La découverte d’un exemplaire de Mein Kampf, le livre d’Adolf Hitler, au domicile du tireur, aux côtés d’une Bible et d’un Coran, constitue l’un des éléments troublants de l’enquête sur l’attaque meurtrière survenue vendredi 23 octobre 2026 à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Le bilan fait état d’un mort et de cinq blessés, dont une fillette de 12 ans grièvement touchée. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a ouvert une enquête pour assassinat et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec une circonstance aggravante liée à l’appartenance réelle ou supposée des victimes à une race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée.
Le tireur
Le casier judiciaire du tireur, Kévin T., âgé de 39 ans, fait apparaître quatre condamnations antérieures, selon le Parquet national antiterroriste.
D’après une source policière, Kévin T. est fiché dans le Traitement des antécédents judiciaires (TAJ), mais il est inconnu des services du renseignement territorial.
Selon cette même source, il vivait à Plaisir, dans les Yvelines.
Avant d’ouvrir le feu, il avait piégé son appartement à l’aide de bouteilles de gaz et de fils électriques reliés à un minuteur, d’après le PNAT. Dans son véhicule, une Renault Clio, les enquêteurs ont découvert « un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène », a précisé le parquet.
Un exemplaire du livre d’Adolf Hitler, Mein Kampf, a été découvert à son domicile, ainsi qu’une Bible et un Coran, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.
La victime décédée
Pengo Bossio Wangi, espoir du MMA (arts martiaux mixtes), âgé de 26 ans, a été tué par balles à Trappes. Ce jeune Français était d’origine congolaise, selon un employé du club Atch Academy, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, où il s’entraînait plusieurs soirs par semaine.
« C’était un homme bien, gentil, très respectueux, qui faisait partie des nôtres au club. Il était très assidu. C’était un bon combattant, avec des objectifs, des rêves », a expliqué à l’AFP cet employé de 24 ans, sous couvert de l’anonymat.
« Depuis les Yvelines, il se donnait la peine de venir quasiment tous les jours », a souligné le fondateur du club, Stéphane Chaufourier, dit « Atch », l’un des pionniers du MMA en France. « Il avait sept combats amateurs à son actif et se dirigeait vers une carrière professionnelle. Quelqu’un qui s’investit autant dans ce type de sport, c’est très rare », a-t-il salué.
Les blessés
Le maire de La Verrière, Nicolas Dainville, a précisé qu’une fillette de 12 ans figurait parmi les cinq blessés. Elle a été grièvement touchée par huit impacts de balle. « Elle est toujours en urgence absolue », a indiqué le PNAT à l’AFP samedi à la mi-journée.
M. Dainville a également fait état de deux agents d’entretien blessés alors qu’ils nettoyaient une école, les décrivant comme étant « de type africain ».
Le maire de Trappes, Ali Rabeh (Génération.s), a pour sa part indiqué qu’un autre blessé était « d’origine maghrébine ».
Les gardes à vue
Kévin T. a été interpellé à Coignières, dans les Yvelines, vers 10h20 vendredi, puis immédiatement placé en garde à vue. En matière de terrorisme, cette mesure peut durer jusqu’à 96 heures. Elle a été prolongée samedi matin, « après une première audition », selon le PNAT.
Quatre « membres de son entourage familial et amical » ont également été placés en garde à vue, selon le parquet antiterroriste. Parmi eux figurent les parents du tireur, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier.
L’enquête
L’enquête a été ouverte pour « assassinat » et « tentatives d’assassinats » en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits auraient été commis en raison de l’appartenance, réelle ou supposée, des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée.
Une perquisition a été menée au domicile du tireur. Par ailleurs, « une analyse de sang destinée à permettre de déterminer son imprégnation toxicologique est toujours en cours », selon le PNAT.
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