Les avocats de Kasserine ont observé, mardi 20 octobre 2026, un rassemblement de protestation devant le Tribunal de première instance de la région pour dénoncer la dégradation des infrastructures judiciaires et le manque de magistrats et de personnel administratif. Ils ont menacé de décréter une grève générale dans l’ensemble des tribunaux du gouvernorat si leurs revendications restaient sans réponse.
Dans une déclaration accordée à Diwan FM, le président de la section régionale de l’Ordre des avocats, Mohsen Saoudi, a pointé la vétusté du bâtiment du Tribunal de première instance, construit dans les années 1960, ainsi que le blocage du projet de pôle judiciaire régional, programmé depuis 2017. Il a également évoqué les retards enregistrés dans la création d’une cour d’appel et d’une direction régionale.
Il a précisé que le ministère de la Justice avait refusé de réceptionner le nouveau siège du tribunal cantonal de Kasserine en raison de sa non-conformité aux normes techniques et de l’inachèvement de l’un de ses étages. À Sbiba, les audiences du tribunal cantonal ont été transférées à Sbeitla en raison du mauvais état de la salle d’audience, accentuant ainsi la pression sur des infrastructures déjà saturées.
Un manque de magistrats qui entrave le fonctionnement des tribunaux
Mohsen Saoudi a également fait état de sept à huit postes de magistrats vacants dans les tribunaux du gouvernorat. Ces vacances concernent notamment deux juges d’instruction, un juge de l’application des peines, un juge des enfants et un premier vice-président du tribunal. Le ministère public souffre également d’un manque d’effectifs.
Le responsable a averti que ce rassemblement constituait une première étape dans un mouvement de protestation susceptible de déboucher sur une grève générale et une manifestation devant le siège du ministère de la Justice à Tunis.
De son côté, le membre du Conseil national de l’Ordre des avocats et président de la section régionale de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme à Kasserine, Imed Hermassi, a estimé que la situation était au bord de la catastrophe. Il a affirmé que la dégradation des infrastructures et le manque de personnel judiciaire et administratif compromettaient les conditions nécessaires à la tenue de procès équitables, faisant peser des risques sur les droits des justiciables et les délais de traitement des affaires.
M.B.Z









