisie.

    Le responsable a également défendu le processus engagé depuis le 25 juillet 2021, estimant qu’un retour à l’ancien système politique ferait resurgir les conflits et les blocages institutionnels qu’il lui attribue. Il a ainsi opposé la légitimité du processus présidentiel aux mobilisations qu’il présente comme suspectes, sans que cette défense du pouvoir ne réponde, en elle-même, aux griefs sociaux soulevés.

    Les revendications reconnues, mais les mobilisations mises en cause

    Dans la dernière partie de son intervention, Badr Eddine Gharsellaoui a évoqué plusieurs difficultés sociales : la hausse du coût de la vie, le manque de perspectives pour les jeunes, la consommation de drogues, les difficultés des familles et la dégradation du système éducatif.

    Il a reproché aux acteurs politiques de ne pas accorder suffisamment d’attention à ces préoccupations, tout en appelant les autorités à agir pour éviter que le mécontentement social ne se transforme en facteur de tensions politiques.

    Mais son intervention met surtout en évidence un décalage : alors qu’il reconnaît l’accumulation de difficultés sociales et l’insuffisance des réponses apportées à certaines catégories professionnelles, il consacre une part importante de son argumentaire à mettre en doute les intentions des organisateurs de la marche du 17 octobre. En imputant à ces derniers des objectifs de déstabilisation et une influence étrangère sans étayer ces affirmations, il substitue le procès des intentions au débat sur les revendications.

    S.H

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