Heure de Tunis :
Light
Dark

PLF 2027 : croissance, inflation, pétrole… les hypothèses retenues par le gouvernement

Article réservé aux abonnés

Écouter cet article

0:00 0:00

Par Imen Nouira

    Les ambitions économiques du gouvernement pour 2027 se heurtent à la réalité des contraintes budgétaires et des incertitudes internationales. Alors que les autorités misent sur une accélération de la croissance et une maîtrise progressive de l’inflation, les hypothèses retenues pour élaborer le budget de l’État témoignent d’un ajustement des perspectives initialement envisagées.

    Les annexes au projet de Loi de finances (PLF) 2027 mettent notamment en évidence un décalage entre les objectifs fixés dans le Plan de développement 2026-2030 et les prévisions désormais retenues. Croissance, prix du pétrole, inflation et taux de change constituent autant de paramètres déterminants pour les équilibres financiers de l’année prochaine.

    Ces ajustements interviennent dans un contexte où l’évolution de l’activité économique nationale reste étroitement liée aux performances des secteurs productifs, tandis que les fluctuations des marchés internationaux continuent de peser sur les charges de l’État. Les projections gouvernementales dessinent ainsi une trajectoire de reprise, mais dont la réalisation demeure tributaire de plusieurs facteurs.

    Des ambitions de croissance revues à la baisse

    Selon le projet de budget économique 2027, le gouvernement table désormais sur une croissance de 3,1% pour l’année prochaine, contre un objectif initial de 3,8% inscrit dans le Plan de développement 2026-2030.

    Cette révision intervient alors que les perspectives pour 2026 ont également été revues à la baisse. La croissance, initialement estimée à 3,3%, devrait finalement s’établir à 2,7%.

    Le document explique ces ajustements par l’évolution des performances des secteurs productifs, les incertitudes entourant l’économie mondiale, les fluctuations des prix de l’énergie et des matières premières ainsi que les répercussions des changements climatiques sur l’activité économique.

    Malgré ces révisions, le gouvernement anticipe une accélération progressive de la croissance au cours des prochaines années. Selon le Cadre budgétaire à moyen terme 2027-2029, celle-ci devrait atteindre 3,6% en 2028, puis 4,2% en 2029.

    Sur le front des prix, l’inflation devrait légèrement ralentir, passant de 5,3% attendus en 2026 à 5,2% en 2027. Les projections tablent sur un maintien de ce taux en 2028, avant un repli à 5% en 2029.

    Les hypothèses gouvernementales reposent également sur une amélioration de l’environnement économique international. La croissance mondiale devrait ainsi passer de 3% en 2026 à 3,4% en 2027, avant de se stabiliser autour de 3,2% en 2028 et 2029.

    Un baril de pétrole retenu à 80 dollars

    Sur le plan énergétique, le gouvernement a retenu un prix moyen du baril de Brent de 80 dollars pour 2027, contre 63,3 dollars dans les hypothèses initiales de la Loi de finances 2026.

    Le rapport sur le projet de budget de l’État pour 2027 indique toutefois que le prix moyen du pétrole pourrait atteindre 90 dollars en 2026, soit un niveau sensiblement supérieur à celui initialement retenu. Cette évolution traduit l’impact des tensions géopolitiques et des perturbations de l’approvisionnement sur les marchés internationaux de l’énergie.

    Pour 2027, les projections reposent également sur une hypothèse de stabilité du taux de change du dinar face aux principales devises étrangères. Ce paramètre revêt une importance particulière pour un pays dont les besoins énergétiques dépendent en partie des importations.

    Les estimations budgétaires prennent, par ailleurs, en considération une augmentation de 2% de la consommation nationale de produits pétroliers et d’électricité.

    Les annexes permettent également de mesurer la sensibilité des dépenses publiques aux fluctuations internationales. Selon le rapport budgétaire, une hausse d’un dollar du prix du baril entraînerait une augmentation de 172 millions de dinars des dépenses de compensation énergétique. Une hausse de 0,01 dinar du taux de change du dollar alourdirait, quant à elle, ces dépenses de 59 millions de dinars.

    Ces estimations illustrent les risques qui entourent les hypothèses retenues pour 2027. Une évolution défavorable des cours internationaux ou du taux de change pourrait ainsi accroître les besoins de financement de l’État, indépendamment des objectifs de maîtrise des dépenses.

    Au-delà des prévisions de croissance et d’inflation, la réalisation des équilibres budgétaires dépendra donc aussi de paramètres extérieurs sur lesquels les autorités tunisiennes disposent d’une marge de manœuvre limitée.

    I.N.

    Subscribe to Our Newsletter

    Keep in touch with our news & offers

    Contenus Sponsorisés

    Répondre

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *