Au moins 31 personnes ont été tuées, mercredi 28 octobre 2026, dans la collision de deux trains à environ 150 kilomètres au sud de Madrid, ont indiqué à l’AFP les autorités régionales. Ce bilan provisoire ferait de l’accident l’une des pires catastrophes ferroviaires survenues en Espagne, après un précédent drame en janvier.
Cet accident meurtrier intervient en pleine campagne pour les élections législatives du 29 novembre, moins d’un an après une collision similaire à Adamuz, en Andalousie, qui avait fait 46 morts et bouleversé toute l’Espagne.
La télévision espagnole diffusait en direct des images des trains accidentés, montrant notamment deux wagons qui auraient déraillé avant de terminer en contrebas du talus. À quelques dizaines de mètres de là, des voyageurs encore sous le choc tiraient leurs valises le long de la route.
Des images aériennes diffusées par le ministère de l’Intérieur montraient les secouristes s’affairant autour des carcasses métalliques enchevêtrées.
Le Premier ministre, Pedro Sánchez, s’est dit « consterné par ce grave accident » sur le réseau social X. Le roi Felipe VI a déploré « une terrible tragédie ».
Selon un porte-parole des services d’urgence espagnols interrogé par l’AFP, la collision s’est produite « à 08h54 » (07h54 GMT) entre « deux trains, l’un de l’opérateur privé Iryo et l’autre de la compagnie nationale Renfe », près de la gare d’Urda, dans la région de Castille-La Manche.
« Au moins 30 personnes » ont péri dans l’accident, selon un nouveau bilan communiqué à l’AFP en fin de matinée par les autorités de la région de Castille-La Manche.
Pas d’information sur l’origine de l’accident
Plusieurs brigades de pompiers, trois hélicoptères et deux unités mobiles de soins intensifs ont été dépêchés sur place, selon les autorités.
La ministre de la Santé, Mónica García, a expliqué à la télévision publique RTVE que la priorité était de « sortir les gens le plus vite possible ».
« Nous n’avons pas d’information » sur la cause de l’accident, a-t-elle ajouté.
La circulation ferroviaire est interrompue sur la ligne reliant Madrid à l’Andalousie, dans le sud de l’Espagne, a indiqué sur X ADIF, l’entreprise publique chargée de la gestion des infrastructures ferroviaires.
La Renfe, dont un train reliant Madrid à Séville est impliqué dans l’accident, a annoncé dans un communiqué avoir ouvert une cellule de crise chargée de soutenir les familles des victimes. L’entreprise a également indiqué être en train de « recueillir des informations afin d’évaluer l’ampleur de l’accident ».
Un « terrible drame »
Pedro Sánchez a annulé sa participation à un sommet sur l’obésité prévu mercredi matin à Madrid, selon ses services. Le Parti socialiste (PSOE), qu’il dirige, a annoncé la suspension de ses activités de campagne pour la journée de mercredi et celle de jeudi.
Le chef du Parti populaire (PP, droite), Alberto Núñez Feijóo, s’est, de son côté, déclaré « très préoccupé » sur X face à ce nouvel accident ferroviaire.
« L’Europe est aujourd’hui en deuil aux côtés » de l’Espagne, a réagi sur X la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Le président français, Emmanuel Macron, a exprimé « la solidarité de la France » après ce « terrible drame ».
Avec 4.000 kilomètres de lignes à grande vitesse, le réseau ferroviaire espagnol est le deuxième plus important au monde, après celui de la Chine, et constitue l’une des fiertés du pays.
La collision d’Adamuz, survenue le 18 janvier et impliquant également deux trains à grande vitesse, avait ravivé les débats en Espagne sur l’entretien du réseau ferroviaire et la sécurité des passagers, dans le deuxième pays le plus visité au monde chaque année.
Cet accident, au cours duquel un train de l’opérateur privé Iryo avait déraillé avant de heurter un train de la Renfe circulant en sens inverse, avait également suscité de vives critiques de l’opposition de droite et d’extrême droite contre le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez.
Dans la foulée, l’exécutif s’était engagé à investir 1,8 milliard d’euros pour améliorer la maintenance du réseau.
La tragédie d’Adamuz avait constitué la plus grave catastrophe ferroviaire en Espagne depuis le déraillement meurtrier de 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle, dans le nord-ouest du pays, qui avait fait 80 morts.
© Agence France-Presse










