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Le SNJT réclame la libération de Zied El-Heni et dénonce les poursuites contre les journalistes

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Par Nadya Jennene

    Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a renouvelé son appel à la libération du journaliste Zied El-Heni, qui devait comparaître, vendredi 16 octobre 2026, devant la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme du Tribunal de première instance de Tunis, dans le cadre de l’affaire dite des « enregistrements audio ». Le syndicat a dénoncé le recours aux poursuites pénales dans des affaires liées à l’exercice du métier de journaliste et a mis en garde contre les atteintes aux garanties légales protégeant la liberté de la presse.

    Dans un communiqué publié à cette occasion, le SNJT a rappelé que Zied El-Heni avait initialement été entendu comme témoin dans cette affaire, portant sur des enregistrements audio liés à l’un de ses contacts journalistiques, avant que les investigations ne conduisent à son inculpation pour des faits à caractère terroriste. Pour le syndicat, cette évolution soulève de sérieuses interrogations quant au respect de la confidentialité des sources et des protections juridiques accordées aux journalistes dans l’exercice de leurs fonctions.

    L’affaire trouve son origine dans des enregistrements attribués à Mondher Ounissi, ancien dirigeant du mouvement Ennahdha, et à la journaliste Chahrazed Akacha. Zied El-Heni avait expliqué avoir cherché à vérifier l’authenticité de ces éléments et à recouper les informations avant leur éventuel traitement journalistique. La procédure a toutefois pris une dimension pénale distincte, avec des accusations relevant du champ antiterroriste.

    Le SNJT a réclamé la libération immédiate de Zied El-Heni, mais également de trois autres journalistes détenus : Mohamed Yousfi, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaïes. Ces derniers font l’objet de procédures judiciaires distinctes. Les situations de Mourad Zeghidi et de Borhen Bsaïes comprennent notamment des condamnations à des peines de prison pour des infractions financières, tandis que Mohamed Yousfi a été placé en détention dans le cadre d’une affaire instruite par le pôle judiciaire économique et financier.

    Le syndicat a réitéré que la multiplication des poursuites et des peines privatives de liberté visant des journalistes et des voix critiques fragilisait davantage l’indépendance des médias. Il a alerté notamment sur le développement de l’autocensure et ses conséquences sur la capacité des journalistes à informer le public, à enquêter et à demander des comptes aux responsables publics.

    Le SNJT a par ailleurs insisté sur la nécessité d’appliquer le décret-loi n° 115 de 2011 relatif à la liberté de la presse, de l’impression et de l’édition aux affaires liées à l’activité journalistique, rejetant ainsi le recours aux dispositions pénales générales ou exceptionnelles d’une manière qui contournerait les garanties prévues par ce cadre spécifique.

    Le syndicat a exigé également la révision des poursuites et des condamnations visant des journalistes pour leurs activités professionnelles ou leurs opinions, dans le respect de la présomption d’innocence, du droit à un procès équitable et du principe de proportionnalité des peines. Il a réclamé, en outre, que les autorités garantissent l’intégrité physique et psychologique de Zied El-Heni en détention ainsi que l’accès aux soins nécessaires.

    Le SNJT a enfin appelé les journalistes, les organisations de défense des droits humains et les composantes de la société civile à renforcer leur mobilisation en faveur des professionnels des médias détenus, réaffirmant que la protection des sources journalistiques et la liberté d’expression constituent des garanties essentielles au fonctionnement d’une presse indépendante et au droit des citoyens d’accéder à une information pluraliste.

    Zied El-Heni devait comparaître devant la cinquième chambre du tribunal de première instance de Tunis, spécialisée dans les affaires de terrorisme. L’examen du dossier a été reporté. 

    La veille, Reporters sans frontières (RSF) a exprimé son inquiétude face à ces poursuites, estimant qu’elles risquaient de porter atteinte au secret des sources journalistiques. L’organisation avait appelé les autorités à garantir cette protection et à acquitter le journaliste.

    N.J

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