La Banque centrale de Tunisie (BCT) a décidé de relever le taux des réserves obligatoires des banques de 1 % à 3 %, une mesure qui entrera en vigueur le 1er novembre 2026. Cette décision vise principalement à réguler les liquidités bancaires et à contenir les pressions inflationnistes, mais pourrait également peser sur la capacité des établissements bancaires à financer l’économie.
C’est ce qu’a expliqué l’analyste économique et financier Bassem Ennaïfer, dans une déclaration accordée à la Tap, samedi 17 octobre 2026.
La mesure, annoncée dans une circulaire de la BCT datée du 9 octobre, concerne les comptes courants et certaines autres sommes dues aux clients des banques.
Vingt millions de dinars supplémentaires immobilisés par milliard de dépôts
Bassem Ennaïfer a rappelé que les réserves obligatoires constituent l’un des instruments de politique monétaire de la Banque centrale, au même titre que le taux directeur. Elles correspondent à une proportion des dépôts collectés par les banques commerciales, que celles-ci doivent obligatoirement immobiliser auprès de la BCT, en contrepartie d’une rémunération limitée.
Concrètement, pour chaque milliard de dinars de dépôts à vue, les banques devront désormais immobiliser 30 millions de dinars, contre dix millions auparavant.
L’analyste a expliqué que cette décision répondait notamment à la nécessité de maîtriser les liquidités, alors que le volume des billets et monnaies en circulation avait atteint près de 29,3 milliards de dinars au 14 octobre 2026.
En immobilisant une part plus importante des ressources bancaires, la BCT entend limiter la capacité des établissements à accorder de nouveaux crédits et, par conséquent, réduire la création monétaire liée au financement bancaire.
Le dispositif constitue également, d’après Bassem Ennaïfer, un mécanisme prudentiel permettant de maintenir une réserve de liquidités auprès de la Banque centrale et de renforcer la stabilité du système financier.
Un risque de renchérissement des ressources et de restriction du crédit
Cette décision pourrait toutefois avoir des répercussions sur les banques et sur le financement de l’économie.
L’analyste a souligné que l’augmentation des sommes immobilisées auprès de la BCT, faiblement rémunérées, entraînerait un coût supplémentaire pour les établissements bancaires.
Le durcissement des conditions de liquidité pourrait également réduire leur capacité à financer les petites et moyennes entreprises ainsi que le tissu économique dans son ensemble.
Bassem Ennaïfer a néanmoins précisé que le relèvement du taux des réserves obligatoires ne concernait pas les comptes d’épargne spéciaux et les autres comptes d’épargne, ni les dépôts à terme, les bons de caisse et certains autres produits financiers.










