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En panne au large, un pêcheur tunisien refuse d’être secouru et laisse les sauveteurs repartir sans lui

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Par Nadya Jennene

    Un patron pêcheur tunisien a refusé à plusieurs reprises d’être évacué malgré une avarie immobilisant son embarcation au large. Alors que les cinq marins qui l’accompagnaient ont accepté d’être secourus, lui a choisi de rester seul à bord, au point de dériver en direction de Malte. Dans une déclaration à Jawhara FM mardi 20 octobre 2026, le député Fadhel Ben Turkia a relaté cette succession d’événements qui a mobilisé les secours tunisiens et italiens pendant plusieurs jours.

    Tout a commencé le jeudi 15 octobre 2026, à 11h30. Un bateau de pêche tunisien a quitté le port avec six personnes à son bord : cinq marins et leur patron. Direction le large, à quelque 60 milles marins des côtes, l’équipage a déployé ses filets, mais la pêche s’est révélée peu fructueuse.

    Le lendemain, vendredi, les marins ont remonté leurs filets et ont changé de zone de pêche. Ils se sont déplacés alors à environ 87 milles marins. Le samedi 17 octobre, vers 11 heures, alors qu’ils s’apprêtaient à rejoindre un autre secteur, une avarie a immobilisé leur embarcation.

    Les tentatives de réparation se sont multiplié, sans succès. Trop éloignés des côtes tunisiennes pour joindre facilement les autorités, les marins ont contacté les garde-côtes italiens, notamment grâce à la proximité de la zone de Mazara del Vallo, située en Sicile.

    Une heure et demie après l’alerte, une première patrouille italienne est arrivée sur les lieux. Mais le sauvetage ne s’est pas déroulé comme prévu. Selon le récit de Fadhel Ben Turkia, les garde-côtes sont restés auprès du bateau pendant la nuit, jusqu’à 8 heures le lendemain matin, et ont maintenu l’éclairage pour prévenir tout risque de collision avec un navire de plus grande taille.

    Le dimanche 18 octobre, une deuxième patrouille a rejoint la première. Les secouristes ont proposé aux six occupants de monter à bord de leur embarcation afin de regagner la terre ferme. Ils ont refusé.

    Face à ce refus, les garde-côtes italiens ont pris contact avec les autorités tunisiennes. Deux petites unités tunisiennes se sont alors dépêchées sur place.

    Les équipes ont tenté de réparer l’avarie pendant environ une heure et demie. Là encore, leurs efforts n’ont pas abouti. À 15 heures, le dimanche, les autorités tunisiennes ont proposé aux marins de monter à bord des unités de secours pour rentrer en Tunisie.

    Cette fois, les cinq marins ont accepté d’être évacués. Mais leur patron, qui serait également associé dans la propriété de l’embarcation, a totalement refusé.

    « Je connais mes intérêts et je sais ce qui est bon pour moi », aurait-il déclaré aux personnes venues lui porter assistance, selon les propos rapportés par Fadhel Ben Turkia.

    Les militaires lui ont alors demandé de signer un engagement attestant qu’il a refusé d’être accompagné et secouru. Malgré les tentatives pour le convaincre, l’homme n’a pas changé d’avis.

    Les deux unités tunisiennes ont essayé ensuite de remorquer le bateau. Mais l’embarcation, difficile à manœuvrer dans les conditions de vent, a résisté aux tentatives de traction. Aucun moyen ne pouvait permettre de la ramener en sécurité.

    La décision a été finalement prise de sauver les cinq marins et de laisser leur patron à bord de son bateau.

    Les secouristes ont regagné la Tunisie avec les cinq hommes aux alentours de minuit, dans la nuit du dimanche au lundi. Leur patron, lui, est resté seul en mer, toujours à bord de son embarcation immobilisée.

    L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais le lundi 19 octobre, la situation a pris une nouvelle tournure.

    Selon le député, le bateau a commencé à se déplacer en direction de Malte. Sa position s’est rapprochée dangereusement de l’archipel, jusqu’à se situer à environ 18 milles marins de ses côtes.

    Pendant ce temps, à Kélibia, des marins ont tenté de trouver une solution. L’un d’eux a indiqué connaître une personne en Italie, dans la région d’Agrigente en Sicile, susceptible de faciliter les démarches auprès des autorités locales.

    Le contact a été établi et une nouvelle piste de sauvetage s’est dessinée. L’idée consistait à solliciter les secours italiens pour qu’ils interviennent directement auprès du bateau et de son unique occupant.

    D’après les informations communiquées à Fadhel Ben Turkia, les démarches nécessitent notamment des autorisations des autorités compétentes italiennes. Des contacts ont également été pris avec les autorités tunisiennes afin de coordonner l’intervention.

    Le député a affirmé qu’il venait d’apprendre, lors de son intervention matinale, que les secours italiens se dirigeaient vers l’embarcation. Il a précisé toutefois que ses informations reposaient sur les échanges qu’il avait eus avec des personnes impliquées dans les démarches.

    Selon l’un de ses interlocuteurs, le bateau se déplacerait désormais à une vitesse relativement satisfaisante en direction de l’Italie, ce qui laisserait penser qu’il est en cours de remorquage.

    N.J

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